|
Vous organisez un
événement lié à l'écriture
ou à la calligraphie ?
Vous avez un coup de cœur pour un livre ?
Vous avez apprécié une exposition ?
Envoyez un message
à notre modérateur à l'adresse :
news@ leblogdegraphos.net
et nous la publierons dans ces colonnes.

Le >[BdG] est le blog
de
l'association Thot Graphos
L'association Thot
publie tous les mois
le webZine "La Lettre de Thot".
Abonnez-vous,
c'est gratuit.
Abonnez-vous au RSS
simple ou
complet du
BdG

Découvrez le
Blog
des Editions Arqa
Partenaire du >[BdG]

Mnemosis
le nouveau site de
Thierry E. Garnier
Partenaire du >[BdG]

Calligraphies
Le Portail de
toutes les écritures
Partenaire du >[BdG]

|
|
2012
Février
Janvier
2011
Décembre
Novembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier
2010
Décembre
Novembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier
2009
Décembre
Novembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier
2008
Décembre
Novembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier
2007
Décembre
Novembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier
2006
Décembre
Novembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier
2005
Décembre



Je crois que
la police de caractères la plus vendue et
la plus utilisée dans le monde est le Garamond... et ça, ça
me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait
des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je
préférerais me faire examiner la
prostate en direct à la télévision
par un type
aux mains bien froides plutôt qu’avoir
une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie
est un métier ancien et simple. Très simple.
Aussi simple que de jouer du violon. Mais
guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait
que nous soyions courageux, pourquoi nous
a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie
soulève le voile sur la beauté cachée du
monde.
Sei Shonagon

Si hoc legere
scis nimium eruditionis habes.
Anonyme

La typographie
est le seul art ayant la discrétion pour
principe.
Jérôme Peignot

Quand l'avenir
a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir
une menace?
Chuck Palahniuk

L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol

On
peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové

Je parle pas
aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard

Sème le trouble
et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec

Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du
diable.
William Blake

Si ayant
frappé quelqu'un
sur une joue, il te tend l'autre, frappe
le sur la même, ça lui apprendra à faire
le malin.
Cavanna

La vie est
la jeunesse de l'immortalité
Goethe

Choucroute
ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence

Ce monde ne
fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais

On n'a rien
inventé de mieux que la bêtise pour
se croire intelligent.
A. Nothomb

Un tueur est
un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres
que le commun des mortels.
A. Nothomb

La mort est
le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne
pas trop faire les malins.
/.
|
|
|
La règle du Je...
|
>[Le Blog de Graphos] est
un endroit de liberté, ivre de plume et
de peinture, de convivialité, d’amitié et
de partage - sans aucune publicité d’aucune
sorte – ni pop up… ni virus. >[Le
Blog de Graphos] est consacré à la
calligraphie latine, à l’enluminure,
au mail art, aux écritures d’Orient
et d’Occident, aux contre-écritusres
aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag
au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la
Rustica du Ve siècle…, les membres
de Graphos vous proposent de vous exprimer
sur l’actualité du
moment, de notre quotidien, de vos journées,
livres, expos, films ou états d’âmes… Nos
lectures, vos passions, nos coups de cœur,
vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement
sur >[Le Blog de Graphos].
Vous êtes artiste graphique ou simple passionné,
calligraphe professionnel ou enlumineur,
animateur, membre ou président d’une
association, vous désirez nous faire partager
vos envies, qu’elles soient tentations ou
démangeaisons… >[Lire
la suite...]
|
 |
 |
Février
|
| 20/2/12 |
3D |
Imprimez votre maison |
|
 |
[Imprimez votre maison] La
vogue des imprimantes 3D connait en ce
moment une explosion chez nos amis étazuniens.
De quoi s'agit-il ? Et bien au lieu d'imprimer
sur une bonne vieille surface plane,
comme nous le faisons depuis 500 ans avec des
techniques
variables et renouvelées, en 2D comme disent
les jeunes de maintenant, il s'agit d'imprimer
un objet en 3D, en volume donc, même si à mon
avis, le terme d'imprimante n'est plus
vraiment approprié pour ce genre d'exercice.
Et
donc, les tentatives les plus extravagantes
sont le quotidien de ce nouveau domaine
de ce qui n'a plus qu'un lointain rapport
avec notre bonne vieille typographie
au plomb. En est
témoin
cet
article d'un site spécialisé dans
les extravagances technologiques, article
qui vante les mérite d'une imprimante
3D qui va vous permettre d'imprimer votre maison !
Eh oui, grâce à l'impression
par les contours, bientôt (si ce projet parvient à une
réalité utilisable), nous habiterons
dans des maisons que nous aurons pu
concevoir à notre
guise et qui seront fabriquées par ces
robots modeleurs. Bon, ne rêvons pas trop
non plus, je ne vois pas comment ils
vont faire pour construire une charpente
ou couler une dalle
de béton, donc il reste à mon
avis encore pas mal de chemin à parcourir.
Et
je ne parle même pas d'approcher la qualité de
construction (et donc la durée) d'un
château
renaissance ou d'une cathédrale gothique !
>[Jacques Mentel]
|
| |
|
|
| 17/2/12 |
Voir |
Yves Leterme |
|
 |
[Yves Leterme] Notre
cher callidentiste, dont j’espère
vous vous êtes régalés du
dernier livre « Bonsaï
et calligraphie »,
voir notre article d’il y a quelques jours,
bref, notre très cher ami graphosien nous
signale une vidéo d’un calligraphe
belge assez discret, Yves Leterme, d’autant
qu’il se trouve être l’homonyme
d’un homme politique belge assez omni-présent
sur la toile.
Yves Leterme vous propose
un fort beau site en
anglais et en néerlandais
ici, dans lequel vous pourrez admirer
une partie de
ses œuvres et feuilleter un album photo
que je vous recommande, car on le voit
avec son homonyme homme politique, mais
aussi souvent avec Brody
Neuenschwander, ce qui rappelle de
fort bons souvenirs à tous
les amis de Graphos qui étaient venus à son
stage, il y a maintenant plusieurs
années…
Bref, pour en revenir à la
vidéo,
en dehors de travaux remarquables,
elle montre surtout l’art du geste du
calligraphe, la vitesse et la précision
de trait. Cet art fondamental est ce qui manque à ceux
qui essayent d’apprendre la calligraphie
chez eux, à partir de modèles
trouvés
dans le commerce, dont certains n’ont
même
pas pas été produits par une main
mais par un ordinateur, je tairai leur
nom pour ne pas les humilier. Donc si vous êtes
dans ce cas, regardez ces vidéos, on
en trouve d’autre au hasard de youtube,
et surtout faites des stages avec de vrais calligraphes,
le travail isolé en cette matière,
comme dans d’autres, ne mène en
général
qu’à une frustration rapide et
au découragement qui s’ensuit.
>[Ruben Vandevoorde]
|
| |
|
|
| 13/2/12 |
Piq |
Tout le monde connait… |
|
 |
[Tout le monde connait Roger Excoffon] Petite
piqûre de rappel aux éternels distraits,
l'exposition « Tout
le monde connaît
Roger Excoffon » au Musée
de l'Imprimerie de Lyon en est à ses derniers
jours !
Ayant
moi-même tardé, je ne l'ai
visitée que vendredi dernier et je ne peux
que vous inciter à faire l'effort et le
déplacement, vous ne serez pas déçu.
Car en plus de documents sur la genèse
des ses caractères mondialement utilisés
(Mistral, Choc, Banco et autres Antique
Olive) vous aurez également un aperçu
de son travail de graphiste, bien moins
connu mais
tout aussi admirable. Ce qu'il savait
faire avec un pinceau et de la gouache
est tout simplement époustouflant.
Et ne croyez par que l'ordinateur soit
passé par
là, vous pourrez voir des originaux (si
si, avec de la vraie gouache sur du vrai
papier) où l'on ne peut qu'admirer la l'énergie
du tracé et la sensibilité des textures.
En collant le nez dessus (enfin presque)
on peut percevoir toute la subtilité de
chaque trait, de chaque attaque et de
chaque lâché de
pinceau, de vraies merveilles. Parfois,
nous somme gratifiés de ses planches de
recherche et des différents essais qu'il
a effectué avant
de choisir le tracé définitif, un
vrai cours de graphisme. De nombreuses
affiches montrent également les travaux
finis tel qu'ils ont utilisés dans la publicité et
donc tel que nos murs les ont portés.
En
bonus à la sortie de l'expo (quelle
bonne idée !) vous trouverez un plan de
Lyon avec les emplacements de diverses
enseignes utilisant les caractères d'Excoffon,
une bonne façon de découvrir quelques
ruelles lyonnaises hors des sentiers
touristiques battus et rebattus, et de vous rendre
compte que
vous-mêmes qui croyez ne rien connaître
en typographie,
vous connaissez déjà Roger Excoffon
!
Bref, courez, roulez, volez vite à Lyon
pour aller visiter cette exposition au
musée
de l'Imprimerie, il ne reste plus que
quelques jours !
>[Alex Coffon]
PS : autre piqûre de rappel, notre couvent
préféré ayant été inondé suite à une
rupture de canalisation d'eau gelée, le
stage Graphos de février sur la bénéventine
est annulé. Gasp !
|
| |
|
|
| 12/2/12 |
OMG |
Moaïs |
|
 |
[Moaïs] Il
est des moments où l’on découvre
que le monde nous offre une multitude
de merveilles dont beaucoup ont en fait
une partie cachée,
parfois encore plus intéressante que la
partie visible ! Je ne parle pas des icebergs,
non, mais plutôt de ce que nous connaissons
depuis plusieurs dizaines d’années
sous le nom de moaï,
c'est-à-dire
les statues monumentales de l’île
de Pâques.
Mais oui, nous avons tous vu
ces bustes sortant de terre, pour certains
encore coiffé d’un énigmatique
couvre-chef, dont le visage stylisé nous
a tant fait rêver lors de nos jeunes années,
au point d’inspirer à nombres d’auteurs
une origine issue d’interventions extra-terrestres
ou de remontées dans le temps de nos
futurs descendants ultra-technologisés,
cela va sans dire. Le côté mystérieux
de l’affaire en encore redoublé par
le fait que nul n’a, à ce jour,
pu produire un déchiffrement sérieux
de l’écriture dite « rongo-rongo » des
anciens habitants de cette île, qui en
dehors de son esthétique remarquable,
reste donc totalement hermétique.
Mais j’ai
découvert récemment
que ces statues, dont on ne voit pour
certaine que le buste voir même que la
tête,
avaient en fait un corps ! Une équipe
d’archéologues a entrepris
depuis plusieurs années de dégager
certains de ces moaïs et d'en déterrer
la structure souterraine. Eh oui, ces
statues représentent
pour certaine un corps complet, de
la tête
aux pieds avec même de magnifiques gravures
où il me semble retrouver cette fameuse écriture
rongo-rongo. Voyez ces splendides
photos sur le site de la mission
archéologique
chargée
de ces fouilles curieuses.
Peut-être ces
parties enterrées apporteront-elle
un indice supplémentaire qui permettra
de commencer le déchiffrement de ces tablettes
de bois gravées qui recèlent à coup
sûr une foule de renseignements sur cette
civilisation étonnante.
>[Jakob Roggeveen]
|
| |
|
|
| 8/2/12 |
Oh¡ |
Glozel |
|
 |
[Glozel] Nos
travaux de recherches sur Glozel remontent à bien
des années déjà... ils eurent à l’époque
le mérite de nous faire visiter des lieux
de mémoire, notamment le petit musée
de Glozel, dans l’Allier, ou rencontrer
des personnalités de premier plan comme
madame Juanéda-Calvier, une amie chère
décédée récemment,
une des meilleures spécialistes en France
de cette écriture si mystérieuse...
C’est
grâce à elle que je pus
tenir dans les mains quelques unes de
ces précieuses
tablettes aux signes irrésolus... C’est
donc avec grand plaisir que nous vous
faisons part de la création de ce Blog et du travail de son concepteur, avec
lequel nous sommes récemment
entré en contact, M.Odhinn-Hermodr de Warenghien
qui est dans la veine de ces chercheurs
passionnés
puisqu’il a passé des centaines d’heures à déchiffrer
les fameuses tablettes de terres... médiévales,
de l’age du fer, ou encore antérieures...
?
La question reste posée et la controverse
moderne reste toujours d’actualité !
>[André Bloggo]
« Dans les proto-religions Shamaniques
et/ou Animistes, dont ont hérité le
Taoïsme, Bouddhisme & Hindouisme
etc…,
le croyant prête vie à toutes
formes de la création, de la Terre-Mère élevée
au rang de Divinité Suprême,
de l’inanimé (la
pierre, le galet, le roc), à l’animé (des
plantes, aux animaux & humains), tout
est considéré comme du domaine
du vivant. La pierre, le bois, l’os,
comme les animaux vivants ou non & les
esprits des morts en sont les messagers,
tout comme les galets ci-dessus,
même l’amulette pendentif qui
est une protection. »
|
| |
|
|
| 4/2/12 |
BB |
Brit tweets |
|
 |
[Brit tweets] Je
vous ai parlé l'autre jour de la police
de la pensée qui commençait à pointer
plus que le bout de son nez, un fait
récent
prouve à mon avis, que son congénère
Big Brother n'est pas loin de faire son
apparition non plus. C'est ce qu'ont
découvert à leurs
dépends deux sujets de sa gracieuse Majesté britannique.
Un
jeune couple anglais avait en effet
décidé d'aller
faire un tour en Californie histoire
de découvrir
Hollywood, de faire la fête à la
mode de Los Angeles et de se griller
ce qui leur restait de neurones (vous
allez voir
qu'il
ne leur en
restait pas beaucoup) avec diverses
boisons fortement alcoolisées. Afin que
tout leur « réseau
social » soit au courant, ils avaient
envoyé quelques semaines avant leur départ
plusieurs « tweets » (comme
le fait de temps en temps le BdG) pour
annoncer que la fiesta serait tellement
intense qu'ils
allaient « détruire l'Amérique » et
même « faire sortir Marilyn
Monroe de terre » (ce que ne fera
jamais le BdG). Il leur fut répondu par
des quolibets et des railleries du
même
tonneau.
Mais quelle
ne fut pas leur surprise à l'arrivée
dans le pays du libre et la maison
du courageux, au sortir de leur avion de
se voir interpeler
par la TSA (équivalent de notre Police
de l'Air et des Frontières), interroger
comme on le voit dans les films avec
lampe dans la figure, siège hautement
inconfortable et harcèlement verbal pendant
plusieurs heures d'affilée afin qu'ils
révèlent
leurs plans sur la façon dont ils comptaient « détruire
l'Amérique » et comment ils
pensaient faire pour « déterrer
Marilyn ».
Il est même dit qu'on les fouilla au corps
comme seuls de vrais policiers savent
le faire et qu'on chercha dans leurs
bagages si, en plus
d'explosifs ou autres éléments
de l'attirail de terroriste, ils n'auraient
pas des pelles car semble-t-il, il
vaut mieux déterrer
Marilyn avec des pelles britanniques
plutôt
que des pelles californiennes, de moins
bonne qualité peut-être. Puis on
les enferma dans des cellules de quelques
mètres
carrés
en compagnie de la lie de tout ce qui
peut essayer de traverser la frontière
illégalement,
donc en l'occurrence des trafiquants
de drogue mexicains à la mine patibulaire
et autres bandits de grands chemins.
Quand ils eurent passé douze
heures à macérer dans ces conditions
pour le moins insatisfaisantes, ils
furent embarqués
de force dans le premier avion à destination
de Londres et renvoyés d'où ils
venaient. Fin du voyage.
Où l'on voit que
quand on croit écrire
un billet de mauvais humour à la seule
destination de ses amis, s'il comporte
quelques mots clés bien choisis, il risque
de tomber sous d'autres yeux beaucoup
moins bienveillants, où l'on constate
que l'Once Sam est en phase paranoïaque
aigüe
alors que ce cher Barack semblait pourtant
un homme
plutôt
posé et réfléchi, que si
vous voulez détruire l'Amérique,
il vaut mieux ne pas l'annoncer sur
Tweeter (en tout cas pas en clair) et enfin,
que si vous voulez
déterrer Marilyn, n'apportez pas vos
pelles mais achetez-en sur place, au pays de
la ruée
vers l'or, elles ont fait leurs preuves
depuis pas mal d'années.
A bon entendeur,
salut.
>[Timoté Rauriste]
|
| |
|
|
| 1/2/12 |
OM |
Linotype |
|
 |
[Linotype] En
tant qu'ingénieur, j'ai toujours bavé d'admiration
devant la linotype.
Cette superbe machine qu'Ottmar
Mergenthaler mit
quarante ans à mettre
au point est proche, à mon avis, de la
perfection ultime de la mécanique. Thomas
Edison la qualifiait d'ailleurs de huitième
merveille du monde, rien de moins. Chaque
partie en est conçue
avec ingéniosité et
surtout est basée sur une foule de mécanismes
simples et bien pensés. Loin d'une complexité galopante,
Mergenthaler en a magistralement conçu
chaque élément dans un souci constant
de simplicité plutôt
que d'accumulation de mécanismes complexes
et donc faillibles. Passez une heure
ou deux avec un linotypiste connaissant
bien sa machine et
il vous dévoilera une partie de ces merveilles
de conception, comme l'idée géniale
qui permet de distribuer les matrices
après
la fonte de la ligne ou celle qui permet
de justifier une ligne à une largeur donnée.
Simple mais efficace et fiable.
Il y a
quelques années j'avais gagné à Lurs
un
petit livre de bandes dessinées que
je vous recommande, il est édité par
Linotype et passe par le menu l'histoire
de la création de cette fabuleuse machine.
Procurez-vous cet ouvrage qui vous
expliquera le parcours assez
exceptionnel de Mergenthaler pour arriver à concevoir
puis commercialiser son engin.
On trouve
encore de ci de là quelques linotypes
en état de marche (et bien plus hélas,
de véritables épaves comme celle
qui se fait lentement dépecer dans le hall
d'entrée de la bibliothèque Méjanes à Aix)
mais les personnes capable de les faire
fonctionner et surtout de les entretenir
commencent à se
faire de plus en plus rares.
Un
film a été réalisé semble-t-il
pour rendre hommage à cette machine
qui permit à la
presse de devenir quotidienne sans
exploser ses coûts de production. Vous
trouverez sa bande annonce ici.
Pour ma part je suis impatient d'entendre
encore ce cliquetis inimitable des
matrices voyageant depuis le magasin
jusqu'à la
ligne de fonte puis retournant se faire
distribuer. C'est le
bruit d'une intelligence de tout premier
ordre.
>[Etaoin Shrdlu]
|
| |
|
|
Janvier
|
| 28/1/12 |
84 |
Police de la pensée |
|
 |
[Police de la pensée] Certes,
Georges Orwell nous avait prévenus. Il
nous avait décrit dans son célèbre
et terrifiant roman « 1984 » comment
la police de la pensée utiliserait leurs
opinions pour condamner les citoyens
et non plus leurs actes. Qui aurait pu
croire que subrepticement
une forme moderne de délit d'opinion pourrait
voir le jour et être de plus en plus pratiquée
au nom du maintien de la sécurité publique
et du principe de précaution.
Quelques exemples.
Il existe des crimes pour lesquels
le simple fait de les fantasmer
suffit à vous conduire en prison. Si
vous possédez des documents « à caractère
pédophile », vous êtes
passibles du bras vengeur de la loi,
non pas pour
avoir commis ce crime mais juste pour
en avoir des photos,
la plupart du temps trouvées sur internet.
Vous n'avez pas touché à un cheveu
d'un enfant, ni n'en avez même approché ou
effarouché un, vous pouvez ne jamais
être sorti de chez vous,
vous êtes
coupable néanmoins.
Imaginons la même chose appliquée
au grand banditisme pour lequel le
simple fait d'avoir un film montrant
le braquage d'une banque vous ferait
aller en prison
et vous pouvez
immédiatement voir le ridicule de la
situation actuelle, qui semble pourtant
ne choquer personne.
Mais si la pédophilie,
qui à mon avis tient quand même
plus de la maladie mentale que du comportement
responsable d'un humain moyen, est
un cas avéré de répression
d'un non-crime depuis quelques années,
d'autres lui emboitent le pas. Un jeune
homme a été condamné il
y a quelques semaines à deux ans de prison
ferme pour
avoir détenu la
recette de fabrication d'une bombe
artisanale trouvée
sur internet. Notez bien un fait important :
il détenait cette recette depuis plus
de deux ans mais n'en avait jamais
fait usage. Il
n'a jamais construit de bombe, ni menacé personne
d'en construire une, il a juste téléchargé
la recette, ne l'a peut-être même
pas lue jusqu'au bout et n'a en tout
cas pas acheté les ingrédients
décrits.
Deux ans et demi de prison ferme, pour
détention
d'un document que n'importe qui peut
trouver sur internet.
Enfin, je trouvais concevable d'édicter des
lois mémorielles
sur la négation du génocide
des juifs juste après
la deuxième guerre mondiale, alors
que le traumatisme d'un tel événement était
encore dans toutes les mémoires et
dans beaucoup de corps. Mais en 2012, édicter
une loi interdisant de nier ou de
minimiser le génocide arménien
de 1917, me semble dénoter que la dérive
s'accélère.
Bien entendu tout cela se fait au
nom de la bien pensance, bien entendu
les négationnistes,
les terroristes et les pédophiles
sont au mieux de vilains bonshommes
voire même des criminels… pour
ceux qui passent à l'action, bien
entendu les lois mémorielles
ne visent que le négation de « ce
qui est manifestement établi par
les historiens »,
ce qui est oublier que l'histoire
est une « science » dont
les vérités fluctuent et varient
au cours des époques et au gré des
gouvernements, relisons les « Chroniques
de France » ou les diverses bonapartolatries
pour nous remettre en mémoire nos
anciens héros aujourd'hui déchus.
Et je n'évoque même pas l'histoire
au moment de la guerre froide.
Toutes
ces lois sont là pour « protéger
le citoyen » des mauvaises
pensées
qu'il pourrait avoir, pour qu'il
n'aie que de « bonnes
opinions » qui lui soient proposées.
Bref, c'est tout simplement le
prendre pour un irresponsable
incapable de juger.
Alors qu'est-ce qui
suivra ?
Des lois réprimant la négation
des causes humaines du changement
climatique ? Voire même
la négation de ce même
changement sera-t-elle peut-être
bientôt
illégale ? Ou bien on interdira
la détention
de photos montrant des hommes
politiques en galante
compagnie ?
1984 n'est peut-être
plus si loin…
>[Emmanuel Goldstein]
|
| |
|
|
| 24/1/12 |
?! |
Timbreur sur balancier |
|
 |
[Timbreur sur balancier] Je
suis souvent époustouflé par la
diversité des occupations que les humains
peuvent regrouper sous le nom de "travail".
Non, non, je vois très bien ce que vous
pensez, mais je ne rentre pas dans ce
genre de polémique. Non, je pense à des
artisans dont le savoir faire est tellement
hors du commun,
que quand ils organisent des rencontres
mondiales, ils doivent pouvoir se réunir
dans une cabine téléphonique. Tel
est donc le métier de "timbreur sur
balancier" d'Éric Lejeusne.
Son
atelier exerce en effet
une activité qui
consiste à effectuer un gaufrage du papier
en utilisant une presse à balancier qui
permet non seulement de gaufrer le papier,
mais aussi de l'imprimer en couleur. On voit ainsi
cet artiste réaliser une magnifique salamandre
en deux couleurs (ou plus ?) en utilisant
deux contreformes qui, une fois soigneusement
peintes,
calées au millipoil et gaufrées
produisent un ensemble absolument magnifique.
Prenez le temps de regarder jusqu'au
bout la petite vidéo en page d’accueil
qui explique bien son travail et certaines phases
de la fabrication
de ces merveilles. Hélas, à voir
les noms des heureux clients pour lesquels
il travaille, je doute que ma bourse puisse un
jour
s’offrir un superbe papier à entête
avec gaufrage coloré, mais en attendant,
voilà un exemple de plus à rajouter à la
liste des artisans qui font un travail
exceptionnel et dont on n'entend jamais parler,
au contraire
de certains omniprésents qui ne font rien
d'autre que de paraître.
>[Hugo Freure]
|
| |
|
|
| 20/1/12 |
15! |
Programme Graphos 2012 |
|
 |
[Programme Graphos 2012] Je
me rends compte que le premier stage
Graphos de l'année est proche et que je
ne vous ai toujours pas exposé notre programme
pour l’année 2012 !
Comme vous
le savez peut-être, cette année
sera doublement festive, d'abord pour
les 60 ans des Rencontres
de Lure,
certes, mais aussi pour
les 15 ans de Graphos ! Et comme on
ne laisse jamais passer une occasion de faire
la
fête
dans notre association, nous vous avons
concocté un
programme tout ce qu'il y a de plus
festif et inoubliable.
On commence calmement,
si on peut dire,
avec le 22 janvier un stage sur la
Quadrata, le 19 février un autre sur
la Bénéventine
et le 18 mars un troisième sur la Mérovingienne
(quel délice !).
Une fois les brause
bien chauffées,
on va attaquer du lourd : le 22
avril « Méli-mélo » un
de ces stages surprise que notre
Thierry aime à nous
concocter avec la réalisation d’un
projet sur un thème à lui
seul connu !
Le 13 mai, sortie familiale aux
Baux
de Provence sur le thème « À la
rencontre de Louis
Jou », avec
visite de la fondation éponyme, de
son atelier, encore en activité,
et du musée
dans l’hôtel de Brion. Le repas
n’aura
sans doute pas lieu à l’Oustaou
de Beaumanière, hélas,
vu le budget réduit du week-end,
mais on passera devant et on regardera le
menu.
Le 27 mai, stage sur la Bâtarde flamande à la
Chancellerie de Lurs,
en ce lieu magique qui a vécu tant
de moments uniques, où sont
passés tant de personnages pittoresques, érudits
et en tout cas passionnants,
et où seront
fêtées en août prochain
les soixantièmes sessions d’été de
typographie ! Visite des lieux, parcours
du Chemin
des écritures et
ballade sur la promenade des Évêques
seront des étapes
indispensables pour cette journée
d'exception !
Le 10 juin, rencontre
avec Laurent
Rébéna (le
vrai, en chair et en os !)
pour un stage d’approfondissement
sur la bâtarde flamande et ses
ligatures (non, il ne s’agit pas
de médecine).
La fin de l’année
ira crescendo avec le 21
octobre un stage sur le Monocondyle (à vos
dictionnaires !) puis
le 18 novembre un stage sur
les majuscules d’Anglaise (du
sang, de la sueur et des
larmes au rendez-vous) et
pour finir en apothéose,
le 16 décembre
notre traditionnel stage
de fin d’année
sur le thème du mail-art avec
la participation de nos invités,
dont le jubilatoire Henri
Mérou qui fera le déplacement
depuis la campagne reillanaise !
Vous
trouverez ce programme en
téléchargement
ici, marquez ces dates sur
votre calendrier, une telle année,
la dernière à ce
qu’en disent les Mayas, ne se
reproduira pas de sitôt !
>[ze BdG]
|
| |
|
|
| 16/1/12 |
Oh! |
Faux iPads |
|
 |
[Faux iPads] Si
vous suivez un peu attentivement les
nouvelles technologiques, vous êtes peut-être
tombé(e) sur cette
annonce incroyable :
certains usagers ayant acheté un iPad ont
eu une drôle de surprise au moment où ils
ont ouvert la boîte de leur merveille informatique,
il y ont découvert une plaque d'argile
au lieu de l'habituel engin au design
incomparable !
Des journalistes bêtement
matérialistes
en ont immédiatement déduit qu'un
gang de fraudeurs achetaient les iPad,
les remplaçaient
par un morceau d'argile, scellaient à nouveau
le paquet, rendaient le tout au marchand
en demandant le remboursement et ainsi
faisaient une sale
blague à leurs frères consommateurs...
Faux que tout ceci ! Propagande de
la firme à la
pomme ! La réalité est bien plus
simple mais certes un peu gênante pour
Apple... je m'en vais donc tout vous
la dévoiler
au risque de me retrouver sur la liste
noire des ennemis de la pomme, mais
bon, je dois la vérité aux
amis du BdG.
En fait, les produits Apple
ont une âme.
Et c'est pour ça qu'ils savent si bien
plaire à leurs utilisateurs, jusqu'à susciter
une empathie qui frôle parfois le fanatisme.
Et comme tous les lecteurs de Gustave
Meyrink le savent bien, il se trouve
qu'à sa
conception l'iPad n'est qu'un morceau
de glaise informe,
image parfaite du chaos originel
et de tout organisme inanimé. Pour
lui concéder
enfin la vie, il faut qu'une personne
habitée
par une vision de la grandeur technologique,
un équivalent
du divin informatique, lui souffle
dessus et lui donne enfin son âme. Depuis
que Steve Jobs est mort, d'autres
personnalités
ont du s'y mettre pour continuer à insuffler
la vie pour nous aux nouveaux iPhones,
iPods, iPads
et autres Macintosh. Mais voilà, les
disciples n'ont pas encore atteint
la perfection du maître
et il laissent parfois échapper quelques
« ratés »…
Alors bien sur, on préfère accuser
d'hypothétiques escrocs (dont je suis
sûr
qu'on ne les attrapera jamais) plutôt
que d'avouer à la face du monde que
Steve a du mal à être remplacé. Ça
ruinerait leur réputation et ferait
baisser le cours des actions.
Alors bon, faisons
semblant d'y croire pour leur faire
plaisir…
>[Athanasius Pernath]
|
| |
|
|
| 13/1/12 |
Livre |
Athanasius Kircher |
|
 |
[Athanasius Kircher] Un
très beau livre sur Athanasius
Kircher,
célèbre érudit de la Renaissance
est paru en 2009 chez Actes Sud dans
la collection l'Imprimerie Nationale
(quel montage intéressant !) sous
le titre « Athanasius
Kircher, le théâtre du monde » de
Joscelyn Godwin.
Et pour tout vous avouer, il nous est
passé absolument
inaperçu, ce qui est ma foi fort rare pour
un ouvrage de cette ampleur !
Si vous voulez connaître
mieux ce personnage hors du commun,
toutologue comme on dirait aujourd'hui, à la
fois mathématicien, linguiste, archéologue,
naturaliste, historien des religions,
ingénieur,
géologue... il a été le
découvreur
de nombre de phénomènes naturels,
comme les taches solaires ou les anneaux
de Saturne et a étudié le premier
nombre de langues étrangères comme
le chinois ou le sanskrit. Bref un érudit
total comme la Renaissance a été la
dernière
période à en produire.
Mais comme
le dit pudiquement sa biographie,
ses erreurs sont à sa mesure, grandioses.
Il n'a jamais cru que les hiéroglyphes
véhiculaient une langue mais a maintenu,
parfois contre toute évidence, qu'il
ne s'agissait que de symboles. Ses
traductions des
textes sur les faces des obélisques égyptiens
sont d'une poésie à couper le
souffle... même si elles passent totalement à côté du
message. Il est aussi resté jusqu'à la
fin un farouche partisan du géocentrisme,
bien plus politiquement correct à l'époque
que les théories héliocentriques
de Galilée ou Copernic. Ses théories
sur les sciences naturelles
reprennent à la
lettre les textes bibliques et la
génération
spontanée est pour lui une évidence
tant la puissance du souffle divin
emplit le monde. Et je m'arrête ici
pour ne pas l'accabler... Mais il
parait qu'à cette époque,
la notion de vérité n'était
pas aussi rigoureusement scientifique
qu'elle nous est imposée aujourd'hui
et que si on arrivait à produire une
théorie
particulièrement esthétique,
elle pouvait être considérée
comme vraie rien qu'à cause de sa beauté,
car elle reflétait ainsi la beauté du
monde telle qu'il avait été conçu
par Dieu. Quelle belle idée !
Cela
dit, vous pourrez en apprendre
bien plus sur le personnage en lisant
une biographie, sans doute légèrement
romancée, parue il y a quelques années
sous le titre « Là où les
tigres sont chez eux » de Jean-Marie
Blas de Roblès qui obtint le prix
Médicis
pour son travail.
Un personnage
fascinant qu'il est passionnant
de découvrir
un peu plus en profondeur.
>[Ataxerxes Kärcher]
|
| |
|
|
| 10/1/12 |
Site |
Imprimerie Nationale |
|
 |
[Imprimerie Nationale] Et l'année
commence bien avec un autre site déniché par
un de nos informateurs toujours à l’affût
des perles cachées du web. Il s'agit cette
fois d'un recoin
peu connu du site de l'Imprimerie Nationale où elle dévoile
dans « les
voyages temporels » les différents
lieux où elle a œuvré et une
foule de documents sur son histoire depuis
sa création en 1538. Dans « la
création typographique », elle
expose les différents domaines dans lesquels
elle pratique la création de caractères,
depuis la carte d'identité jusqu'aux ouvrages
de bibliophilie en passant par le Brive,
caractère
institutionnel de la ville éponyme. Enfin,
cerise sur le gâteau, perle des perles,
merveille des merveilles, elle montre
dans les « maîtres
d'art » tous les métiers qui
se côtoient autour de la conception, de
la fabrication et de l'édition de ces ouvrages
magnifiques que nous proposent « l'atelier
du livre d'art et de l'estampe ».
Certains
retrouveront au détour des vidéos
quelques amis de l'IN comme Nelly Gable
que l'on voit graver un
poinçon
d'euro et le porter au fondeur de caractères
ou Frank Jalleau qui apparaît dès
qu'il s'agit d'évoquer la création
de caractères, domaine d'excellence de
l'Imprimerie Nationale. Il est particulièrement
heureux que l'on puisse ainsi montrer
au grand public
ce qui se cache derrière les murs parfois épais
(métaphoriquement) de cette vénérable
institution et comment on perpétue une
tradition de l’excellence de la pratique
de métiers pour la plupart vieux de plus
de cinq siècles, tout en mariant ce lourd
passé avec une modernité radicale
quand il s’agit de concevoir les futurs
documents administratifs comme les
cartes d’identité ou
les passeports.
Ne manquez pas également
de passer par le site
complet de l'IN, vous
y découvrirez
toutes les facettes de l'institution,
comme les Maîtres d'Art distingués
en son sein et si vous avez la chance de passer à New
York, ne manquez pas l'exposition
au Grolier Club qui doit être de toute beauté,
si on en croit les photos qui nous sont données à voir.
Enfin, Noël est déjà passé mais
pour les plus fortunés de nos lecteurs,
flânez un peu dans la boutique de l'atelier
du livre d'art, si vous aimez les belles éditions
(et que vous en avez les moyens !),
vous ne pourrez pas rester insensible aux charmes
des livres d'artistes
qui vous sont proposés !
>[David Eaux]
|
| |
|
|
| 7/1/12 |
New! |
Le BdG sur Twitter |
|
 |
[Le BdG sur Twitter] En
ce début d'année 2012, quinzième
depuis la naissance de Graphos, une importante
concession à la modernité est en
passe d'être faite par le BdG, concession
qui vous permettra de suivre de façon encore
plus directe toute l'actualité calli-,
typo- et tout simplement -graphique du
monde merveilleux de l'écriture dans tous
ses états
: nous venons d'ouvrir un fil Twitter !
Ce « réseau
social »,
comme on dit maintenant, vous permet
gratuitement de créer votre propre compte,
si vous n'en avez pas encore, de vous
abonner aux flux d'information
qui vous intéressent et de recevoir dans
la minute toute nouvelle information
qui y est postée. Bien entendu, vous
pouvez, vous aussi, poster vos nouvelles ou
re-poster
celles
qui vous plaisent aux gens qui sont
abonnés à votre
flux. Seule contrainte, mais elle est
de taille, le message doit faire moins
de 140 caractères… ce
qui oblige à une certaine concision,
et à pas
mal de trouvailles graphiques et informatiques !
Vous
me direz que certains utilisent ce
genre de moyen de communication
pour signaler à toute
heure du jour et de la nuit ce qui
leur arrive, depuis le menu de leur repas ou
l'état
des embouteillages sur leur trajet
jusqu'à la
fin de leur rouleau de papier toilette
! Rien de tel sur le fil du BdG, nous
ne vous enverrons
que des nouvelles fraîches et intéressantes,
dont certaines seront reprises dans
des articles futurs… ou pas.
Alors abonnez-vous
au fil « BlogDeGraphos » et étonnez
vos proches en sachant tout (et même plus)
avant tout le monde sur le monde merveilleux
de l'écriture !
>[Madmacs]
PS : n'étant pas
forcément toujours
en face de mon écran connecté à Twitter,
le rythme des « twits » ne
dépassera sans doute pas un ou deux
par jour
au maximum… Pas d'avalanches à craindre
avec le BdG.
PPS : nos fils RSS habituels continueront
bien entendu à vous avertir des nouveaux
articles de cette colonne.
PPPS : et si vous tombez
sur des nouvelles particulièrement
passionnantes qui pourraient être
partagées avec les lecteurs du
BdG, n'hésitez
pas à nous les faire parvenir !
|
|
|
|
| 3/1/12 |
Site |
Maitres d'art |
|
 |
[Maitres d'art] Un
ami typographe (si, si, un vrai !) me
signale un excellent
site sur lequel on peut admirer
les
travaux des meilleurs artisans d'art...
dont bien évidemment
une série de personnages excellant dans
la pratique des métiers du livre. Ce site
regroupe les titulaires d'un diplôme de « Maitre
d'art » qui est décerné par
le Ministère de la Culture au gratin des
artistes de chaque domaine.
On découvre
ainsi la myriade de métiers
artisanaux dont, je dois avouer humblement,
la plupart m'étaient totalement inconnus.
Car qui connait encore aujourd'hui
le métier
d'évantailliste, de plumassière,
de plisseur, d'écailliste ou même
d'ornemaniste ? Même mon correcteur orthographique
en fait une crise cardiaque ! Pour tout
savoir sur chacun de ces "maitres d'art",
une petite présentation est faite de
leur métier,
souvent une galerie photo de leurs
réalisations
vous est proposée et de temps en temps
on trouve même une vidéo montrant
l'homme au travail et expliquant par
le menu en quoi ce qu'il produit est
hors du commun.
Régalez-vous de la vidéo
de François
Da Ros, typographe, de celle d'Yves
Benoit, gaufreur, imprimeur et façonneur
de velours ou de celle de René Taze,
taille doucier et graveur d'art,
qui parlent tous avec enthousiasme
de la pratique quotidienne de leur art
au plus haut niveau.
Et si vous vous sentez
attiré par l'un
d'eux, il est toujours possible d'entrer
en contact avec eux pour leur demander de
devenir leur élève,
bien qu'à mon avis, cela demande une
motivation de fer et une volonté d'acier
pour tenter de parvenir à leur niveau.
>[Aimé Treudard]
|
|
|
|
| 1/1/12 |
2012 |
Bonne année |
|
 |
[Bonne année] Et
nous voici au début d’une nouvelle
année graphosienne et néanmoins
bloggesque, la quinzième pour ce qui est
de Graphos et la septième pour ce qui est
du Blog de Graphos. Sept ans, c’est l’âge
de raison dit-on, à tort pour le BdG j’espère !
Et
cette année, ce sera la fête pour
les graphosiens avec un programme tout
en réjouissances
et en événements exceptionnels concoctés
par notre maître à tous, des stages
hauts en couleur et en gastronomie, mais
aussi des visites en des lieux magiques
et des invités
talentueux qui nous transmettront dans
une ambiance amicale leur vision personnelle
de la lettre.
Bref, faisons la fête avant la fin du monde
!
Toute l’équipe se joint à moi
pour vous souhaiter une bonne année avec
son content de découvertes calligraphiques,
d’émerveillements typographiques
et de magnificence de la lettre dans
tous ses états
qu’elle soit tracée à la plume,
au calame ou au pinceau, peinte sur les
vitrines ou à la bombe, imprimée
au plomb, au laser ou à la patate, gravée
sur bois, sur pierre ou dans du polystyrène,
ou même impalpable faite de tracés
de lumière ou de pixels immatériels.
>[BdG]
|
|
|
|
Décembre
|
| 28/12/11 |
Book |
François Boltana |
|
 |
[François Boltana] Je
vous avais parlé il y a quelque temps d'un
livre paru aux Ateliers Perrousseaux
sous la plume de Franck Adebiaye et Suzanne Cardinal
et portant
le titre « François Boltana
et la naissance de la typographie numérique ».
J'ai enfin pris le temps de le parcourir,
et bien que Noël soit déjà passé,
je ne peux que vous le conseiller comme
cadeau (vraisemblablement de vous-même à vous-même
si vous lisez ces lignes).
François Boltana est un personnage qui n'a pas laissé une
grande réputation
dans le monde de la typographie, il
est mort assez jeune et n'a sans doute pas eu
le temps
de donner
la pleine mesure de sa créativité.
Mais comme cela faisait longtemps que
Thierry Garnier nous en parlait en
tant que son maître
en calligraphie, il était bien normal
de se renseigner sur le personnage. Il est
d'une génération intermédiaire,
plus jeune que les grands anciens (Zapf & co)
mais plus ancien que la nouvelle génération
de la calligraphie, il navigue entre
deux âges
et s'est trouvé à une époque
charnière sur bien des plans, que ce
soit dans le renouveau typographique français
ou dans celui de toutes les formes
d'écriture
dans les années 70-80, c'est-à-dire
la transition au tout numérique.
Formé au
tout début du Scriptorium
de Toulouse, dont ce livre retrace
les étapes
de la création, fort peu connue de
tout un chacun et donc de moi en particulier,
il a basé bon nombre de ses créations
typographiques sur une base calligraphique
comme le célébrissime établissement
toulousain l'enseignait. Le livre
nous montre d'ailleurs quelques-unes de ses
réalisations
calligraphiques et je pense qu'elle
font pâmer
d'admiration bien des calligraphes,
et moi en premier. Il a surtout été connu
pour la création de quelques polices
typographiques célèbres (Stilla
et surtout Champion) mais on retrouve
dans la plupart de ses créations
bien des traces d'inspiration illustres,
depuis la capitale romaine de l'empire
jusqu'à des
anglaises calligraphiées qui
conservent toujours cette souplesse de trait
et
cette légèreté des
formes que seule les caractères basés
sur la calligraphie peuvent créer.
Comme
bien des précurseurs, il a « essuyé les
plâtres » au niveau de
la technique typographie, depuis l'éphémère
photocomposition jusqu'aux premiers
formats de police numériques sur
Macintosh. Il a même
créé son chef d’œuvre,
le sublime Champion, une anglaise
subtile possédant
de nombreuses variantes avec diverses
formes de paraphes dans un format
de police aujourd'hui
obsolète ce qui nous empêche
d'en profiter sur nos modernes
traitements de textes,
et c'est bien dommage. S'il avait
connu l'opentype, que n'aurait-il
pas fait !
Il nous reste ce livre comme
témoignage
du remarquable talent de François
Boltana pour le dessin de caractère,
tant calligraphique que typographie
et de ci, de là, dans notre
quotidien typographique, quelques
traces de son passage (l'enseigne
de ma crêperie préférée
est en Stilla, une de ses créations).
Bref,
même si Noël est passé,
il ne vous reste plus qu'à vous
l'offrir sous un prétexte quelconque,
l'Epiphanie ou le nouvel an chinois, vous
pourrez ainsi découvrir
ou redécouvrir ce personnage à la
trajectoire hors du commun, Meilleur
Ouvrier de France en typographie, et dont
les travaux ne
pourront que vous inspirer !
>[Prosper Messager]
|
|
|
|
| 24/12/11 |
^ |
Nouvelles de l'espace |
|
 |
[Nouvelles de l'espace] Serait-ce
la proximité de Noël et la concurrence
délibérée avec le vieux barbu
et ses quatre rennes ou bien l'arrivée
de 2012, le changement de cycle des
Mayas et l'apocalypse prédite à cette
date, toujours est-il que les échanges
entre la terre et le ciel (enfin disons
l'orbite terrestre)
se sont intensifiés ces derniers temps.
Tout
d'abord le lancement
réussi du dernier-né des
satellites d'observation de la Terre,
le très
attendu Pléiades, qui permettra de nous
regarder depuis le ciel avec une précision
parfaite et une souplesse inégalée.
Prenez le temps de regarder les
images réalisées à l'occasion
de son lancement par une fusée Soyouz
depuis la Guyane française. Un satellite
semi-militaire français lancé par
une fusée
russe, la guerre froide semble bien
terminée...
Ensuite nos amis chinois ont également
démarré leur programme concurrent
au GPS par le lancement d'un premier
satellite Beidou.
Après le GPS américain,
le Glonass russe et le Galileo européen,
un nouvel arrivant dans la course
au positionnement global. Franchement,
on n'aurait
pas pu se mettre
un peu d'accord et utiliser ces montagnes
d'euros, de dollars, de roubles et
de yuans pour améliorer
le sort du reste de l'humanité ?
Mais,
contrairement aux préceptes chrétiens,
le ciel n'est pas la destination
finale de tous ces amas de haute
technologie, et tout ce qui
monte au ciel en redescend forcément
au bout d'un moment, Isaac Newton
nous l'a amplement
démontré. Et donc nous avons
au choix un
satellite russe Meridian dont
le lancement
s'est mal terminé et qui est retombé quelques
jours plus tard en Sibérie, manque
de chance, trouant le toit d'une
maison située...
rue des Cosmonautes (cela ne s'invente
pas !). Il y a aussi une étrange
boule retombée
en Namibie dont on se demande encore
de quel engin elle est le résidu.
Et il y a enfin la sonde Phobos-Grunt dont
on est actuellement sans
nouvelles sinon qu'étant donnée
l'orbite où elle
a été placée, elle
ne va pas tarder à nous retomber
sur la figure !
Bref, si le soir
de Noël vous entendez
du bruit sur le toit, ne courrez
pas vous précipiter
dans les bras de ce que vous croyez être
le Père Noël mais cachez-vous
plutôt
dans l'abri que vous avez préparé pour
la fin du monde de décembre prochain
!
Toute l'équipe de Graphos vous souhaite
un joyeux Noël, profitez-en bien,
c'est peut-être le dernier ?
>[BdG]
|
|
|
|
| 20/12/11 |
Lost |
Institut d'Égypte |
|
 |
[Institut d'Égypte] Je
viens d'apprendre avec désolation l'incendie
de l'Institut d'Égypte au Caire. Fondé par
Napoléon pour permettre les recherches
sur la civilisation égyptienne, ses archives
renfermaient nombre de documents, livres
et cartes absolument uniques dont la disparition
laisse
un vide que bien souvent aucune autre
bibliothèque
ne pourra combler. Cet événement,
bien qu'aisément explicable étant
donné les événements actuels,
vient s'ajouter à une liste, malheureusement
fort longue, de diverses déprédation
ou disparition du patrimoine de l'humanité lors
des troubles, révolutions ou guerres qui
ensanglantent régulièrement les
pays de la région, depuis le pillage de
la plupart des musées archéologiques
lors de la guerre d'Irak, les nombreux
vols d'objets anciens commis au Musée Archéologique
du Caire ou la destruction à coup d'obus
des bouddhas
géants de Bamiyan par
les talibans afghans. Dans la plupart
des cas, les déprédations ont eu
lieu en toute conscience des pouvoirs
publics des pays,
au mieux avec leur
assentiment muet,
au pire de leur
propre volonté.
Alors que
faire ? L'homme est ainsi fait qu'il
reste dans une partie du monde d'une
irresponsabilité affligeante
et je ne pense pas qu'il soit possible
de lui insuffler la nécessité du
respect de ces témoignages uniques quand
il brandit une kalashnikov et hurle
des slogans vengeurs
souhaitant la mort (ou pire) à la moitié du
genre humain.
Faire comme le Royaume
Uni en son temps, c'est-à-dire ramener
les trésors égyptiens
au British Museum et surtout, surtout
ne pas les rendre quand le pays enfin
modernisé en
fait la demande ? Ou comme l'Allemagne
dont le Pergamon Museum à Berlin a
pu sauvegarder des dizaines de milliers de
tablettes
sumériennes
irremplaçables qui seraient aujourd'hui
détruites ou pillées avec celles
qui sont restées sur place ?
Pour les
documents, il est encore possible à tout
le moins de les numériser et d'en
garder une copie à l'abri au cas
où les
originaux se trouveraient détruits,
mais comment faire pour les bouddhas
de Bamiyan dont
certains mesurent plus de cinquante
mètre
de haut ? Réhabiliter le colonialisme
culturel et piller systématiquement
les patrimoines nationaux des pays
instables pour les ramener
chez nous ?
Je ne pense pas qu'il
y ait une réponse
unique et indiscutable à ce problème,
mais je crois que plutôt que de
numériser
les fonds de la BnF qui restent
de toute façon
bien au chaud dans les réserves,
peut-être
serait-il judicieux d'utiliser
un peu de ces budgets pour aller
numériser
les fonds les plus en danger
de par le monde. Il sera toujours
temps plus tard d'aller rouvrir les
portes
des réserves
de Tolbiac pour mettre à la disposition
des internautes tel ou tel volume
rare.
En tout cas, pour les documents de
l'Institut d'Égypte, il est trop
tard.
>[Papa Trimoine]
|
|
|
|
| 16/12/11 |
Expo |
Tout le monde connait… |
|
 |
[Tout le monde connait Roger Excoffon] Oulamondieu,
je me rends compte que le temps passe
et que je ne vous ai toujours pas alerté sur
l'ouverture depuis le premier décembre
de l'exposition « Tout
le monde connait Roger Excoffon » au
Musée de l'Imprimerie à Lyon ! Eh
oui, maintenant que vous avez lu et relu
les deux livres (cadeaux
de Noël ?) qui ont été consacrés
cette année à ce remarquable créateur
de caractères qu'est Roger
Excoffon, il
est temps d'aller voir « en live » (comme
on dit maintenant) ses réalisations. Bon,
ce ne sera pas une première car comme l'indique
très explicitement le titre de l'exposition,
tout le monde connaît Roger Excoffon. Tout
le monde a vu de ci de là, à la
campagne ou à la ville, ses caractères
Banco ou
Antique
Olive sans forcément avoir attribué à cet
ancien Chancelier des Rencontres de Lure
les nombreux caractères qui peuplent encore
le quotidien graphique de tout un chacun.
Car la postérité de
ses créations est assurée très
largement même cinquante ans après
leur introduction par la perfection technique
avec laquelle il a œuvré. Le Mistral est
un exemple de scripte typographique qui
à mon avis n'a jamais été dépassé ni
même égalé dans la typographie
moderne. Il faut se rappeler en effet
que tous ces caractères ont été prévus
pour une technique d'impression au plomb
et que les réglages de l'interlettrage
se font de lettre à lettre et non pas comme
dans nos plus modernes fontes numériques
par des paires de crénage et autres astuces
« opentypistes. »
Bref, profitez du départ
de vos enfants chez leurs grands parents et de
votre époux
(épouse) chez votre belle-mère pour
vous faire une petite escapade lyonnaise
et aller voir non seulement cette exposition tant
attendue
mais aussi reparcourir avec délices la
collection permanente de ce magnifique
musée.
Pour ma part ce sera en janvier et je vous en
rendrai compte par le menu dans cette
colonne, promis !
>[Artémis Tralle]
|
|
|
|
| 12/12/11 |
Livre |
Bonsaï et calligraphie |
|
 |
[Bonsaï et calligraphie] Vous
avez peut-être appris récemment la
sortie tant attendue du livre de notre
callidentiste graphosien « Bonsaï et
calligraphie » aux éditions
Arqa. Si j'ai mis tant de temps à vous
en parler c'est que je voulais absolument
l'avoir lu de bout en bout avant. Seulement, comme
je
m'en suis vite rendu compte dès la lecture
des premières pages, ce n'est pas un livre
qui se dévore en deux heures à l'instar
de nombreuses productions de la rentrée
littéraire du genre « easy reading ».
Non, ce livre, c'est du lourd et du profond.
Pas le genre à vous sortir de la tête
dès refermée la dernière
page. Si on veut en apprécier toute la
substantifique moelle, il faut le déguster,
le savourer, mot par mot, phrase par
phrase.
Et ce que Michel Fornasero nous expose
dans son livre, ce sont les deux visions
qu'il a de l'art de la calligraphie et
de l'art du bonsaï ainsi
que, et c'est là que cela devient encore
plus passionnant, les multiples correspondances,
passerelles et coïncidences qui existent
entre ces deux disciplines aussi exigentes
l'une que l'autre. Car seul Michel
aurait pu écrire
ce livre tant il faut être expert en ces
deux domaines, les avoir pratiqué pendant
de longues années, s'en être imprégné au
point d'atteindre l'excellence en chacun
d'eux pour en avoir intégré toutes
les subtilités au point de pouvoir les
fusionner au sein d'une même recherche
artistique. Et c'est à travers une prose
pleine de subtilité, de sensibilité et
de profondeur qu'il nous expose le
fruit de ses recherches. Ces pages
sont aérées
de quelques haïkus de sa composition et
d'une remarquable iconographie qui
font mieux comprendre,
qui par
la sensibilité poétique, qui par
l'esthétique visuelle, tout ce qu'il
est parfois difficile d'exprimer par
les mots.
Ne vous attendez pas à ce que je
vous parle du contenu de ce texte,
je ne pourrais qu'en produire
en quelques lignes qu'un bien pâle caricature.
Si vous voulez apprendre, parcourez
vous aussi ce chemin.
Noël approche et
vous aurez peut-être
quelques jours de vacances tranquilles
pour vous plonger dans cet ouvrage,
car c'est comme cela
qu'il faut le lire, par petites
bouchées, en plongée
profonde, pour en retirer vraiment
tout ce
qu'il peut offrir.
Surtout si vous
pensez qu'un bonsaïka n'est
qu'un « tortionnaire de nains. »
>[Casoellius]
|
|
|
|
| 8/12/11 |
g |
Isaac Newton en ligne |
|
 |
[Isaac Newton en ligne] Les
anciens dont je suis ne peuvent pas manquer
de connaître Isaac Newton. Non que le « niveau » que
l'on nous dit éternellement « en
baisse » de nos études secondaires
ait été plus élevé à ce
sujet que celui d'aujourd'hui, non, si
nous connaissons tous Isaac Newton à partir
d'un certain âge
c'est à cause de la Rubrique
à Brac de Marcel Gotlib ! Eh oui, Isaac Newton est
une source perpétuelle de gags à base
de gravitation pomologique comme le bip-bip
et le coyote sont une perpétuelle source
de gags gravitationnels et explosifs.
Rendons ainsi
grâce à l'art décrié (à l'époque)
de la bande dessinée pour nous avoir
fait toucher du doigt l'histoire de
la science à l'aube
du XVIIIe siècle. Mais si Newton est
surtout connu pour sa pomme (à propos,
il semblerait que l'anecdote soit hautement
fantaisiste)
et pour la théorie de la gravitation
(comme quoi deux corps s'attirent en
raison de la masse de chacun d'eux
et en raison inverse du carré de
la distance qui les sépare, ce qui explique
la sexualité exacerbée des éléphants
de mer, est-il besoin de la rappeler
?), ce cher Isaac était aussi un alchimiste
bien loin de la mathématisation du réel
qu'il prône dans la plupart de ces ouvrages.
Eh oui, bien loin d'être le matérialiste
que nos professeurs de physique nous
laissaient imaginer, il a tenté sans
grand succès
de faire coïncider ses connaissances scientifiques
en physique, mécanique, optique et mathématique
avec les lois de l'alchimie et de la
théologie
qui, ma foi, s'y soumettaient assez
mal. Il fût,
au dire des spécialistes, un grand alchimiste
même si sa manie du secret nous empêche
encore aujourd'hui d'en connaitre la
plupart des achèvements.
Mais tout ceci
est en train de changer car la bibliothèque
de Cambridge se propose de mettre
en ligne une
version numérisée
de la plupart de ses carnets de notes
ainsi que de son exemplaire personnel
des Pricipiae Mathematicae,
l'ouvrage dans lequel il décrit ses
découvertes
scientifiques. Bien entendu, le premier
lot mis à la
disposition de la voracité des internautes
intéressés par le sujet relève
plutôt de ses études « sages »,
c'est-à-dire optique, physique et mathématique.
Mais j'espère qu'ils ne s'en tiendront
pas là et que bientôt viendront
les rejoindre ses carnets beaucoup
plus sulfureux où il décrit,
dit-on, ses essais de transmutations
diverses et ses approches
du grand œuvre. Comme ces carnets sont
en version originale sans traduction,
il vous faudra potasser
l'anglais mais aussi le latin et
le grec. Mais la connaissance de
l'intime de celui
qui fût
un des plus grands esprits de tous
les temps est à ce
prix.
>[Aristidès Othon Frédéric
Wilfrid]
|
|
|
|
| 4/12/11 |
& glou… |
Banquet Graphos 2011 |
|
 |
[Banquet Graphos 2011] Nous
avons vécu dimanche dernier un très
beau stage de fin d'année, comme seule
la convivialité de Graphos peut en produire.
Henri Mérou nous avait fait l'honneur de
venir nous rejoindre avec non seulement
son humour à nul autre pareil mais aussi
avec moulte documentation, depuis une
ribambelle de livres de modèles
de peintre en lettres jusqu'à ses fameuses
enveloppes aller-retour qui ont une fois
de plus déchaîné des
fou-rires dans l'assistance.
Sur le thème
du mail art, nous avons envoyé à un
hôtel à Saint Valery en Caux une
série de lettres à remettre à une
date donnée à l'occupant anonyme
d'une chambre donnée. En dehors de l’enveloppe
magnifiquement calligraphiée et décorée
(je ne vous dis pas le niveau du graphosien
moyen en mail-art !), le courrier contient
un poème
de Baudelaire et une invitation pour
le susmentionné anonyme
destinataire à répondre à son
correspondant d'un jour. Gageons que
le tout suscitera suffisamment de curiosité pour
que le nombre de réponses
soit au rendez-vous.
Pour le traditionnel
banquet de midi, nous nous sommes
retrouvés
treize à table, ça
devient une habitude. Autre habitude,
les mets furent totalement délicieux
et les boissons abondantes mais choisies,
tout en restant dans
une consommation tout à fait modérée
comme le bon goût graphosien en est
le garant. Au cours du repas, Thierry,
notre maître à tous,
nous a présenté le
nouveau livre de Michel Formasero, notre
calli-dentiste-bonsaika, « Bonsai
et calligraphie » paru aux éditions
Arqa et tout frais sorti des presses.
L'auteur eut même la gentillesse de
nous faire la lecture d'un passage
de son texte,
déclenchant
une salve d'applaudissement nourris.
Dès
que j'aurai lu cet ouvrage qui s'annonce
passionnant, je vous en ferai le
compte rendu. Au vu de la profondeur
de pensée
et de la poésie
du texte, ne vous attendez cependant
pas à ce
que ce soit dans les prochains jours !
Bref, encore une excellente année
graphosienne qui se termine et
qui nous prépare à la
suivante, dont le programme nous
a été révélé à l'occasion.
Et il sera festif le programme
2012, avec l'invitation de Laurent Rébéna,
la visite de la fondation Louis
Jou aux Baux de Provence, le
stage de bâtarde flamande en la mythique
Chancellerie de Lurs, et d'autres
festivités
qui nous réserveront sans doute d'inoubliables
moments. Et oui, deux mille douze
sera l'année
des quinze ans de Graphos et aussi
des soixante ans des Rencontres
de Lure, c'est-à-dire
si le champagne va couler à flot !
C'est toujours ça de pris avant
la fin du monde en décembre prochain ?
>[BdG]
|
|
|
|
Novembre
|
| 27/11/11 |
Lire |
Eric Gill |
|
 |
[Eric Gill] Les éditions
Ypsilon semblent avoir la bonne idée de vouloir
se faire une spécialité de
la traduction et réédition de textes
fondateurs de la typographie dont la
plupart sont devenus totalement introuvables
avec les années
qui passent. Après le
livre de Gerrit Noordzij dont nous vous avions parlé ici, voici
qu'ils nous proposent le célèbre « Un
essai sur la typographie » d'Eric Gill.
Car en effet, seuls les anglophones avaient
pu jusqu'à ce jour profiter des enseignements
de ce grand ancien en faisant venir à grand
frais ce livre en anglais depuis les
lointaines librairies soit d'outre-Manche
soit même
d'outre-Atlantique.
Car bien que datant
des années 1930, ce
texte est tout simplement passionnant.
Eric Gill y résume sa conception de la
typographie et de la création de caractères
avec moultes illustrations, depuis
la forme du squelette des caractères
jusqu'aux diverses formes de composition
du texte et de
la page.
Certes, ce texte a près d'un siècle
mais il n'a rien perdu de sa pertinence,
même
si la forme technique de la création
de caractère a radicalement changé entre
le plomb de l'époque et la dématérialisation
des fontes actuelles. Mais loin d'être
un manuel purement technique ou esthétique,
l'auteur nous expose ici son mode de
pensée
sur les bouleversements qui traversaient
son époque,
sur l'irruption de l'industrialisation
dans le monde typographique et la disparition
de l’artisanat,
sur l'uniformisation des solutions
par rapport à la
diversité des problèmes ou sur
les nécessités de conserver le
facteur humain dans un monde de machines,
bref, toute un ensemble de considérations
encore largement d'actualité dans notre
XXIe siècle
informatisé. Bref, un petit ouvrage à lire
et à relire sans aucune modération.
Le
seul bémol qui a terni la joie de relire
ce texte, c'est la fabrication du
livre. Cela fait plusieurs fois que
je trouve des livres
de petit
format (celui-ci fait 11 cm sur 17
cm environ) qui sont imprimés sur du
beau papier plutôt
fort et donc rigide, au dos carré largement
encollé, ouvrages pour lesquels l'effort à faire
pour ouvrir les pages sans casser
le dos est proprement herculéen (bon,
je suis dans la région
de Marseille alors je vous avoue
que j'exagère
un petit peu...). Et l'exercice intense
de musculation que fait la main qui
tient le livre et les doigts
qui écartent les deux pages en vis-à-vis
est tel qu'au bout d'une petite demi-heure
de lecture, j'ai des crampes dans
la main qui me
forcent soit à lire à deux mains,
soit à fermer le livre et à me
rabattre sur une émission de divertissement
télévisuel
(horresco referens). Mais non, c'est
une blague, en fait je n'ai pas
la télé (au
grand dam de mes enfants). Et donc
je me rabats plutot sur un bon
vieux volume de la Pléiade qui pour
le même format mais le quintuple du
prix, offre un confort de lecture
absolument divin.
Pensez-y
donc, amis éditeurs, faites de plus
grands formats moins épais ou utilisez
du papier moins rigide, si vous ne
voulez pas
que vos lecteurs se retrouvent avec
des mains dignes des battoirs
de nos grand-mère lavandières.
>[Arnold Grossehaende]
|
|
|
|
| 23/11/11 |
Jeu |
Shape me |
|
 |
[Shape me] Maintenant
que vous avez réussi plus de 95/100 au
petit jeu
de réglage des approches que
je vous ai proposé il y a quelques jours,
je vous suggère de continuer l’éducation
de votre œil calli-typo-graphique par un
autre exercice réalisé de façon
tout aussi magistrale par le même développeur
et qui porte cette fois-ci sur la forme
des lettres. « Quoi,
allez-vous me rétorquer, sachez, môssieur,
qu’en calligraphie la forme des lettres
s’obtient par l‘angle immuable du
bec carré de la plume et non pas à volonté comme
cela est possible en typographie ! » Certes,
vous répondrai-je mais qu’en est-il
de l’anglaise (que les graphosiens ont étudié dimanche
dernier) tracée à la plume pointue et
dont l'épaisseur du trait est entièrement
déterminée par la pression qu'exerce
la main du scribe ? Et, poursuivrai-je, ne
vous arrive-t-il pas de « twister » légèrement
votre automatic pen pour amincir un trait
? Ou d’appuyer un peu plus sur votre Braüse
pour mettre du poids là où vous
le désirez dans tel ou tel tracé ?
Donc, pas d’excuses foireuses, et au boulot !
Il
s’agit cette
fois de régler les
courbes englobantes d’un caractère
en tirant plus ou moins sur les ronds
bleus. Attention, parfois, il n’y a qu’une
seule tangente mais parfois il y en
a deux, et on peut régler à la
fois leur « tension » et
leur angle. Prenez votre temps, le
défi est à mon
avis bien plus difficile que celui
des approches, puisqu’il faut avoir beaucoup
d’intuition
pour retrouver ce que chaque créateur
a voulu mettre dans son caractère sans
voir le reste de l’alphabet. Mais, comme
la dernière
fois, votre œil en sortira beaucoup plus
agile dans le placement ou l’équilibrage
des pleins et des déliés.
Bonne
chance à tous !
>[Gaétan Gente]
|
|
|
|
| 20/11/11 |
Hax |
Goncourt |
|
 |
[Goncourt] L'automne
littéraire me fait toujours penser à un
carnaval où chacun joue un rôle bien
au point, ce qui permet aux médias de s'en
donner à cœur joie dans les plus vils
potins mais aussi et surtout de créer du
sensationnel là où encore une fois,
il n'y a que de l'habituel : chaque automne
c'est la rentrée littéraire. Je
ne vous parlerai pas de telle ou telle
petite phrase assassine
en mode sniper, sur tel ou tel livre,
ni de tel ou tel élément sulfureux
apparu à point
nommé dans les quelques jours qui précèdent
l'attribution des prix littéraires les
plus renommés. Non, je voudrais juste évoquer
quelques éléments glanés
ici et là dans la presse au sujet du prix
Goncourt de cette année.
On nous serine, « quelle
performance, les x milliers d'exemplaire
du Goncourt ont été imprimés
en une nuit ! » Euh, vous nous
prenez pour des caves ? Huit jours
avant l'attribution du prix, quasiment
tout le monde
s'accordait à donner
comme favori Alexis Jenni et son « Art
français de la guerre », donc
si vous n'avez pas anticipé, messieurs
de chez Gallimard, je vous encourage à lire
un peu plus les journaux ! Et l'argument
de qualité du livre était complémenté par
le fait que nous fêtons les cent ans de
la maison et qu'il était imaginable que
de donner le Goncourt à un livre de chez
eux pouvait constituer un hommage à cette
prestigieuse maison d'édition. Non, je
ne crois franchement pas à la « performance
extraordinaire ».
Par
contre, cette histoire est un parfait
alibi pour une drastique réduction de coûts,
car le texte imprimé du dit Goncourt
est semble-t-il pourvu d'un nombre respectable
de coquilles et autres photes
d'aurtografe qui en ternissent la
splendeur, preuve que même pour le livre
le plus vendu de l’année, on rechigne à payer
un correcteur d’épreuves pour
qu’il
extirpe les dernières imperfections
d'un texte par ailleurs de grande
qualité. Heureusement, la communauté hacker
a immédiatement pris les choses en
main et a
produit (gratuitement !) une version
pirate de l'eBook en question dans
lequel toutes
les
fautes sont corrigées ! L’histoire
ne dit pas si les hackers sont de
bons correcteurs, s’ils ont aussi piraté un
logiciel de correction ou si des
correcteurs professionnels
se retrouvent le soir devant leur écran
pour exercer leur activité professionnelle
en sous-marin.
Eh oui, malgré ses cent
ans ce n'est pas de la maison Gallimard que
sortira cette année
la meilleure édition du Goncourt mais
bien de la mule, de bittorrent et des autres
darknets
en p2p ! Guy
Fawkes aurait été content…
>[Madmacs]
PS : que tout ceci ne vous empeche pas de
lire ce livre, avec ou sans les fautes,
de toutes part affluent les louanges
et nombre de critiques avisés assurent
qu'il s'agit d'un très bon cru. Au contraire
du beaujolais nouveau…
|
|
|
|
| 17/11/11 |
Web |
Oui mais non… |
|
 |
[Oui mais non…] Le
Comic Sans MS, est non seulement la typo la
plus détestée
du Web, mais encore faut-il le dire - à juste
raison… Notre confrère Basile Lisible
en faisait un compte-rendu tout graphosien,
le 26 octobre 2010, sur le BdG (>voir archives – « Beurk
illisible ? »). Un de nos amis,
des plus anciens et des plus compétents,
en matières d’arts graphiques, nous
faisait passer hier, un lien internet
pour la promotion (?) de ce magnifique
alphabet, le « Comic »,
conçu
et réalisé comme nul ne l’ignore
par Vincent Connare. Ma souris n’ayant fait
qu’un tour, un projet, (voir ci-joint, colonne
de gauche - by Teg ©), fut immédiatement
réalisé selon les critères
du concours et ce : « afin de
rendre une affiche jolie même avec une police
Comic Sans MS » – Voir sur le
site.
Bonne chance donc à tous les amis lecteurs
du BdG, qui décideraient, eux aussi,
d’envoyer
une de leur production graphique réalisée
en Comic Sans. (Un challenge à la portée
des plus chtarbés, évidemment).
Pace Salute.
>[Omer Simpson]
PS // Selon la formule
consacrée, « à l’heure
où nous mettons sous presse »,
nous n’avons pas encore reçu
de retour-mail, du Webmaster dudit site
( ?), pour savoir
si notre participation a bien été retenue, … afin
de pouvoir orner la galerie de
présentation ?
PPS // (Je pousse
cependant un petit billet pour
parier que le doc. réalisé ne
verra pas le jour, sur le site
en question… ?).
|
|
|
|
| 14/11/11 |
Jeu |
Kern me |
|
 |
[Kern me] La calligraphie
tout comme la typographie ne peut parvenir à la
perfection que par une longue et constante éducation
de l'œil. Tout apprentissage de ces arts
passe donc par l'observation des travaux
des maîtres afin d'en tirer la substantifique
moelle et d'arriver enfin à apprécier
une courbe bien tendue, des proportions équilibrées
et un squelette de la lettre en tout
point conforme aux canons de la beauté calli-
ou typo-graphique.
Mais l'observation est une
chose et la mise en pratique en est
une autre. A moins
de passer de longues heures à déplacer
des lettres découpées aux ciseaux
et de les scotcher en position puis
de les fixer au mur, de reculer de
trois mètres
et d'en analyser les approches, il
est difficile d'apprécier son propre
degré d'expérience
en cet art éminemment subjectif et
totalement rétif à une quelconque
mise en équation.
Heureusement, un bienfaiteur
de l'humanité a
pris le temps de proposer à tous
les internautes intéressés,
et gageons qu'ils seront nombreux, un
petit jeu très bien fait qui permettra à tout
un chacun de tester son sens des
approches. Eh oui, les jeux en
Flash ne servent pas qu'à distraire
les pré-adolescents en manque de
violence virtuelle sur les avions,
les chars d'assaut, les animaux
ou même
quelques-uns de leurs frères humains.
Ils permettent aussi de faire des
exercices intelligents
et interactifs
qui enrichiront au moins le joueur
sinon le programmeur, encore que
j'en doute, ce « jeu » est
en accès totalement libre.
Vous vous
trouvez donc devant une série
de mots dont il faut régler les
approches en cliquant sur les
lettres et
en les déplaçant
vers la droite ou vers la gauche.
Comme vous ne pouvez pas déplacer
ni la première
ni la dernière lettre du mot, le
but est que le mot tienne dans
l'espace qui vous
est alloué et que les lettres soient « convenablement » espacées
en fonction de leur nature, de
leur forme et bien entendu de
la police de caractères
choisie. Quand vous pensez avoir
correctement réglé vos approches,
proposez votre solution et l'ordinateur
vous notera sur
votre réussite. Ne pensez pas que
l'ordinateur soit plus « intelligent » que
vous dans ce domaine, il ne fait
que reproduire à la
lettre ce que le créateur de ces
caractères
a spécifié lors de la conception
de sa police. Bon amusement !
|
 |
PS : et n'oubliez pas que Frank Adebiaye
et Suzanne Cardinal vous présenteront
leur ouvrage : « François Boltana
et la naissance de la typographie numérique » édité chez
Atelier Perrousseaux, à l'occasion d'une
soirée dédicace à la librairie
Byblos le 18 novembre prochain à partir
de 17 h. Infos pratiques : 95, rue Blomet 75015
PARIS Métro : Vaugirard (ligne 12). Pour
les plus gourmands d'entre vous, un repas est
prévu en face au Tabac de la Mairie,
vous proposant de nombreuses spécialités
auvergnates. Je vous entretiendrai très
prochainement plus en détail du contenu
de cet ouvrage très attendu.
>[Irma Daubeflache]
|
|
|
|
| 11/11/11 |
|
Comment on fabrique… |
|
 |
[Comment on fabrique un livre à l'École
Estienne de Paris] Pour
les quelques lecteurs que les nombreux
articles de cette colonne à propos de la
culture typographique n’ont pas encore précipité dans
les rares ouvrages disponibles sur la
question, pour ceux que la curiosité n’a
pas encore poussé à aller déranger
tel ou tel ami conducteur de Heidelberg
ou pour ceux trop éloignés du musée
de l’imprimerie de Lyon pour y satisfaire
leur soif de connaissance, Christian
Paput, ancien graveur de poinçon de l’Imprimerie
Nationale, a retrouvé parmi les sombres
caves de l’INA un
petit joyau de film muet (c’est à la
mode !) qui explique
par le menu la naissance d’un livre à l’école
Estienne dans les années 1930. Expliquant
toutes les étapes par le menu, depuis la
gravure du poinçon jusqu’à la
reliure finale, ce petit film vous fera
comprendre visuellement et simplement
ce que sont exactement
un poinçon, une matrice, une fonte, un
composteur, une casse et tous ces termes
ici employés.
Vous constaterez aussi, à voir la mine
et les attitudes des personnes filmées
sur le vif, que l’ambiance qui règne
dans ces ateliers semble bien différente
de celle qui règne dans nos collèges
actuels ! O
tempora, o mores… comme dirait
notre bon vieux Cicéron, pour une fois
convoqué pour une autre citation des Catilinaires
que « Quousque
tandem abutere Catiline patientia nostra ».
Ce petit film sera un excellent
prélude également à votre
visite de l’exposition Histoire
de caractères à la
bibliothèque Méjanes qui vit ses
derniers jours et qu’il ne faut manquer
sous aucun prétexte ! Moi qui vous
parle, métaphoriquement, je l’ai
déjà vue trois fois et je ne m’en
lasse pas.
Et un grand merci à Christian Paput pour nous
avoir signalé une telle merveille !
>[Félicie Séron]
|
|
|
|
| 7/11/11 |
† |
Blaise Monod |
|
 |
[Blaise Monod] Nous
apprenons avec tristesse le décès
de Blaise Monod le 26 octobre 2011. Blaise était
l’un des fils de Maximilien Vox (Samuel
Monod pour l’état civil), le fondateur
des Rencontres de Lure qui fêteront l’année
prochaine leurs 60 ans et qui continuent
chaque année de réunir les amoureux
de la lettre en fin d’élé dans
le cadre délicieux du petit village provençal
de Lurs. Blaise était graphiste et c’est
d’ailleurs à ces sessions d’été que
nous avions pu le rencontrer. Il était
venu en toute simplicité nous parler de
son père et nous conter quelques anecdotes
familiales qui ont mis un peu d’humanité dans
l’image hiératique que nous avions
de ce grand ancien. Il avait aussi hérité de
son père un talent pour la gravure sur
bois et j'ai retrouvé une de ses œuvres
au détour du feuilletage de « Caractère
Noël » (celui de l'année
de ma naissance par exemple) qui ornent
toutes les bonnes bibliothèques.
Nous adressons toutes nos
condoléances à sa
famille.
>[BdG]
|
|
|
|
| 4/11/11 |
Sécu |
Only human… |
|
 |
[Only human…] Eh
oui, frères humains, maintenant que nos
machines sont totalement sécurisées,
régulièrement patchées, surveillées
en permanence par nos anti-virus, anti-malware
et autres pare-feu, que des myriades
de sociétés
de sécurité alertent le monde entier
dès que la moindre trace du prochain Stuxnet,
Duku ou Slammer apparait, dans ce monde
donc où l'information
est verrouillée (ou devrait l'être),
le point faible c'est vous !
Oui, vous qui
cliquez sur le lien d'un mail reçu d'on
ne sait qui proposant des logiciels à des
prix ridicules, des agrandissements
d'un organe que vous devinerez sans
peine, des caisses pleines de dollars abandonnées
par un dictateur africain, de pauvres
religieuses perdues à la merci des hordes
de barbares africains ou musulmans
déchaînées,
des montres de luxe pour épater vos voisins
au tarif d'une vulgaire tocante de
bas étage… Oui,
c'est vous qui allez vous même faire rentrer à l'intérieur
de votre forteresse informatique le
logiciel malveillant qui vous pourrira
la vie. Oui, vous qui allez
cliquer au hasard d'une publicité alléchante,
voir déshabillée (choisissez le
thème qui vous tient à cœur),
juste pour voir ou pour rigoler, et
dont une page du site restera discrètement
dans un coin de votre écran à noter
tous vos mots de passe. Oui, vous qui
cherchez à télécharger
ce film tout récent en haute définition
qui nécessite un décodeur spécial
qui n'est autre qu'un… cheval
de Troie !
Car les bonnes vieilles recettes sont toujours
les meilleures et l'Odyssée garde
toute son actualité en ce début
de XXIe siècle. On vous allèche
? On vous fait des propositions trop
belles pour être
honnêtes ? On vous propose des cadeaux
? En ce monde où la marchandise est
reine, timeo
danaos et dona ferentes nous rappelle
le vieux Virgile (non, pour les non
latinistes, il
ne s'agit pas de craindre ni Timéo
ni une courtisane espagnole, Donna
Ferentes, mais d'une maxime signifiant
je crains
les Grecs, même quand ils apportent des
cadeaux), car ce clic malheureux que
vous allez regretter pendant longtemps
sera votre assentiment à laisser
entrer le moyen le plus sûr de nos jours
pour infecter un ordinateur, le fameux
cheval de Troie (trojan horse ou trojan
tout court pour
nos amis anglophones).
Et je ne parle
même pas de cette nouvelle
mode qui fait fureur outre atlantique,
l'ingéniérie
sociale qui consiste à percevoir
tout être
humain ou toute organisation comme
un système
dont il s'agit de trouver et d'exploiter
les failles. Certes, cela
demande des moyens plus importants qu'une
campagne d'email
auprès de millions de boites innocentes
qui est virtuellement gratuite. L'ingéniérie
sociale est encore de nos jours réservée à des
cibles dont les informations sont de
grande valeur, comme les administrations,
la défense
ou les sociétés financières.
Cela commence parfois par « Allo
? c'est l'assistance Microsoft, nous
avons détecté un
virus sur votre machine et il faudrait
que vous fassiez telle ou telle manipulation… » qui
bien sûr se révélera bien moins
dans votre intérêt que vous ne
pourriez l'espérer. Une
série
d'articles récents décrit
par le menu comment une fausse visite
incendie permet en
quelques minutes de récupérer
une montagne de données confidentielles
par le simple fait de lorgner de ci
de là sur
les ordinateurs que la responsable
va proposer de sa propre volonté à l'inspection.
Un petit keylogger par
ci, un petit émetteur
wifi pirate par là et le tour est joué,
le cheval de Troie humain est tout
aussi efficace que sa contrepartie
logicielle.
Alors,
que faire sinon se lamenter sur
sa propre faiblesse et son incommensurable
naïveté ?
Les agents de Matrix nous le disent
pourtant clairement « Only
human… » « Vous
n'êtes
que des humains… » et Nietzsche
de renchérir « Humain, trop
humain… », c'est dans notre
nature que les plus malins tirent profit
des plus naïfs
et je ne suis pas sûr qu'en devenant totalement
paranoïaques, en développant notre
penchant à la suspicion envers tous
et toutes depuis nos hommes politiques
jusqu'à nos
voisins de palier en passant par les
journalistes ou les
garagistes, nous ne soyons pas en train
justement de perdre notre nature humaine.
Salut
et fraternité !
>[Madmacs]
PS : rappel aux aixois, samedi prochain
5 novembre à l'Institut du Livre, conférence
de Matthieu Cortat dans le cadre du 500e
anniversaire de Garamont !
|
|
|
|
| 1/11/11 |
.;:,? |
Tire ta langue |
|
 |
[Tire ta langue] Où l'on
reparle d'Étienne
Dolet… La liste
typo pointait il y a quelques jours un
numéro
passionnant de l'émission « Tire
ta langue » sur le thème de
la ponctuation à la Renaissance. Mais que
cet intitulé, qui peut sembler un peu abscons
de prime abord, ne vous détourne pas d'écouter
cette émission car bien loin de pinailler
sur la date précise de l’apparition
du point virgule chez tel auteur, elle
expose de façon claire et néanmoins
précise
les buts de l'utilisation de la ponctuation
chez certains auteurs de ce merveilleux
XVIe siècle,
comme nous le trouvons nous qui n'y vivons
pas. Étienne
Dolet nous l’explique par exemple dans son
célèbre « De la punctuation
de la langue francoyse. Plus. Des accents
d'ycelle »,
il s’agit de rythmer la lecture et par la
même la pensée, donc de pratiquer
une rhétorique plus accessible. Mais vous
entendrez aussi Nathalie Dauvois vous
parler de la façon de travailler des ateliers
d'imprimeurs, des différentes manières
de ponctuer la poésie et ce que l'on peut
indiquer par là, ou bien même de
l'antagonisme entre misogynes et féministes
qui semble avoir atteint des sommets
de vigueur dans les propos à cette époque.
Bref,
ne manquez pas de consacrer une petite
demi-heure à écouter cette émission avant
que, d’ici quelque temps, elle n'aille
rejoindre ses milliers de congénères
dans les caves bien remplies de l'INA
!
>[Amédée Cripteur]
PS : pour ceux qui auraient des insomnies
en ce moment, ou tout simplement ceux
qui voudraient approfondir le sujet,
le livre de Nathalie Dauvois et Jacques
Dürrenmatt est présenté ici.
|
|
|
|

|
|
| |
Marchands du temple
et autres stratèges du
marketing, désolé il n’y a rien à vendre
ici…
Pas de pubs sur notre blog… sinon
les nôtres !



>André Bloggo
kidnappé le 20 janvier 1997 pour jeux de
mots approximatifs vient d’être relâché après
le versement d’une rançon du Pdg du
[BdG] de 800 000 €
news@leblogdegraphos.net

>Information légale.
Les expérimentations monstrueuses du professeur
Victor Bloggenstein sur le [BdG] ne sont effectuées
que sur son Webmaster.
news@leblogdegraphos.net


>[Bloggers]
de tous les pays,
unissez-vous !
news@leblogdegraphos.net

>Echange [blog] usagé
contre valise diplomatique
news@leblogdegraphos.net


>Téléchargez
gratuitement
votre blog sur le [BdG]!
news@leblogdegraphos.net

>[Débilor@ma] ce site vous
envoie des e-mail rémunérés,
vous regardez les e-mail
et vous touchez de l'argent !
Rien de plus simple !
C'est gratuit, profitez en :
news@leblogdegraphos.net


>Location
de calligraphies
collection printemps - été
achat & vente on ze [blog]
news@leblogdegraphos.net

>Authentification pour accéder
au [blog] de graphos :
- je suis mineur
- je suis majeur
- autre
news@leblogdegraphos.net


>Pour
ceux qui l’aurait oublié, André Bloggo
vous rappelle que le Prix Nobel de la Paix de l’année
2009 a été attribué à Barack
Obama.
news@leblogdegraphos.net

>TOPIC au prix de 10 €. « Physique
quantique & sémiologie – Les Aphorismes
d’André Bloggo » à découvrir
dans toutes les bonnes librairies. ISBN 2-7551-0027-3
news@leblogdegraphos.net


>« Qu'èi
shens duta ua "sotie", farça satirica
ont lo pòple se botava de mascas e de desguisaments
que permetevan, ne deishar la vergonha de costat,
de's trufar deus poderos e deus rics, e subretot
deus abats e deus monjas. »
news@leblogdegraphos.net

>Un fonds d’investissement serbo-taiwanais
vient de renflouer financièrement André Bloggo,
malgré une perte en Bourse de 800 000 milliards
de dollars US !
news@leblogdegraphos.net


>TOPIC
au prix de 10 €. « Physique quantique & sémiologie –
Les
Aphorismes d’André Bloggo » à découvrir
dans toutes les bonnes librairies.
ISBN 2-7551-0027-3
news@leblogdegraphos.net

>SCOOP [BdG] - Le Prix Nobel de Physique 2010 est
attribué à André Bloggo pour sa
loi de la « Relativité relative » selon
laquelle ce sont les trains qui regardent passer les
vaches.
news@leblogdegraphos.net


>Patrick
Bruel & André Bloggo, en finale du World
Poker Tour, sur le [BdG].
news@leblogdegraphos.net

>Information légale :
les expérimentations
monstrueuses du professeur Victor Bloggenstein sur
le [BdG] ne sont effectuées que sur son
Webmaster.
news@leblogdegraphos.net


A
l'occasion de la publication du kit de développement
(OQP) pour Brazil 7.0, baptisé « T’es
fait comme un rat la loose ! »,
Boogle a dévoilé l'une des nouvelles
fonctions de son OS mobile : la navigation
par « BMMN », Boogle Mortel
Maps Navigation.
news@leblogdegraphos.net

>Les aphorismes d’André Bloggo dans
la colonne de droite du BdG. commencent vraiment à me
saouler !
C’est quoi ces conneries à la fin ?
news@leblogdegraphos.net


>[BINGOBLOG] – un
jeu débile
qui vous rassure ! on ze [blog]
news@leblogdegraphos.net

>Authentification pour accéder
au [blog] de graphos :
- je suis mineur
- je suis majeur
- autre
news@leblogdegraphos.net


>Pour
ceux qui l’aurait oublié,
André Bloggo vous rappelle que le
Prix Nobel de la Paix de l’année 2009
a été attribué à Barack Obama.
news@leblogdegraphos.net

>Les aphorismes d’André Bloggo dans
la
colonne de droite du BdG. commencent vraiment à me
saouler !
C’est quoi
ces conneries à la fin ?
news@leblogdegraphos.net


>Pour éviter
toute contamination virale, grippes A, B, C, D,
E, F - Faites vacciner votre Blog d’urgence.
Après usage, un Pater et deux Avé,
noyez votre souris dans une solution hydro-alcoolique.
news@leblogdegraphos.net

>Ô Pinaise ! Exclu people sur le BdG !
Le secret de MS. de Secret Story 4 serait que : « Le
cousin germain de l’enfant caché d’André Bloggo
et de Simone de Beauvoir, aurait eu une relation
intra-utérine, avant fécondation in
vitro, sans rapport avec la date des dernières
règles de son propre père. »
news@leblogdegraphos.net


>[Journée
de la femme] – « Offrez à votre épouse « l’Equipe »,
une corne de brume et une chope de bière, ça
permettra les rapprochements sociologiques
et de dénouer les tensions ancestrales. »
- André Bloggo
news@leblogdegraphos.net

>Les aphorismes d’André Bloggo, professeur
de droit public à l’Université de
Paris X Nanterre sur le [BdG] c’est un peu
comme un string sans ficelle.
- vos commentaires :
news@leblogdegraphos.net


>Le
petit André Bloggo est attendu par ses parents
caisse 11.
Je répète, le petit André Bloggo
(…)
news@leblogdegraphos.net

>Bloggo, haricot,
Nicolas Hulot !
sur le [BdG].
Jeux de mots maître Capello !
news@leblogdegraphos.net


>André Bloggo
Président !
news@leblogdegraphos.net

>La République populaire de Chine menace
le [BdG] de sanctions économiques si ce dernier
persiste à maintenir un embargo sur les rillettes
du Mans,
(infos AFP).
news@leblogdegraphos.net


>SCOOP
[BdG] - Le Prix Nobel de Physique 2010 est attribué à André Bloggo
pour sa loi de la « Relativité relative » selon
laquelle ce sont les trains qui regardent passer
les vaches.
news@leblogdegraphos.net

>Le [BdG] victime de son succès !
En moyenne, 40% de PDM sur les ménagères
de moins de 50 ans et 60% de PDM sur les adolescentes
peroxydées, le [BdG] sera présenté,
en prime time, l’année prochaine, par
André Bloggo en personne !
news@leblogdegraphos.net


>« Si à 50
ans on n'a pas de solex, on a quand même raté sa vie. »
- André Bloggo
news@leblogdegraphos.net

>- Hé le BdG ? Avez vous l'adresse
de Google.fr svp ?
- T trop marrant jojo_A420,
tu veu bien aitre mon nami ?
news@leblogdegraphos.net


>Il
avait comme seul viatique pour surfer sur le net,
une paire de [Blogs], un 357 magnum & un brelan
d’as.
news@leblogdegraphos.net

>Les aphorismes d’André Bloggo, professeur
de droit public à l’Université de
Paris X Nanterre sur le [BdG] c’est un peu
comme un string sans ficelle.
- vos commentaires :
news@leblogdegraphos.net


>Actuellement
sur le [blog]
- un visiteur (vous)
- 189 pages visitées
- 257 articles
- 9849 commentaires
news@leblogdegraphos.net

>Location de calligraphies
collection printemps - été
achat & vente on ze [blog]
news@leblogdegraphos.net


>Vous êtes
sur le [blog ©] de G.
Il n’y a aucun copyright sur rien !
Alors reproduisez tout !
news@leblogdegraphos.net

>Demande confidentielle
je désire grâce à votre [blog] :
- Gagner au jeu une forte somme d’argent
- trouver le grand amour
news@leblogdegraphos.net


>Si
tu es un fidèle de ce [Blog], alors n’éteins
surtout pas ton ordi et ne bouge plus ta souris
pendant 24 h.
La prochaine info va bientôt
arriver !
news@leblogdegraphos.net

>Speed Dating sur le [BdG]
-Inscrivez-vous ici et gagnez un voyage pour
trois personnes au Turkmenistan.
news@leblogdegraphos.net


>Vous
envisagez comme nous, de remettre en cause les fondements
de la mécanique quantique ?
Rejoignez le [BdG] !
news@leblogdegraphos.net

>Vous lisez quotidiennement un [Blog] entièrement
fabriqué à la main, à base de
pixels mous et de souris dressées.
news@leblogdegraphos.net

|
|