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Je crois que la police de caractères la plus vendue et la plus utilisée dans le monde est le Garamond...
et ça, ça me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je préférerais me faire examiner la prostate en direct à la télévision par un type aux mains bien froides plutôt qu’avoir une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie est un métier ancien et simple. Très simple. Aussi simple que de jouer du violon. Mais guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait que nous soyions courageux, pourquoi nous a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie soulève le voile sur la beauté cachée du monde.
Sei Shonagon


Si hoc legere scis nimium eruditionis habes.
Anonyme


La typographie est le seul art ayant la discrétion pour principe.
Jérôme Peignot


Quand l'avenir a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir une menace?
Chuck Palahniuk


L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol


On peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové


Je parle pas aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard


Sème le trouble et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec


Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du diable.
William Blake


Si ayant frappé quelqu'un sur une joue, il te tend l'autre, frappe le sur la même, ça lui apprendra
à faire le malin.
Cavanna


La vie est la jeunesse de l'immortalité
Goethe


Choucroute ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence


Ce monde ne fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais


On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
A. Nothomb


Un tueur est un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres que le commun des mortels.
A. Nothomb


La mort est le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne pas trop faire les malins.
/.

 

La règle du Je...

>[Le Blog de Graphos] est un endroit de liberté, ivre de plume et de peinture, de convivialité, d’amitié et de partage - sans aucune publicité d’aucune sorte – ni pop up… ni virus. >[Le Blog de Graphos] est consacré à la calligraphie latine, à l’enluminure, au mail art, aux écritures d’Orient et d’Occident, aux contre-écritusres aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la Rustica du Ve siècle…, les membres de Graphos vous proposent de vous exprimer sur l’actualité du moment, de notre quotidien, de vos journées, livres, expos, films ou états d’âmes… Nos lectures, vos passions, nos coups de cœur, vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement sur >[Le Blog de Graphos]. Vous êtes artiste graphique ou simple passionné, calligraphe professionnel ou enlumineur, animateur, membre ou président d’une association, vous désirez nous faire partager vos envies, qu’elles soient tentations ou démangeaisons… >[Lire la suite...]
 
 

 Février 
 
 20/2/12  3D Imprimez votre maison

[Imprimez votre maison] La vogue des imprimantes 3D connait en ce moment une explosion chez nos amis étazuniens. De quoi s'agit-il ? Et bien au lieu d'imprimer sur une bonne vieille surface plane, comme nous le faisons depuis 500 ans avec des techniques variables et renouvelées, en 2D comme disent les jeunes de maintenant, il s'agit d'imprimer un objet en 3D, en volume donc, même si à mon avis, le terme d'imprimante n'est plus vraiment approprié pour ce genre d'exercice.

Et donc, les tentatives les plus extravagantes sont le quotidien de ce nouveau domaine de ce qui n'a plus qu'un lointain rapport avec notre bonne vieille typographie au plomb. En est témoin cet article d'un site spécialisé dans les extravagances technologiques, article qui vante les mérite d'une imprimante 3D qui va vous permettre d'imprimer votre maison ! Eh oui, grâce à l'impression par les contours, bientôt (si ce projet parvient à une réalité utilisable), nous habiterons dans des maisons que nous aurons pu concevoir à notre guise et qui seront fabriquées par ces robots modeleurs. Bon, ne rêvons pas trop non plus, je ne vois pas comment ils vont faire pour construire une charpente ou couler une dalle de béton, donc il reste à mon avis encore pas mal de chemin à parcourir.

Et je ne parle même pas d'approcher la qualité de construction (et donc la durée) d'un château renaissance ou d'une cathédrale gothique !

>[Jacques Mentel]

   
 17/2/12  Voir Yves Leterme

[Yves Leterme] Notre cher callidentiste, dont j’espère vous vous êtes régalés du dernier livre « Bonsaï et calligraphie », voir notre article d’il y a quelques jours, bref, notre très cher ami graphosien nous signale une vidéo d’un calligraphe belge assez discret, Yves Leterme, d’autant qu’il se trouve être l’homonyme d’un homme politique belge assez omni-présent sur la toile.

Yves Leterme vous propose un fort beau site en anglais et en néerlandais ici, dans lequel vous pourrez admirer une partie de ses œuvres et feuilleter un album photo que je vous recommande, car on le voit avec son homonyme homme politique, mais aussi souvent avec Brody Neuenschwander, ce qui rappelle de fort bons souvenirs à tous les amis de Graphos qui étaient venus à son stage, il y a maintenant plusieurs années…

Bref, pour en revenir à la vidéo, en dehors de travaux remarquables, elle montre surtout l’art du geste du calligraphe, la vitesse et la précision de trait. Cet art fondamental est ce qui manque à ceux qui essayent d’apprendre la calligraphie chez eux, à partir de modèles trouvés dans le commerce, dont certains n’ont même pas pas été produits par une main mais par un ordinateur, je tairai leur nom pour ne pas les humilier. Donc si vous êtes dans ce cas, regardez ces vidéos, on en trouve d’autre au hasard de youtube, et surtout faites des stages avec de vrais calligraphes, le travail isolé en cette matière, comme dans d’autres, ne mène en général qu’à une frustration rapide et au découragement qui s’ensuit.

>[Ruben Vandevoorde]

   
 13/2/12  Piq Tout le monde connait…

[Tout le monde connait Roger Excoffon] Petite piqûre de rappel aux éternels distraits, l'exposition « Tout le monde connaît Roger Excoffon » au Musée de l'Imprimerie de Lyon en est à ses derniers jours !

Ayant moi-même tardé, je ne l'ai visitée que vendredi dernier et je ne peux que vous inciter à faire l'effort et le déplacement, vous ne serez pas déçu. Car en plus de documents sur la genèse des ses caractères mondialement utilisés (Mistral, Choc, Banco et autres Antique Olive) vous aurez également un aperçu de son travail de graphiste, bien moins connu mais tout aussi admirable. Ce qu'il savait faire avec un pinceau et de la gouache est tout simplement époustouflant. Et ne croyez par que l'ordinateur soit passé par là, vous pourrez voir des originaux (si si, avec de la vraie gouache sur du vrai papier) où l'on ne peut qu'admirer la l'énergie du tracé et la sensibilité des textures. En collant le nez dessus (enfin presque) on peut percevoir toute la subtilité de chaque trait, de chaque attaque et de chaque lâché de pinceau, de vraies merveilles. Parfois, nous somme gratifiés de ses planches de recherche et des différents essais qu'il a effectué avant de choisir le tracé définitif, un vrai cours de graphisme. De nombreuses affiches montrent également les travaux finis tel qu'ils ont utilisés dans la publicité et donc tel que nos murs les ont portés.

En bonus à la sortie de l'expo (quelle bonne idée !) vous trouverez un plan de Lyon avec les emplacements de diverses enseignes utilisant les caractères d'Excoffon, une bonne façon de découvrir quelques ruelles lyonnaises hors des sentiers touristiques battus et rebattus, et de vous rendre compte que vous-mêmes qui croyez ne rien connaître en typographie,
vous connaissez déjà Roger Excoffon !

Bref, courez, roulez, volez vite à Lyon pour aller visiter cette exposition au musée de l'Imprimerie, il ne reste plus que quelques jours !

>[Alex Coffon]

PS : autre piqûre de rappel, notre couvent préféré ayant été inondé suite à une rupture de canalisation d'eau gelée, le stage Graphos de février sur la bénéventine est annulé. Gasp !

   
 12/2/12  OMG Moaïs

[Moaïs] Il est des moments où l’on découvre que le monde nous offre une multitude de merveilles dont beaucoup ont en fait une partie cachée, parfois encore plus intéressante que la partie visible ! Je ne parle pas des icebergs, non, mais plutôt de ce que nous connaissons depuis plusieurs dizaines d’années sous le nom de moaï, c'est-à-dire les statues monumentales de l’île de Pâques.

Mais oui, nous avons tous vu ces bustes sortant de terre, pour certains encore coiffé d’un énigmatique couvre-chef, dont le visage stylisé nous a tant fait rêver lors de nos jeunes années, au point d’inspirer à nombres d’auteurs une origine issue d’interventions extra-terrestres ou de remontées dans le temps de nos futurs descendants ultra-technologisés, cela va sans dire. Le côté mystérieux de l’affaire en encore redoublé par le fait que nul n’a, à ce jour, pu produire un déchiffrement sérieux de l’écriture dite « rongo-rongo » des anciens habitants de cette île, qui en dehors de son esthétique remarquable, reste donc totalement hermétique.

Mais j’ai découvert récemment que ces statues, dont on ne voit pour certaine que le buste voir même que la tête, avaient en fait un corps ! Une équipe d’archéologues a entrepris depuis plusieurs années de dégager certains de ces moaïs et d'en déterrer la structure souterraine. Eh oui, ces statues représentent pour certaine un corps complet, de la tête aux pieds avec même de magnifiques gravures où il me semble retrouver cette fameuse écriture rongo-rongo. Voyez ces splendides photos sur le site de la mission archéologique chargée de ces fouilles curieuses.

Peut-être ces parties enterrées apporteront-elle un indice supplémentaire qui permettra de commencer le déchiffrement de ces tablettes de bois gravées qui recèlent à coup sûr une foule de renseignements sur cette civilisation étonnante.

>[Jakob Roggeveen]

   
 8/2/12  Oh¡ Glozel

[Glozel] Nos travaux de recherches sur Glozel remontent à bien des années déjà... ils eurent à l’époque le mérite de nous faire visiter des lieux de mémoire, notamment le petit musée de Glozel, dans l’Allier, ou rencontrer des personnalités de premier plan comme madame Juanéda-Calvier, une amie chère décédée récemment, une des meilleures spécialistes en France de cette écriture si mystérieuse...

C’est grâce à elle que je pus tenir dans les mains quelques unes de ces précieuses tablettes aux signes irrésolus... C’est donc avec grand plaisir que nous vous faisons part de la création de ce Blog et du travail de son concepteur, avec lequel nous sommes récemment entré en contact, M.Odhinn-Hermodr de Warenghien qui est dans la veine de ces chercheurs passionnés puisqu’il a passé des centaines d’heures à déchiffrer les fameuses tablettes de terres... médiévales, de l’age du fer, ou encore antérieures... ?

La question reste posée et la controverse moderne reste toujours d’actualité !

>[André Bloggo]

« Dans les proto-religions Shamaniques et/ou Animistes, dont ont hérité le Taoïsme, Bouddhisme & Hindouisme etc…, le croyant prête vie à toutes formes de la création, de la Terre-Mère élevée au rang de Divinité Suprême, de l’inanimé (la pierre, le galet, le roc), à l’animé (des plantes, aux animaux & humains), tout est considéré comme du domaine du vivant. La pierre, le bois, l’os, comme les animaux vivants ou non & les esprits des morts en sont les messagers, tout comme les galets ci-dessus, même l’amulette pendentif qui est une protection. »

   
 4/2/12  BB Brit tweets

[Brit tweets] Je vous ai parlé l'autre jour de la police de la pensée qui commençait à pointer plus que le bout de son nez, un fait récent prouve à mon avis, que son congénère Big Brother n'est pas loin de faire son apparition non plus. C'est ce qu'ont découvert à leurs dépends deux sujets de sa gracieuse Majesté britannique.

Un jeune couple anglais avait en effet décidé d'aller faire un tour en Californie histoire de découvrir Hollywood, de faire la fête à la mode de Los Angeles et de se griller ce qui leur restait de neurones (vous allez voir qu'il ne leur en restait pas beaucoup) avec diverses boisons fortement alcoolisées. Afin que tout leur « réseau social » soit au courant, ils avaient envoyé quelques semaines avant leur départ plusieurs « tweets » (comme le fait de temps en temps le BdG) pour annoncer que la fiesta serait tellement intense qu'ils allaient « détruire l'Amérique » et même « faire sortir Marilyn Monroe de terre » (ce que ne fera jamais le BdG). Il leur fut répondu par des quolibets et des railleries du même tonneau.

Mais quelle ne fut pas leur surprise à l'arrivée dans le pays du libre et la maison du courageux, au sortir de leur avion de se voir interpeler par la TSA (équivalent de notre Police de l'Air et des Frontières), interroger comme on le voit dans les films avec lampe dans la figure, siège hautement inconfortable et harcèlement verbal pendant plusieurs heures d'affilée afin qu'ils révèlent leurs plans sur la façon dont ils comptaient «  détruire l'Amérique » et comment ils pensaient faire pour « déterrer Marilyn ». Il est même dit qu'on les fouilla au corps comme seuls de vrais policiers savent le faire et qu'on chercha dans leurs bagages si, en plus d'explosifs ou autres éléments de l'attirail de terroriste, ils n'auraient pas des pelles car semble-t-il, il vaut mieux déterrer Marilyn avec des pelles britanniques plutôt que des pelles californiennes, de moins bonne qualité peut-être. Puis on les enferma dans des cellules de quelques mètres carrés en compagnie de la lie de tout ce qui peut essayer de traverser la frontière illégalement, donc en l'occurrence des trafiquants de drogue mexicains à la mine patibulaire et autres bandits de grands chemins. Quand ils eurent passé douze heures à macérer dans ces conditions pour le moins insatisfaisantes, ils furent embarqués de force dans le premier avion à destination de Londres et renvoyés d'où ils venaient. Fin du voyage.

Où l'on voit que quand on croit écrire un billet de mauvais humour à la seule destination de ses amis, s'il comporte quelques mots clés bien choisis, il risque de tomber sous d'autres yeux beaucoup moins bienveillants, où l'on constate que l'Once Sam est en phase paranoïaque aigüe alors que ce cher Barack semblait pourtant un homme plutôt posé et réfléchi, que si vous voulez détruire l'Amérique, il vaut mieux ne pas l'annoncer sur Tweeter (en tout cas pas en clair) et enfin, que si vous voulez déterrer Marilyn, n'apportez pas vos pelles mais achetez-en sur place, au pays de la ruée vers l'or, elles ont fait leurs preuves depuis pas mal d'années.

A bon entendeur, salut.

>[Timoté Rauriste]

   
 1/2/12  OM Linotype

[Linotype] En tant qu'ingénieur, j'ai toujours bavé d'admiration devant la linotype. Cette superbe machine qu'Ottmar Mergenthaler mit quarante ans à mettre au point est proche, à mon avis, de la perfection ultime de la mécanique. Thomas Edison la qualifiait d'ailleurs de huitième merveille du monde, rien de moins. Chaque partie en est conçue avec ingéniosité et surtout est basée sur une foule de mécanismes simples et bien pensés. Loin d'une complexité galopante, Mergenthaler en a magistralement conçu chaque élément dans un souci constant de simplicité plutôt que d'accumulation de mécanismes complexes et donc faillibles. Passez une heure ou deux avec un linotypiste connaissant bien sa machine et il vous dévoilera une partie de ces merveilles de conception, comme l'idée géniale qui permet de distribuer les matrices après la fonte de la ligne ou celle qui permet de justifier une ligne à une largeur donnée. Simple mais efficace et fiable.

Il y a quelques années j'avais gagné à Lurs un petit livre de bandes dessinées que je vous recommande, il est édité par Linotype et passe par le menu l'histoire de la création de cette fabuleuse machine. Procurez-vous cet ouvrage qui vous expliquera le parcours assez exceptionnel de Mergenthaler pour arriver à concevoir puis commercialiser son engin.

On trouve encore de ci de là quelques linotypes en état de marche (et bien plus hélas, de véritables épaves comme celle qui se fait lentement dépecer dans le hall d'entrée de la bibliothèque Méjanes à Aix) mais les personnes capable de les faire fonctionner et surtout de les entretenir commencent à se faire de plus en plus rares.

Un film a été réalisé semble-t-il pour rendre hommage à cette machine qui permit à la presse de devenir quotidienne sans exploser ses coûts de production. Vous trouverez sa bande annonce ici. Pour ma part je suis impatient d'entendre encore ce cliquetis inimitable des matrices voyageant depuis le magasin jusqu'à la ligne de fonte puis retournant se faire distribuer. C'est le bruit d'une intelligence de tout premier ordre.

>[Etaoin Shrdlu]

   
 Janvier 
 
 28/1/12  84 Police de la pensée

[Police de la pensée] Certes, Georges Orwell nous avait prévenus. Il nous avait décrit dans son célèbre et terrifiant roman « 1984 » comment la police de la pensée utiliserait leurs opinions pour condamner les citoyens et non plus leurs actes. Qui aurait pu croire que subrepticement une forme moderne de délit d'opinion pourrait voir le jour et être de plus en plus pratiquée au nom du maintien de la sécurité publique et du principe de précaution.

Quelques exemples. Il existe des crimes pour lesquels le simple fait de les fantasmer suffit à vous conduire en prison. Si vous possédez des documents « à caractère pédophile », vous êtes passibles du bras vengeur de la loi, non pas pour avoir commis ce crime mais juste pour en avoir des photos, la plupart du temps trouvées sur internet. Vous n'avez pas touché à un cheveu d'un enfant, ni n'en avez même approché ou effarouché un, vous pouvez ne jamais être sorti de chez vous, vous êtes coupable néanmoins. Imaginons la même chose appliquée au grand banditisme pour lequel le simple fait d'avoir un film montrant le braquage d'une banque vous ferait aller en prison et vous pouvez immédiatement voir le ridicule de la situation actuelle, qui semble pourtant ne choquer personne.

Mais si la pédophilie, qui à mon avis tient quand même plus de la maladie mentale que du comportement responsable d'un humain moyen, est un cas avéré de répression d'un non-crime depuis quelques années, d'autres lui emboitent le pas. Un jeune homme a été condamné il y a quelques semaines à deux ans de prison ferme pour avoir détenu la recette de fabrication d'une bombe artisanale trouvée sur internet. Notez bien un fait important : il détenait cette recette depuis plus de deux ans mais n'en avait jamais fait usage. Il n'a jamais construit de bombe, ni menacé personne d'en construire une, il a juste téléchargé la recette, ne l'a peut-être même pas lue jusqu'au bout et n'a en tout cas pas acheté les ingrédients décrits. Deux ans et demi de prison ferme, pour détention d'un document que n'importe qui peut trouver sur internet.

Enfin, je trouvais concevable d'édicter des lois mémorielles sur la négation du génocide des juifs juste après la deuxième guerre mondiale, alors que le traumatisme d'un tel événement était encore dans toutes les mémoires et dans beaucoup de corps. Mais en 2012, édicter une loi interdisant de nier ou de minimiser le génocide arménien de 1917, me semble dénoter que la dérive s'accélère.

Bien entendu tout cela se fait au nom de la bien pensance, bien entendu les négationnistes, les terroristes et les pédophiles sont au mieux de vilains bonshommes voire même des criminels… pour ceux qui passent à l'action, bien entendu les lois mémorielles ne visent que le négation de « ce qui est manifestement établi par les historiens », ce qui est oublier que l'histoire est une « science » dont les vérités fluctuent et varient au cours des époques et au gré des gouvernements, relisons les « Chroniques de France » ou les diverses bonapartolatries pour nous remettre en mémoire nos anciens héros aujourd'hui déchus. Et je n'évoque même pas l'histoire au moment de la guerre froide.

Toutes ces lois sont là pour « protéger le citoyen » des mauvaises pensées qu'il pourrait avoir, pour qu'il n'aie que de « bonnes opinions » qui lui soient proposées. Bref, c'est tout simplement le prendre pour un irresponsable incapable de juger.

Alors qu'est-ce qui suivra ? Des lois réprimant la négation des causes humaines du changement climatique ? Voire même la négation de ce même changement sera-t-elle peut-être bientôt illégale ? Ou bien on interdira la détention de photos montrant des hommes politiques en galante compagnie ?

1984 n'est peut-être plus si loin…

>[Emmanuel Goldstein]

   
 24/1/12  ?! Timbreur sur balancier

[Timbreur sur balancier] Je suis souvent époustouflé par la diversité des occupations que les humains peuvent regrouper sous le nom de "travail". Non, non, je vois très bien ce que vous pensez, mais je ne rentre pas dans ce genre de polémique. Non, je pense à des artisans dont le savoir faire est tellement hors du commun, que quand ils organisent des rencontres mondiales, ils doivent pouvoir se réunir dans une cabine téléphonique. Tel est donc le métier de "timbreur sur balancier" d'Éric Lejeusne.

Son atelier exerce en effet une activité qui consiste à effectuer un gaufrage du papier en utilisant une presse à balancier qui permet non seulement de gaufrer le papier, mais aussi de l'imprimer en couleur. On voit ainsi cet artiste réaliser une magnifique salamandre en deux couleurs (ou plus ?) en utilisant deux contreformes qui, une fois soigneusement peintes, calées au millipoil et gaufrées produisent un ensemble absolument magnifique. Prenez le temps de regarder jusqu'au bout la petite vidéo en page d’accueil qui explique bien son travail et certaines phases de la fabrication de ces merveilles. Hélas, à voir les noms des heureux clients pour lesquels il travaille, je doute que ma bourse puisse un jour s’offrir un superbe papier à entête avec gaufrage coloré, mais en attendant, voilà un exemple de plus à rajouter à la liste des artisans qui font un travail exceptionnel et dont on n'entend jamais parler, au contraire de certains omniprésents qui ne font rien d'autre que de paraître.

>[Hugo Freure]

   
 20/1/12  15! Programme Graphos 2012

[Programme Graphos 2012] Je me rends compte que le premier stage Graphos de l'année est proche et que je ne vous ai toujours pas exposé notre programme pour l’année 2012 !

Comme vous le savez peut-être, cette année sera doublement festive, d'abord pour les 60 ans des Rencontres de Lure, certes, mais aussi pour les 15 ans de Graphos ! Et comme on ne laisse jamais passer une occasion de faire la fête dans notre association, nous vous avons concocté un programme tout ce qu'il y a de plus festif et inoubliable.

On commence calmement, si on peut dire, avec le 22 janvier un stage sur la Quadrata, le 19 février un autre sur la Bénéventine et le 18 mars un troisième sur la Mérovingienne (quel délice !).

Une fois les brause bien chauffées, on va attaquer du lourd : le 22 avril « Méli-mélo » un de ces stages surprise que notre Thierry aime à nous concocter avec la réalisation d’un projet sur un thème à lui seul connu !

Le 13 mai, sortie familiale aux Baux de Provence sur le thème « À la rencontre de Louis Jou », avec visite de la fondation éponyme, de son atelier, encore en activité, et du musée dans l’hôtel de Brion. Le repas n’aura sans doute pas lieu à l’Oustaou de Beaumanière, hélas, vu le budget réduit du week-end, mais on passera devant et on regardera le menu.

Le 27 mai, stage sur la Bâtarde flamande à la Chancellerie de Lurs, en ce lieu magique qui a vécu tant de moments uniques, où sont passés tant de personnages pittoresques, érudits et en tout cas passionnants, et où seront fêtées en août prochain les soixantièmes sessions d’été de typographie ! Visite des lieux, parcours du Chemin des écritures et ballade sur la promenade des Évêques seront des étapes indispensables pour cette journée d'exception !

Le 10 juin, rencontre avec Laurent Rébéna (le vrai, en chair et en os !) pour un stage d’approfondissement sur la bâtarde flamande et ses ligatures (non, il ne s’agit pas de médecine).

La fin de l’année ira crescendo avec le 21 octobre un stage sur le Monocondyle (à vos dictionnaires !) puis le 18 novembre un stage sur les majuscules d’Anglaise (du sang, de la sueur et des larmes au rendez-vous) et pour finir en apothéose, le 16 décembre notre traditionnel stage de fin d’année sur le thème du mail-art avec la participation de nos invités, dont le jubilatoire Henri Mérou qui fera le déplacement depuis la campagne reillanaise !

Vous trouverez ce programme en téléchargement ici, marquez ces dates sur votre calendrier, une telle année, la dernière à ce qu’en disent les Mayas, ne se reproduira pas de sitôt !

>[ze BdG]

   
 16/1/12  Oh! Faux iPads

[Faux iPads] Si vous suivez un peu attentivement les nouvelles technologiques, vous êtes peut-être tombé(e) sur cette annonce incroyable : certains usagers ayant acheté un iPad ont eu une drôle de surprise au moment où ils ont ouvert la boîte de leur merveille informatique, il y ont découvert une plaque d'argile au lieu de l'habituel engin au design incomparable !

Des journalistes bêtement matérialistes en ont immédiatement déduit qu'un gang de fraudeurs achetaient les iPad, les remplaçaient par un morceau d'argile, scellaient à nouveau le paquet, rendaient le tout au marchand en demandant le remboursement et ainsi faisaient une sale blague à leurs frères consommateurs... Faux que tout ceci ! Propagande de la firme à la pomme ! La réalité est bien plus simple mais certes un peu gênante pour Apple... je m'en vais donc tout vous la dévoiler au risque de me retrouver sur la liste noire des ennemis de la pomme, mais bon, je dois la vérité aux amis du BdG.

En fait, les produits Apple ont une âme. Et c'est pour ça qu'ils savent si bien plaire à leurs utilisateurs, jusqu'à susciter une empathie qui frôle parfois le fanatisme. Et comme tous les lecteurs de Gustave Meyrink le savent bien, il se trouve qu'à sa conception l'iPad n'est qu'un morceau de glaise informe, image parfaite du chaos originel et de tout organisme inanimé. Pour lui concéder enfin la vie, il faut qu'une personne habitée par une vision de la grandeur technologique, un équivalent du divin informatique, lui souffle dessus et lui donne enfin son âme. Depuis que Steve Jobs est mort, d'autres personnalités ont du s'y mettre pour continuer à insuffler la vie pour nous aux nouveaux iPhones, iPods, iPads et autres Macintosh. Mais voilà, les disciples n'ont pas encore atteint la perfection du maître et il laissent parfois échapper quelques « ratés »… Alors bien sur, on préfère accuser d'hypothétiques escrocs (dont je suis sûr qu'on ne les attrapera jamais) plutôt que d'avouer à la face du monde que Steve a du mal à être remplacé. Ça ruinerait leur réputation et ferait baisser le cours des actions.

Alors bon, faisons semblant d'y croire pour leur faire plaisir…

>[Athanasius Pernath]

   
 13/1/12  Livre Athanasius Kircher

[Athanasius Kircher] Un très beau livre sur Athanasius Kircher, célèbre érudit de la Renaissance est paru en 2009 chez Actes Sud dans la collection l'Imprimerie Nationale (quel montage intéressant !) sous le titre « Athanasius Kircher, le théâtre du monde » de Joscelyn Godwin. Et pour tout vous avouer, il nous est passé absolument inaperçu, ce qui est ma foi fort rare pour un ouvrage de cette ampleur !

Si vous voulez connaître mieux ce personnage hors du commun, toutologue comme on dirait aujourd'hui, à la fois mathématicien, linguiste, archéologue, naturaliste, historien des religions, ingénieur, géologue... il a été le découvreur de nombre de phénomènes naturels, comme les taches solaires ou les anneaux de Saturne et a étudié le premier nombre de langues étrangères comme le chinois ou le sanskrit. Bref un érudit total comme la Renaissance a été la dernière période à en produire.

Mais comme le dit pudiquement sa biographie, ses erreurs sont à sa mesure, grandioses. Il n'a jamais cru que les hiéroglyphes véhiculaient une langue mais a maintenu, parfois contre toute évidence, qu'il ne s'agissait que de symboles. Ses traductions des textes sur les faces des obélisques égyptiens sont d'une poésie à couper le souffle... même si elles passent totalement à côté du message. Il est aussi resté jusqu'à la fin un farouche partisan du géocentrisme, bien plus politiquement correct à l'époque que les théories héliocentriques de Galilée ou Copernic. Ses théories sur les sciences naturelles reprennent à la lettre les textes bibliques et la génération spontanée est pour lui une évidence tant la puissance du souffle divin emplit le monde. Et je m'arrête ici pour ne pas l'accabler... Mais il parait qu'à cette époque, la notion de vérité n'était pas aussi rigoureusement scientifique qu'elle nous est imposée aujourd'hui et que si on arrivait à produire une théorie particulièrement esthétique, elle pouvait être considérée comme vraie rien qu'à cause de sa beauté, car elle reflétait ainsi la beauté du monde telle qu'il avait été conçu par Dieu. Quelle belle idée !

Cela dit, vous pourrez en apprendre bien plus sur le personnage en lisant une biographie, sans doute légèrement romancée, parue il y a quelques années sous le titre « Là où les tigres sont chez eux » de  Jean-Marie Blas de Roblès qui obtint le prix Médicis pour son travail.

Un personnage fascinant qu'il est passionnant de découvrir un peu plus en profondeur.

>[Ataxerxes Kärcher]

   
 10/1/12  Site Imprimerie Nationale

[Imprimerie Nationale] Et l'année commence bien avec un autre site déniché par un de nos informateurs toujours à l’affût des perles cachées du web. Il s'agit cette fois d'un recoin peu connu du site de l'Imprimerie Nationale où elle dévoile dans « les voyages temporels » les différents lieux où elle a œuvré et une foule de documents sur son histoire depuis sa création en 1538. Dans « la création typographique », elle expose les différents domaines dans lesquels elle pratique la création de caractères, depuis la carte d'identité jusqu'aux ouvrages de bibliophilie en passant par le Brive, caractère institutionnel de la ville éponyme. Enfin, cerise sur le gâteau, perle des perles, merveille des merveilles, elle montre dans les « maîtres d'art » tous les métiers qui se côtoient autour de la conception, de la fabrication et de l'édition de ces ouvrages magnifiques que nous proposent « l'atelier du livre d'art et de l'estampe ».

Certains retrouveront au détour des vidéos quelques amis de l'IN comme Nelly Gable que l'on voit graver un poinçon d'euro et le porter au fondeur de caractères ou Frank Jalleau qui apparaît dès qu'il s'agit d'évoquer la création de caractères, domaine d'excellence de l'Imprimerie Nationale. Il est particulièrement heureux que l'on puisse ainsi montrer au grand public ce qui se cache derrière les murs parfois épais (métaphoriquement) de cette vénérable institution et comment on perpétue une tradition de l’excellence de la pratique de métiers pour la plupart vieux de plus de cinq siècles, tout en mariant ce lourd passé avec une modernité radicale quand il s’agit de concevoir les futurs documents administratifs comme les cartes d’identité ou les passeports.

Ne manquez pas également de passer par le site complet de l'IN, vous y découvrirez toutes les facettes de l'institution, comme les Maîtres d'Art distingués en son sein et si vous avez la chance de passer à New York, ne manquez pas l'exposition au Grolier Club qui doit être de toute beauté, si on en croit les photos qui nous sont données à voir. Enfin, Noël est déjà passé mais pour les plus fortunés de nos lecteurs, flânez un peu dans la boutique de l'atelier du livre d'art, si vous aimez les belles éditions (et que vous en avez les moyens !), vous ne pourrez pas rester insensible aux charmes des livres d'artistes qui vous sont proposés !

>[David Eaux]

   
 7/1/12  New! Le BdG sur Twitter

[Le BdG sur Twitter] En ce début d'année 2012, quinzième depuis la naissance de Graphos, une importante concession à la modernité est en passe d'être faite par le BdG, concession qui vous permettra de suivre de façon encore plus directe toute l'actualité calli-, typo- et tout simplement -graphique du monde merveilleux de l'écriture dans tous ses états : nous venons d'ouvrir un fil Twitter !

Ce « réseau social », comme on dit maintenant, vous permet gratuitement de créer votre propre compte, si vous n'en avez pas encore, de vous abonner aux flux d'information qui vous intéressent et de recevoir dans la minute toute nouvelle information qui y est postée. Bien entendu, vous pouvez, vous aussi, poster vos nouvelles ou re-poster celles qui vous plaisent aux gens qui sont abonnés à votre flux. Seule contrainte, mais elle est de taille, le message doit faire moins de 140 caractères… ce qui oblige à une certaine concision, et à pas mal de trouvailles graphiques et informatiques !

Vous me direz que certains utilisent ce genre de moyen de communication pour signaler à toute heure du jour et de la nuit ce qui leur arrive, depuis le menu de leur repas ou l'état des embouteillages sur leur trajet jusqu'à la fin de leur rouleau de papier toilette ! Rien de tel sur le fil du BdG, nous ne vous enverrons que des nouvelles fraîches et intéressantes, dont certaines seront reprises dans des articles futurs… ou pas.

Alors abonnez-vous au fil « BlogDeGraphos » et étonnez vos proches en sachant tout (et même plus) avant tout le monde sur le monde merveilleux de l'écriture !

>[Madmacs]

PS : n'étant pas forcément toujours en face de mon écran connecté à Twitter, le rythme des « twits » ne dépassera sans doute pas un ou deux par jour au maximum… Pas d'avalanches à craindre avec le BdG.

PPS  : nos fils RSS habituels continueront bien entendu à vous avertir des nouveaux articles de cette colonne.

PPPS : et si vous tombez sur des nouvelles particulièrement passionnantes qui pourraient être partagées avec les lecteurs du BdG, n'hésitez pas à nous les faire parvenir !

 
 3/1/12  Site Maitres d'art

[Maitres d'art] Un ami typographe (si, si, un vrai !) me signale un excellent site sur lequel on peut admirer les travaux des meilleurs artisans d'art... dont bien évidemment une série de personnages excellant dans la pratique des métiers du livre. Ce site regroupe les titulaires d'un diplôme de « Maitre d'art » qui est décerné par le Ministère de la Culture au gratin des artistes de chaque domaine.

On découvre ainsi la myriade de métiers artisanaux dont, je dois avouer humblement, la plupart m'étaient totalement inconnus. Car qui connait encore aujourd'hui le métier d'évantailliste, de plumassière, de plisseur, d'écailliste ou même d'ornemaniste ? Même mon correcteur orthographique en fait une crise cardiaque ! Pour tout savoir sur chacun de ces "maitres d'art", une petite présentation est faite de leur métier, souvent une galerie photo de leurs réalisations vous est proposée et de temps en temps on trouve même une vidéo montrant l'homme au travail et expliquant par le menu en quoi ce qu'il produit est hors du commun.

Régalez-vous de la vidéo de François Da Ros, typographe, de celle d'Yves Benoit, gaufreur, imprimeur et façonneur de velours ou de celle de René Taze, taille doucier et graveur d'art, qui parlent tous avec enthousiasme de la pratique quotidienne de leur art au plus haut niveau.

Et si vous vous sentez attiré par l'un d'eux, il est toujours possible d'entrer en contact avec eux pour leur demander de devenir leur élève, bien qu'à mon avis, cela demande une motivation de fer et une volonté d'acier pour tenter de parvenir à leur niveau.

>[Aimé Treudard]

 
 1/1/12  2012 Bonne année

[Bonne année] Et nous voici au début d’une nouvelle année graphosienne et néanmoins bloggesque, la quinzième pour ce qui est de Graphos et la septième pour ce qui est du Blog de Graphos. Sept ans, c’est l’âge de raison dit-on, à tort pour le BdG j’espère !

Et cette année, ce sera la fête pour les graphosiens avec un programme tout en réjouissances et en événements exceptionnels concoctés par notre maître à tous, des stages hauts en couleur et en gastronomie, mais aussi des visites en des lieux magiques et des invités talentueux qui nous transmettront dans une ambiance amicale leur vision personnelle de la lettre. Bref, faisons la fête avant la fin du monde !

Toute l’équipe se joint à moi pour vous souhaiter une bonne année avec son content de découvertes calligraphiques, d’émerveillements typographiques et de magnificence de la lettre dans tous ses états qu’elle soit tracée à la plume, au calame ou au pinceau, peinte sur les vitrines ou à la bombe, imprimée au plomb, au laser ou à la patate, gravée sur bois, sur pierre ou dans du polystyrène, ou même impalpable faite de tracés de lumière ou de pixels immatériels.

>[BdG]

 
 Décembre 
 
 28/12/11  Book François Boltana

[François Boltana] Je vous avais parlé il y a quelque temps d'un livre paru aux Ateliers Perrousseaux sous la plume de Franck Adebiaye et Suzanne Cardinal et portant le titre « François Boltana et la naissance de la typographie numérique ». J'ai enfin pris le temps de le parcourir, et bien que Noël soit déjà passé, je ne peux que vous le conseiller comme cadeau (vraisemblablement de vous-même à vous-même si vous lisez ces lignes).

François Boltana est un personnage qui n'a pas laissé une grande réputation dans le monde de la typographie, il est mort assez jeune et n'a sans doute pas eu le temps de donner la pleine mesure de sa créativité. Mais comme cela faisait longtemps que Thierry Garnier nous en parlait en tant que son maître en calligraphie, il était bien normal de se renseigner sur le personnage. Il est d'une génération intermédiaire, plus jeune que les grands anciens (Zapf & co) mais plus ancien que la nouvelle génération de la calligraphie, il navigue entre deux âges et s'est trouvé à une époque charnière sur bien des plans, que ce soit dans le renouveau typographique français ou dans celui de toutes les formes d'écriture dans les années 70-80, c'est-à-dire la transition au tout numérique.

Formé au tout début du Scriptorium de Toulouse, dont ce livre retrace les étapes de la création, fort peu connue de tout un chacun et donc de moi en particulier, il a basé bon nombre de ses créations typographiques sur une base calligraphique comme le célébrissime établissement toulousain l'enseignait. Le livre nous montre d'ailleurs quelques-unes de ses réalisations calligraphiques et je pense qu'elle font pâmer d'admiration bien des calligraphes, et moi en premier. Il a surtout été connu pour la création de quelques polices typographiques célèbres (Stilla et surtout Champion) mais on retrouve dans la plupart de ses créations bien des traces d'inspiration illustres, depuis la capitale romaine de l'empire jusqu'à des anglaises calligraphiées  qui conservent toujours cette souplesse de trait et cette légèreté des formes que seule les caractères basés sur la calligraphie peuvent créer.

Comme bien des précurseurs, il a « essuyé les plâtres » au niveau de la technique typographie, depuis l'éphémère photocomposition jusqu'aux premiers formats de police numériques sur Macintosh. Il a même créé son chef d’œuvre, le sublime Champion, une anglaise subtile possédant de nombreuses variantes avec diverses formes de paraphes dans un format de police aujourd'hui obsolète ce qui nous empêche d'en profiter sur nos modernes traitements de textes, et c'est bien dommage. S'il avait connu l'opentype, que n'aurait-il pas fait !

Il nous reste ce livre comme témoignage du remarquable talent de François Boltana pour le dessin de caractère, tant calligraphique que typographie et de ci, de là, dans notre quotidien typographique, quelques traces de son passage (l'enseigne de ma crêperie préférée est en Stilla, une de ses créations).

Bref, même si Noël est passé, il ne vous reste plus qu'à vous l'offrir sous un prétexte quelconque, l'Epiphanie ou le nouvel an chinois, vous pourrez ainsi découvrir ou redécouvrir ce personnage à la trajectoire hors du commun, Meilleur Ouvrier de France en typographie, et dont les travaux ne pourront que vous inspirer !

>[Prosper Messager]

 
 24/12/11  ^ Nouvelles de l'espace

[Nouvelles de l'espace] Serait-ce la proximité de Noël et la concurrence délibérée avec le vieux barbu et ses quatre rennes ou bien l'arrivée de 2012, le changement de cycle des Mayas et l'apocalypse prédite à cette date, toujours est-il que les échanges entre la terre et le ciel (enfin disons l'orbite terrestre) se sont intensifiés ces derniers temps.

Tout d'abord le lancement réussi du dernier-né des satellites d'observation de la Terre, le très attendu Pléiades, qui permettra de nous regarder depuis le ciel avec une précision parfaite et une souplesse inégalée. Prenez le temps de regarder les images réalisées à l'occasion de son lancement par une fusée Soyouz depuis la Guyane française. Un satellite semi-militaire français lancé par une fusée russe, la guerre froide semble bien terminée...

Ensuite nos amis chinois ont également démarré leur programme concurrent au GPS par le lancement d'un premier satellite Beidou. Après le GPS américain, le Glonass russe et le Galileo européen, un nouvel arrivant dans la course au positionnement global. Franchement, on n'aurait pas pu se mettre un peu d'accord et utiliser ces montagnes d'euros, de dollars, de roubles et de yuans pour améliorer le sort du reste de l'humanité ?

Mais, contrairement aux préceptes chrétiens, le ciel n'est pas la destination finale de tous ces amas de haute technologie, et tout ce qui monte au ciel en redescend forcément au bout d'un moment, Isaac Newton nous l'a amplement démontré. Et donc nous avons au choix un satellite russe Meridian dont le lancement s'est mal terminé et qui est retombé quelques jours plus tard en Sibérie, manque de chance, trouant le toit d'une maison située... rue des Cosmonautes (cela ne s'invente pas !). Il y a aussi une étrange boule retombée en Namibie dont on se demande encore de quel engin elle est le résidu. Et il y a enfin la sonde Phobos-Grunt dont on est actuellement sans nouvelles sinon qu'étant donnée l'orbite où elle a été placée, elle ne va pas tarder à nous retomber sur la figure !

Bref, si le soir de Noël vous entendez du bruit sur le toit, ne courrez pas vous précipiter dans les bras de ce que vous croyez être le Père Noël mais cachez-vous plutôt dans l'abri que vous avez préparé pour la fin du monde de décembre prochain !

Toute l'équipe de Graphos vous souhaite un joyeux Noël, profitez-en bien, c'est peut-être le dernier ?

>[BdG]

 
 20/12/11  Lost Institut d'Égypte

[Institut d'Égypte] Je viens d'apprendre avec désolation l'incendie de l'Institut d'Égypte au Caire. Fondé par Napoléon pour permettre les recherches sur la civilisation égyptienne, ses archives renfermaient nombre de documents, livres et cartes absolument uniques dont la disparition laisse un vide que bien souvent aucune autre bibliothèque ne pourra combler. Cet événement, bien qu'aisément explicable étant donné les événements actuels, vient s'ajouter à une liste, malheureusement fort longue, de diverses déprédation ou disparition du patrimoine de l'humanité lors des troubles, révolutions ou guerres qui ensanglantent régulièrement les pays de la région, depuis le pillage de la plupart des musées archéologiques lors de la guerre d'Irak, les nombreux vols d'objets anciens commis au Musée Archéologique du Caire ou la destruction à coup d'obus des bouddhas géants de Bamiyan par les talibans afghans. Dans la plupart des cas, les déprédations ont eu lieu en toute conscience des pouvoirs publics des pays, au mieux avec leur assentiment muet, au pire de leur propre volonté.

Alors que faire ? L'homme est ainsi fait qu'il reste dans une partie du monde d'une irresponsabilité affligeante et je ne pense pas qu'il soit possible de lui insuffler la nécessité du respect de ces témoignages uniques quand il brandit une kalashnikov et hurle des slogans vengeurs souhaitant la mort (ou pire) à la moitié du genre humain.

Faire comme le Royaume Uni en son temps, c'est-à-dire ramener les trésors égyptiens au British Museum et surtout, surtout ne pas les rendre quand le pays enfin modernisé en fait la demande ? Ou comme l'Allemagne dont le Pergamon Museum à Berlin a pu sauvegarder des dizaines de milliers de tablettes sumériennes irremplaçables qui seraient aujourd'hui détruites ou pillées avec celles qui sont restées sur place ?

Pour les documents, il est encore possible à tout le moins de les numériser et d'en garder une copie à l'abri au cas où les originaux se trouveraient détruits, mais comment faire pour les bouddhas de Bamiyan dont certains mesurent plus de cinquante mètre de haut ? Réhabiliter le colonialisme culturel et piller systématiquement les patrimoines nationaux des pays instables pour les ramener chez nous ?

Je ne pense pas qu'il y ait une réponse unique et indiscutable à ce problème, mais je crois que plutôt que de numériser les fonds de la BnF qui restent de toute façon bien au chaud dans les réserves, peut-être serait-il judicieux d'utiliser un peu de ces budgets pour aller numériser les fonds les plus en danger de par le monde. Il sera toujours temps plus tard d'aller rouvrir les portes des réserves de Tolbiac pour mettre à la disposition des internautes tel ou tel volume rare.

En tout cas, pour les documents de l'Institut d'Égypte, il est trop tard.

>[Papa Trimoine]

 
 16/12/11  Expo Tout le monde connait…

[Tout le monde connait Roger Excoffon] Oulamondieu, je me rends compte que le temps passe et que je ne vous ai toujours pas alerté sur l'ouverture depuis le premier décembre de l'exposition « Tout le monde connait Roger Excoffon » au Musée de l'Imprimerie à Lyon ! Eh oui, maintenant que vous avez lu et relu les deux livres (cadeaux de Noël ?) qui ont été consacrés cette année à ce remarquable créateur de caractères qu'est Roger Excoffon, il est temps d'aller voir « en live » (comme on dit maintenant) ses réalisations. Bon, ce ne sera pas une première car comme l'indique très explicitement le titre de l'exposition, tout le monde connaît Roger Excoffon. Tout le monde a vu de ci de là, à la campagne ou à la ville, ses caractères Banco ou Antique Olive sans forcément avoir attribué à cet ancien Chancelier des Rencontres de Lure les nombreux caractères qui peuplent encore le quotidien graphique de tout un chacun. Car la postérité de ses créations est assurée très largement même cinquante ans après leur introduction par la perfection technique avec laquelle il a œuvré. Le Mistral est un exemple de scripte typographique qui à mon avis n'a jamais été dépassé ni même égalé dans la typographie moderne. Il faut se rappeler en effet que tous ces caractères ont été prévus pour une technique d'impression au plomb et que les réglages de l'interlettrage se font de lettre à lettre et non pas comme dans nos plus modernes fontes numériques par des paires de crénage et autres astuces « opentypistes. »

Bref, profitez du départ de vos enfants chez leurs grands parents et de votre époux (épouse) chez votre belle-mère pour vous faire une petite escapade lyonnaise et aller voir non seulement cette exposition tant attendue mais aussi reparcourir avec délices la collection permanente de ce magnifique musée.

Pour ma part ce sera en janvier et je vous en rendrai compte par le menu dans cette colonne, promis !

>[Artémis Tralle]

 
 12/12/11  Livre Bonsaï et calligraphie

[Bonsaï et calligraphie] Vous avez peut-être appris récemment la sortie tant attendue du livre de notre callidentiste graphosien « Bonsaï et calligraphie » aux éditions Arqa. Si j'ai mis tant de temps à vous en parler c'est que je voulais absolument l'avoir lu de bout en bout avant. Seulement, comme je m'en suis vite rendu compte dès la lecture des premières pages, ce n'est pas un livre qui se dévore en deux heures à l'instar de nombreuses productions de la rentrée littéraire du genre « easy reading ». Non, ce livre, c'est du lourd et du profond. Pas le genre à vous sortir de la tête dès refermée la dernière page. Si on veut en apprécier toute la substantifique moelle, il faut le déguster, le savourer, mot par mot, phrase par phrase.

Et ce que Michel Fornasero nous expose dans son livre, ce sont les deux visions qu'il a de l'art de la calligraphie et de l'art du bonsaï ainsi que, et c'est là que cela devient encore plus passionnant, les multiples correspondances, passerelles et coïncidences qui existent entre ces deux disciplines aussi exigentes l'une que l'autre. Car seul Michel aurait pu écrire ce livre tant il faut être expert en ces deux domaines, les avoir pratiqué pendant de longues années, s'en être imprégné au point d'atteindre l'excellence en chacun d'eux pour en avoir intégré toutes les subtilités au point de pouvoir les fusionner au sein d'une même recherche artistique. Et c'est à travers une prose pleine de subtilité, de sensibilité et de profondeur qu'il nous expose le fruit de ses recherches. Ces pages sont aérées de quelques haïkus de sa composition et d'une remarquable iconographie qui font mieux comprendre, qui par la sensibilité poétique, qui par l'esthétique visuelle, tout ce qu'il est parfois difficile d'exprimer par les mots.

Ne vous attendez pas à ce que je vous parle du contenu de ce texte, je ne pourrais qu'en produire en quelques lignes qu'un bien pâle caricature. Si vous voulez apprendre, parcourez vous aussi ce chemin.

Noël approche et vous aurez peut-être quelques jours de vacances tranquilles pour vous plonger dans cet ouvrage, car c'est comme cela qu'il faut le lire, par petites bouchées, en plongée profonde, pour en retirer vraiment tout ce qu'il peut offrir.

Surtout si vous pensez qu'un bonsaïka n'est qu'un « tortionnaire de nains. »

>[Casoellius]

 
 8/12/11  g Isaac Newton en ligne

[Isaac Newton en ligne] Les anciens dont je suis ne peuvent pas manquer de connaître Isaac Newton. Non que le « niveau » que l'on nous dit éternellement « en baisse » de nos études secondaires ait été plus élevé à ce sujet que celui d'aujourd'hui, non, si nous connaissons tous Isaac Newton à partir d'un certain âge c'est à cause de la Rubrique à Brac de Marcel Gotlib ! Eh oui, Isaac Newton est une source perpétuelle de gags à base de gravitation pomologique comme le bip-bip et le coyote sont une perpétuelle source de gags gravitationnels et explosifs.

Rendons ainsi grâce à l'art décrié (à l'époque) de la bande dessinée pour nous avoir fait toucher du doigt l'histoire de la science à l'aube du XVIIIe siècle. Mais si Newton est surtout connu pour sa pomme (à propos, il semblerait que l'anecdote soit hautement fantaisiste) et pour la théorie de la gravitation (comme quoi deux corps s'attirent en raison de la masse de chacun d'eux et en raison inverse du carré de la distance qui les sépare, ce qui explique la sexualité exacerbée des éléphants de mer, est-il besoin de la rappeler ?), ce cher Isaac était aussi un alchimiste bien loin de la mathématisation du réel qu'il prône dans la plupart de ces ouvrages. Eh oui, bien loin d'être le matérialiste que nos professeurs de physique nous laissaient imaginer, il a tenté sans grand succès de faire coïncider ses connaissances scientifiques en physique, mécanique, optique et mathématique avec les lois de l'alchimie et de la théologie qui, ma foi, s'y soumettaient assez mal. Il fût, au dire des spécialistes, un grand alchimiste même si sa manie du secret nous empêche encore aujourd'hui d'en connaitre la plupart des achèvements.

Mais tout ceci est en train de changer car la bibliothèque de Cambridge se propose de mettre en ligne une version numérisée de la plupart de ses carnets de notes ainsi que de son exemplaire personnel des Pricipiae Mathematicae, l'ouvrage dans lequel il décrit ses découvertes scientifiques. Bien entendu, le premier lot mis à la disposition de la voracité des internautes intéressés par le sujet relève plutôt de ses études « sages », c'est-à-dire optique, physique et mathématique. Mais j'espère qu'ils ne s'en tiendront pas là et que bientôt viendront les rejoindre ses carnets beaucoup plus sulfureux où il décrit, dit-on, ses essais de transmutations diverses et ses approches du grand œuvre. Comme ces carnets sont en version originale sans traduction, il vous faudra potasser l'anglais mais aussi le latin et le grec. Mais la connaissance de l'intime de celui qui fût un des plus grands esprits de tous les temps est à ce prix.

>[Aristidès Othon Frédéric Wilfrid]

 
 4/12/11  & glou… Banquet Graphos 2011

[Banquet Graphos 2011] Nous avons vécu dimanche dernier un très beau stage de fin d'année, comme seule la convivialité de Graphos peut en produire. Henri Mérou nous avait fait l'honneur de venir nous rejoindre avec non seulement son humour à nul autre pareil mais aussi avec moulte documentation, depuis une ribambelle de livres de modèles de peintre en lettres jusqu'à ses fameuses enveloppes aller-retour qui ont une fois de plus déchaîné des fou-rires dans l'assistance.

Sur le thème du mail art, nous avons envoyé à un hôtel à Saint Valery en Caux une série de lettres à remettre à une date donnée à l'occupant anonyme d'une chambre donnée. En dehors de l’enveloppe magnifiquement calligraphiée et décorée (je ne vous dis pas le niveau du graphosien moyen en mail-art !), le courrier contient un poème de Baudelaire et une invitation pour le susmentionné anonyme destinataire à répondre à son correspondant d'un jour. Gageons que le tout suscitera suffisamment de curiosité pour que le nombre de réponses soit au rendez-vous.

Pour le traditionnel banquet de midi, nous nous sommes retrouvés treize à table, ça devient une habitude. Autre habitude, les mets furent totalement délicieux et les boissons abondantes mais choisies, tout en restant dans une consommation tout à fait modérée comme le bon goût graphosien en est le garant. Au cours du repas, Thierry, notre maître à tous, nous a présenté le nouveau livre de Michel Formasero, notre calli-dentiste-bonsaika, « Bonsai et calligraphie » paru aux éditions Arqa et tout frais sorti des presses. L'auteur eut même la gentillesse de nous faire la lecture d'un passage de son texte, déclenchant une salve d'applaudissement nourris. Dès que j'aurai lu cet ouvrage qui s'annonce passionnant, je vous en ferai le compte rendu. Au vu de la profondeur de pensée et de la poésie du texte, ne vous attendez cependant pas à ce que ce soit dans les prochains jours !

Bref, encore une excellente année graphosienne qui se termine et qui nous prépare à la suivante, dont le programme nous a été révélé à l'occasion. Et il sera festif le programme 2012, avec l'invitation de Laurent Rébéna, la visite de la fondation Louis Jou aux Baux de Provence, le stage de bâtarde flamande en la mythique Chancellerie de Lurs, et d'autres festivités qui nous réserveront sans doute d'inoubliables moments. Et oui, deux mille douze sera l'année des quinze ans de Graphos et aussi des soixante ans des Rencontres de Lure, c'est-à-dire si le champagne va couler à flot !

C'est toujours ça de pris avant la fin du monde en décembre prochain ?

>[BdG]

 
 Novembre 
 
 27/11/11  Lire Eric Gill

[Eric Gill] Les éditions Ypsilon semblent avoir la bonne idée de vouloir se faire une spécialité de la traduction et réédition de textes fondateurs de la typographie dont la plupart sont devenus totalement introuvables avec les années qui passent. Après le livre de Gerrit Noordzij dont nous vous avions parlé ici, voici qu'ils nous proposent le célèbre « Un essai sur la typographie » d'Eric Gill. Car en effet, seuls les anglophones avaient pu jusqu'à ce jour profiter des enseignements de ce grand ancien en faisant venir à grand frais ce livre en anglais depuis les lointaines librairies soit d'outre-Manche soit même d'outre-Atlantique.

Car bien que datant des années 1930, ce texte est tout simplement passionnant. Eric Gill y résume sa conception de la typographie et de la création de caractères avec moultes illustrations, depuis la forme du squelette des caractères jusqu'aux diverses formes de composition du texte et de la page. Certes, ce texte a près d'un siècle mais il n'a rien perdu de sa pertinence, même si la forme technique de la création de caractère a radicalement changé entre le plomb de l'époque et la dématérialisation des fontes actuelles. Mais loin d'être un manuel purement technique ou esthétique, l'auteur nous expose ici son mode de pensée sur les bouleversements qui traversaient son époque, sur l'irruption de l'industrialisation dans le monde typographique et la disparition de l’artisanat, sur l'uniformisation des solutions par rapport à la diversité des problèmes ou sur les nécessités de conserver le facteur humain dans un monde de machines, bref, toute un ensemble de considérations encore largement d'actualité dans notre XXIe siècle informatisé. Bref, un petit ouvrage à lire et à relire sans aucune modération.

Le seul bémol qui a terni la joie de relire ce texte, c'est la fabrication du livre. Cela fait plusieurs fois que je trouve des livres de petit format (celui-ci fait 11 cm sur 17 cm environ) qui sont imprimés sur du beau papier plutôt fort et donc rigide, au dos carré largement encollé, ouvrages pour lesquels l'effort à faire pour ouvrir les pages sans casser le dos est proprement herculéen (bon, je suis dans la région de Marseille alors je vous avoue que j'exagère un petit peu...). Et l'exercice intense de musculation que fait la main qui tient le livre et les doigts qui écartent les deux pages en vis-à-vis est tel qu'au bout d'une petite demi-heure de lecture, j'ai des crampes dans la main qui me forcent soit à lire à deux mains, soit à fermer le livre et à me rabattre sur une émission de divertissement télévisuel (horresco referens). Mais non, c'est une blague, en fait je n'ai pas la télé (au grand dam de mes enfants). Et donc je me rabats plutot sur un bon vieux volume de la Pléiade qui pour le même format mais le quintuple du prix, offre un confort de lecture absolument divin. Pensez-y donc, amis éditeurs, faites de plus grands formats moins épais ou utilisez du papier moins rigide, si vous ne voulez pas que vos lecteurs se retrouvent avec des mains dignes des battoirs de nos grand-mère lavandières.

>[Arnold Grossehaende]

 
 23/11/11  Jeu Shape me

[Shape me] Maintenant que vous avez réussi plus de 95/100 au petit jeu de réglage des approches que je vous ai proposé il y a quelques jours, je vous suggère de continuer l’éducation de votre œil calli-typo-graphique par un autre exercice réalisé de façon tout aussi magistrale par le même développeur et qui porte cette fois-ci sur la forme des lettres. « Quoi, allez-vous me rétorquer, sachez, môssieur, qu’en calligraphie la forme des lettres s’obtient par l‘angle immuable du bec carré de la plume et non pas à volonté comme cela est possible en typographie ! » Certes, vous répondrai-je mais qu’en est-il de l’anglaise (que les graphosiens ont étudié dimanche dernier) tracée à la plume pointue et dont l'épaisseur du trait est entièrement déterminée par la pression qu'exerce la main du scribe ? Et, poursuivrai-je, ne vous arrive-t-il pas de « twister » légèrement votre automatic pen pour amincir un trait ? Ou d’appuyer un peu plus sur votre Braüse pour mettre du poids là où vous le désirez dans tel ou tel tracé ? Donc, pas d’excuses foireuses, et au boulot !

Il s’agit cette fois de régler les courbes englobantes d’un caractère en tirant plus ou moins sur les ronds bleus. Attention, parfois, il n’y a qu’une seule tangente mais parfois il y en a deux, et on peut régler à la fois leur « tension » et leur angle. Prenez votre temps, le défi est à mon avis bien plus difficile que celui des approches, puisqu’il faut avoir beaucoup d’intuition pour retrouver ce que chaque créateur a voulu mettre dans son caractère sans voir le reste de l’alphabet. Mais, comme la dernière fois, votre œil en sortira beaucoup plus agile dans le placement ou l’équilibrage des pleins et des déliés.

Bonne chance à tous !

>[Gaétan Gente]

 
 20/11/11  Hax Goncourt

[Goncourt] L'automne littéraire me fait toujours penser à un carnaval où chacun joue un rôle bien au point, ce qui permet aux médias de s'en donner à cœur joie dans les plus vils potins mais aussi et surtout de créer du sensationnel là où encore une fois, il n'y a que de l'habituel : chaque automne c'est la rentrée littéraire. Je ne vous parlerai pas de telle ou telle petite phrase assassine en mode sniper, sur tel ou tel livre, ni de tel ou tel élément sulfureux apparu à point nommé dans les quelques jours qui précèdent l'attribution des prix littéraires les plus renommés. Non, je voudrais juste évoquer quelques éléments glanés ici et là dans la presse au sujet du prix Goncourt de cette année.

On nous serine, « quelle performance, les x milliers d'exemplaire du Goncourt ont été imprimés en une nuit ! » Euh, vous nous prenez pour des caves ? Huit jours avant l'attribution du prix, quasiment tout le monde s'accordait à donner comme favori Alexis Jenni et son « Art français de la guerre », donc si vous n'avez pas anticipé, messieurs de chez Gallimard, je vous encourage à lire un peu plus les journaux ! Et l'argument de qualité du livre était complémenté par le fait que nous fêtons les cent ans de la maison et qu'il était imaginable que de donner le Goncourt à un livre de chez eux pouvait constituer un hommage à cette prestigieuse maison d'édition. Non, je ne crois franchement pas à la « performance extraordinaire ».

Par contre, cette histoire est un parfait alibi pour une drastique réduction de coûts, car le texte imprimé du dit Goncourt est semble-t-il pourvu d'un nombre respectable de coquilles et autres photes d'aurtografe qui en ternissent la splendeur, preuve que même pour le livre le plus vendu de l’année, on rechigne à payer un correcteur d’épreuves pour qu’il extirpe les dernières imperfections d'un texte par ailleurs de grande qualité. Heureusement, la communauté hacker a immédiatement pris les choses en main et a produit (gratuitement !) une version pirate de l'eBook en question dans lequel toutes les fautes sont corrigées ! L’histoire ne dit pas si les hackers sont de bons correcteurs, s’ils ont aussi piraté un logiciel de correction ou si des correcteurs professionnels se retrouvent le soir devant leur écran pour exercer leur activité professionnelle en sous-marin.

Eh oui, malgré ses cent ans ce n'est pas de la maison Gallimard que sortira cette année la meilleure édition du Goncourt mais bien de la mule, de bittorrent et des autres darknets en p2p ! Guy Fawkes aurait été content…

>[Madmacs]

PS : que tout ceci ne vous empeche pas de lire ce livre, avec ou sans les fautes, de toutes part affluent les louanges et nombre de critiques avisés assurent qu'il s'agit d'un très bon cru. Au contraire du beaujolais nouveau…

 
 17/11/11  Web Oui mais non…

[Oui mais non…] Le Comic Sans MS, est non seulement la typo la plus détestée du Web, mais encore faut-il le dire - à juste raison… Notre confrère Basile Lisible en faisait un compte-rendu tout graphosien, le 26 octobre 2010, sur le BdG (>voir archives – « Beurk illisible ? »). Un de nos amis, des plus anciens et des plus compétents, en matières d’arts graphiques, nous faisait passer hier, un lien internet pour la promotion (?) de ce magnifique alphabet, le « Comic », conçu et réalisé comme nul ne l’ignore par Vincent Connare. Ma souris n’ayant fait qu’un tour, un projet, (voir ci-joint, colonne de gauche - by Teg ©), fut immédiatement réalisé selon les critères du concours et ce : « afin de rendre une affiche jolie même avec une police Comic Sans MS » – Voir sur le site.

Bonne chance donc à tous les amis lecteurs du BdG, qui décideraient, eux aussi, d’envoyer une de leur production graphique réalisée en Comic Sans. (Un challenge à la portée des plus chtarbés, évidemment). Pace Salute.

>[Omer Simpson]

PS // Selon la formule consacrée, « à l’heure où nous mettons sous presse », nous n’avons pas encore reçu de retour-mail, du Webmaster dudit site ( ?), pour savoir si notre participation a bien été retenue, … afin de pouvoir orner la galerie de présentation ?

PPS // (Je pousse cependant un petit billet pour parier que le doc. réalisé ne verra pas le jour, sur le site en question… ?).

 
 14/11/11  Jeu Kern me

[Kern me] La calligraphie tout comme la typographie ne peut parvenir à la perfection que par une longue et constante éducation de l'œil. Tout apprentissage de ces arts passe donc par l'observation des travaux des maîtres afin d'en tirer la substantifique moelle et d'arriver enfin à apprécier une courbe bien tendue, des proportions équilibrées et un squelette de la lettre en tout point conforme aux canons de la beauté calli- ou typo-graphique.

Mais l'observation est une chose et la mise en pratique en est une autre. A moins de passer de longues heures à déplacer des lettres découpées aux ciseaux et de les scotcher en position puis de les fixer au mur, de reculer de trois mètres et d'en analyser les approches, il est difficile d'apprécier son propre degré d'expérience en cet art éminemment subjectif et totalement rétif à une quelconque mise en équation.

Heureusement, un bienfaiteur de l'humanité a pris le temps de proposer à tous les internautes intéressés, et gageons qu'ils seront nombreux, un petit jeu très bien fait qui permettra à tout un chacun de tester son sens des approches. Eh oui, les jeux en Flash ne servent pas qu'à distraire les pré-adolescents en manque de violence virtuelle sur les avions, les chars d'assaut, les animaux ou même quelques-uns de leurs frères humains. Ils permettent aussi de faire des exercices intelligents et interactifs qui enrichiront au moins le joueur sinon le programmeur, encore que j'en doute, ce « jeu » est en accès totalement libre.

Vous vous trouvez donc devant une série de mots dont il faut régler les approches en cliquant sur les lettres et en les déplaçant vers la droite ou vers la gauche. Comme vous ne pouvez pas déplacer ni la première ni la dernière lettre du mot, le but est que le mot tienne dans l'espace qui vous est alloué et que les lettres soient « convenablement » espacées en fonction de leur nature, de leur forme et bien entendu de la police de caractères choisie. Quand vous pensez avoir correctement réglé vos approches, proposez votre solution et l'ordinateur vous notera sur votre réussite. Ne pensez pas que l'ordinateur soit plus « intelligent » que vous dans ce domaine, il ne fait que reproduire à la lettre ce que le créateur de ces caractères a spécifié lors de la conception de sa police. Bon amusement !

PS : et n'oubliez pas que Frank Adebiaye et Suzanne Cardinal vous présenteront leur ouvrage : « François Boltana et la naissance de la typographie numérique » édité chez Atelier Perrousseaux, à l'occasion d'une soirée dédicace à la librairie Byblos le 18 novembre prochain à partir de 17 h. Infos pratiques : 95, rue Blomet 75015 PARIS Métro : Vaugirard (ligne 12). Pour les plus gourmands d'entre vous, un repas est prévu en face au Tabac de la Mairie, vous proposant de nombreuses spécialités auvergnates. Je vous entretiendrai très prochainement plus en détail du contenu de cet ouvrage très attendu.

>[Irma Daubeflache]

 
 11/11/11    Comment on fabrique…

[Comment on fabrique un livre à l'École Estienne de Paris] Pour les quelques lecteurs que les nombreux articles de cette colonne à propos de la culture typographique n’ont pas encore précipité dans les rares ouvrages disponibles sur la question, pour ceux que la curiosité n’a pas encore poussé à aller déranger tel ou tel ami conducteur de Heidelberg ou pour ceux trop éloignés du musée de l’imprimerie de Lyon pour y satisfaire leur soif de connaissance, Christian Paput, ancien graveur de poinçon de l’Imprimerie Nationale, a retrouvé parmi les sombres caves de l’INA un petit joyau de film muet (c’est à la mode !) qui explique par le menu la naissance d’un livre à l’école Estienne dans les années 1930. Expliquant toutes les étapes par le menu, depuis la gravure du poinçon jusqu’à la reliure finale, ce petit film vous fera comprendre visuellement et simplement ce que sont exactement un poinçon, une matrice, une fonte, un composteur, une casse et tous ces termes ici employés. Vous constaterez aussi, à voir la mine et les attitudes des personnes filmées sur le vif, que l’ambiance qui règne dans ces ateliers semble bien différente de celle qui règne dans nos collèges actuels ! O tempora, o mores… comme dirait notre bon vieux Cicéron, pour une fois convoqué pour une autre citation des Catilinaires que « Quousque tandem abutere Catiline patientia nostra ».

Ce petit film sera un excellent prélude également à votre visite de l’exposition Histoire de caractères à la bibliothèque Méjanes qui vit ses derniers jours et qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte ! Moi qui vous parle, métaphoriquement, je l’ai déjà vue trois fois et je ne m’en lasse pas.

Et un grand merci à Christian Paput pour nous avoir signalé une telle merveille !

>[Félicie Séron]

 
 7/11/11  Blaise Monod

[Blaise Monod] Nous apprenons avec tristesse le décès de Blaise Monod le 26 octobre 2011. Blaise était l’un des fils de Maximilien Vox (Samuel Monod pour l’état civil), le fondateur des Rencontres de Lure qui fêteront l’année prochaine leurs 60 ans et qui continuent chaque année de réunir les amoureux de la lettre en fin d’élé dans le cadre délicieux du petit village provençal de Lurs. Blaise était graphiste et c’est d’ailleurs à ces sessions d’été que nous avions pu le rencontrer. Il était venu en toute simplicité nous parler de son père et nous conter quelques anecdotes familiales qui ont mis un peu d’humanité dans l’image hiératique que nous avions de ce grand ancien. Il avait aussi hérité de son père un talent pour la gravure sur bois et j'ai retrouvé une de ses œuvres au détour du feuilletage de « Caractère Noël » (celui de l'année de ma naissance par exemple) qui ornent toutes les bonnes bibliothèques.

Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille.

>[BdG]

 
 4/11/11  Sécu Only human…

[Only human…] Eh oui, frères humains, maintenant que nos machines sont totalement sécurisées, régulièrement patchées, surveillées en permanence par nos anti-virus, anti-malware et autres pare-feu, que des myriades de sociétés de sécurité alertent le monde entier dès que la moindre trace du prochain Stuxnet, Duku ou Slammer apparait, dans ce monde donc où l'information est verrouillée (ou devrait l'être), le point faible c'est vous !

Oui, vous qui cliquez sur le lien d'un mail reçu d'on ne sait qui proposant des logiciels à des prix ridicules, des agrandissements d'un organe que vous devinerez sans peine, des caisses pleines de dollars abandonnées par un dictateur africain, de pauvres religieuses perdues à la merci des hordes de barbares africains ou musulmans déchaînées, des montres de luxe pour épater vos voisins au tarif d'une vulgaire tocante de bas étage… Oui, c'est vous qui allez vous même faire rentrer à l'intérieur de votre forteresse informatique le logiciel malveillant qui vous pourrira la vie. Oui, vous qui allez cliquer au hasard d'une publicité alléchante, voir déshabillée (choisissez le thème qui vous tient à cœur), juste pour voir ou pour rigoler, et dont une page du site restera discrètement dans un coin de votre écran à noter tous vos mots de passe. Oui, vous qui cherchez à télécharger ce film tout récent en haute définition qui nécessite un décodeur spécial qui n'est autre qu'un… cheval de Troie !

Car les bonnes vieilles recettes sont toujours les meilleures et l'Odyssée garde toute son actualité en ce début de XXIe siècle. On vous allèche ? On vous fait des propositions trop belles pour être honnêtes ? On vous propose des cadeaux ? En ce monde où la marchandise est reine, timeo danaos et dona ferentes nous rappelle le vieux Virgile (non, pour les non latinistes, il ne s'agit pas de craindre ni Timéo ni une courtisane espagnole, Donna Ferentes, mais d'une maxime signifiant je crains les Grecs, même quand ils apportent des cadeaux), car ce clic malheureux que vous allez regretter pendant longtemps sera votre assentiment à laisser entrer le moyen le plus sûr de nos jours pour infecter un ordinateur, le fameux cheval de Troie (trojan horse ou trojan tout court pour nos amis anglophones).

Et je ne parle même pas de cette nouvelle mode qui fait fureur outre atlantique, l'ingéniérie sociale qui consiste à percevoir tout être humain ou toute organisation comme un système dont il s'agit de trouver et d'exploiter les failles. Certes, cela demande des moyens plus importants qu'une campagne d'email auprès de millions de boites innocentes qui est virtuellement gratuite. L'ingéniérie sociale est encore de nos jours réservée à des cibles dont les informations sont de grande valeur, comme les administrations, la défense ou les sociétés financières. Cela commence parfois par « Allo ? c'est l'assistance Microsoft, nous avons détecté un virus sur votre machine et il faudrait que vous fassiez telle ou telle manipulation… » qui bien sûr se révélera bien moins dans votre intérêt que vous ne pourriez l'espérer. Une série d'articles récents décrit par le menu comment une fausse visite incendie permet en quelques minutes de récupérer une montagne de données confidentielles par le simple fait de lorgner de ci de là sur les ordinateurs que la responsable va proposer de sa propre volonté à l'inspection. Un petit keylogger par ci, un petit émetteur wifi pirate par là et le tour est joué, le cheval de Troie humain est tout aussi efficace que sa contrepartie logicielle.

Alors, que faire sinon se lamenter sur sa propre faiblesse et son incommensurable naïveté ? Les agents de Matrix nous le disent pourtant clairement « Only human… » « Vous n'êtes que des humains… » et Nietzsche de renchérir « Humain, trop humain… », c'est dans notre nature que les plus malins tirent profit des plus naïfs et je ne suis pas sûr qu'en devenant totalement paranoïaques, en développant notre penchant à la suspicion envers tous et toutes depuis nos hommes politiques jusqu'à nos voisins de palier en passant par les journalistes ou les garagistes, nous ne soyons pas en train justement de perdre notre nature humaine.

Salut et fraternité !

>[Madmacs]

PS : rappel aux aixois, samedi prochain 5 novembre à l'Institut du Livre, conférence de Matthieu Cortat dans le cadre du 500e anniversaire de Garamont !

 
 1/11/11  .;:,? Tire ta langue

[Tire ta langue] Où l'on reparle d'Étienne Dolet… La liste typo pointait il y a quelques jours un numéro passionnant de l'émission « Tire ta langue » sur le thème de la ponctuation à la Renaissance. Mais que cet intitulé, qui peut sembler un peu abscons de prime abord, ne vous détourne pas d'écouter cette émission car bien loin de pinailler sur la date précise de l’apparition du point virgule chez tel auteur, elle expose de façon claire et néanmoins précise les buts de l'utilisation de la ponctuation chez certains auteurs de ce merveilleux XVIe siècle, comme nous le trouvons nous qui n'y vivons pas. Étienne Dolet nous l’explique par exemple dans son célèbre « De la punctuation de la langue francoyse. Plus. Des accents d'ycelle », il s’agit de rythmer la lecture et par la même la pensée, donc de pratiquer une rhétorique plus accessible. Mais vous entendrez aussi Nathalie Dauvois vous parler de la façon de travailler des ateliers d'imprimeurs, des différentes manières de ponctuer la poésie et ce que l'on peut indiquer par là, ou bien même de l'antagonisme entre misogynes et féministes qui semble avoir atteint des sommets de vigueur dans les propos à cette époque.

Bref, ne manquez pas de consacrer une petite demi-heure à écouter cette émission avant que, d’ici quelque temps, elle n'aille rejoindre ses milliers de congénères dans les caves bien remplies de l'INA !

>[Amédée Cripteur]

PS : pour ceux qui auraient des insomnies en ce moment, ou tout simplement ceux qui voudraient approfondir le sujet, le livre de Nathalie Dauvois et Jacques Dürrenmatt est présenté ici.

 
 
 
 

 
 

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