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Je crois que la police de caractères la plus vendue et la plus utilisée dans le monde est le Garamond...
et ça, ça me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je préférerais me faire examiner la prostate en direct à la télévision par un type aux mains bien froides plutôt qu’avoir une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie est un métier ancien et simple. Très simple. Aussi simple que de jouer du violon. Mais guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait que nous soyions courageux, pourquoi nous a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie soulève le voile sur la beauté cachée du monde.
Sei Shonagon


Si hoc legere scis nimium eruditionis habes.
Anonyme


La typographie est le seul art ayant la discrétion pour principe.
Jérôme Peignot


Quand l'avenir a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir une menace?
Chuck Palahniuk


L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol


On peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové


Je parle pas aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard


Sème le trouble et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec


Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du diable.
William Blake


Si ayant frappé quelqu'un sur une joue, il te tend l'autre, frappe le sur la même, ça lui apprendra
à faire le malin.
Cavanna


La vie est la jeunesse de l'immortalité
Goethe


Choucroute ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence


Ce monde ne fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais


On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
A. Nothomb


Un tueur est un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres que le commun des mortels.
A. Nothomb


La mort est le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne pas trop faire les malins.
/.

 

La règle du Je...

>[Le Blog de Graphos] est un endroit de liberté, ivre de plume et de peinture, de convivialité, d’amitié et de partage - sans aucune publicité d’aucune sorte – ni pop up… ni virus. >[Le Blog de Graphos] est consacré à la calligraphie latine, à l’enluminure, au mail art, aux écritures d’Orient et d’Occident, aux contre-écritures aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la Rustica du Ve siècle…, les membres de Graphos vous proposent de vous exprimer sur l’actualité du moment, de notre quotidien, de vos journées, livres, expos, films ou états d’âmes… Nos lectures, vos passions, nos coups de cœur, vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement sur >[Le Blog de Graphos]. Vous êtes artiste graphique ou simple passionné, calligraphe professionnel ou enlumineur, animateur, membre ou président d’une association, vous désirez nous faire partager vos envies, qu’elles soient tentations ou démangeaisons… >[Lire la suite...]
 
 

 Mai 
 
 16/5/12  Pierre Magnan

[Pierre Magnan]  En ce joli moi de mai où le vert printanier est encore partout présent dans notre belle Provence, un nuage noir est venu assombrir le bleu du ciel que les peintres sont venus en nombre chercher ici. Un écrivain de grand talent, qui avait contribué à faire sortir la Provence de ses archétypes félibriges et pagnolien, Pierre Magnan nous a quitté le 28 avril dernier.

Celui qui a ensoleillé de nombreuses soirées de lecture par ses multiples romans policiers dont le héros était le bien improbable commissaire Laviolette, celui qui prenait un malin plaisir à mêler faits et fictions dans ses intrigues, celui qui nous avait conté par le menu son apprentissage dans une imprimerie manosquine, et enfin, celui qui nous avait profondément ému avec son Laure du bout du monde (son meilleur roman à mon humble avis), Pierre Magnan ne viendra plus à la fête des Écrivains de Fuveau où les quelques amateurs de cette manifestation pouvaient le croiser et échanger de longues discussion (dans la mesure du possible étant donnée l'affluence) sur Giono, l'imprimerie ou l'existence réelle ou imaginaire d'une boite aux lettres sur la porte du cimetière de Barles.

Celui qui a commencé tardivement une carrière d'écrivain à quarante-cinq ans, nous a gratifié d'une série de chef d’œuvres que je ne peux que vous conseiller de lire ou de relire. Il savait manier un humour parfois féroce, mais toujours affectueux avec une imagination incroyable, tout en situant parfaitement chacun de ses personnages, chacune de ses situations dans ce qu'il persistait à appeler les "basses alpes", ce qui contribuait à enchanter les lieux comme la rue Prête-à-partir à Digne, la petite route qui va de Ganagobie à Lurs ou Barcelonnette et ses maisons mexicaines.

Hélas, il y a bien peu de chance qu'il partage le sort de son héros emblématique, le commissaire Laviolette donc, qu'il avait tué dans un de ces romans ("j'en ai assez de ce personnage") et qu'il avait du ressusciter suite à la forte contrariété de ses lecteurs assidus, tel Conan Doyle ressuscitant Sherlock Holmes après sa mort (présumée) dans les chutes de Reichenbach.

Il nous reste ses livres et la joie de retrouver sa gaité, son amour de sa région et sa profonde humanité au détour de chacune de leurs pages.

>[Séraphin Monge]

   
 12/5/12  Expo Christian Paput à Digne

[Christian Paput à Digne]  Si vous lisez attentivement cette colonne, vous ne pouvez qu'avoir entendu parler de Christian Paput. Il est un des derniers graveurs de poinçons typographiques et a récemment pris sa retraite dans notre contrée ensoleillée. En écrivant ces lignes, je m'aperçois qu'il a une page Wikipedia à son nom, ce qui vous permettra de mieux le connaître.

Mais ce que cette page ne mentionne qu'en passant et qui me fait poster ce billet aujourd'hui, c'est que Christian Paput, loin de mener une retraite de farniente bien méritée, en écoutant depuis sa chaise longue le doux bruit des glaçons qui s'entrechoquent dans son verre de pastis tels un iceberg et le Titanic, Christian Paput donc continue ses activités artistiques et nous propose notamment un exposition de ses peintures à la Médiathèque des Trois Vallées à Digne les Bains. Certes, on retrouve dans ses tableaux sa passion de la lettre, mais il combine ces formes qu'il a gravées maintes fois dans le métal avec les couleurs qu'autorisent la peinture pour former un tout où chaque élément s'enrichit des contrastes avec les autres. Vous trouverez un aperçu de quelques-uns de ces travaux sur son site, ici.

Et si vous habitez la région dignoise et que vous avez la chance de lire ces lignes avant le 15 mai, alors précipitez vous à la conférence qu'il donnera à 18h ce jour-là sur le thème d'« écriture et typographie », vous y apprendrez sûrement énormément de cet artisan, un des derniers de son métier, qui a su explorer jusque dans ses derniers retranchements les formes de la lettre.

L'exposition est ouverte du 10 mai au 2 juin, vous trouverez les renseignements pratiques ici.

>[Ali Henne]

   
 9/5/12  Drupa Düsseldorf

[Düsseldorf]  Ahhh Yessss … La DRUPA est là - au pays de Dürer… A ne pas rater, pour les plus fous d’entre vous… à la mode Graphos - Planet Mars-Eye © - et tous ceux comme on les aime… capable de faire le grand écart (et ils sont peu nombreux), entre un A bas de casse en alliage étain-plomb-antimoine et une HP - Digital Press Indigo 7000 - 812 et 1200 ppp – (8 bits - l 3952 x p 2282 x h 2074 mm - 330 x 482 mm)… Après une petite escapade en Suisse… - voir notre post du 2/5 – et l’info de ouf sur la « désimprimante », à la mode US, voir notre post du 5/4 ; le BdG vous propose ce mois-ci un voyage d’étude à la DRUPA, à Düsseldorf, qui est actuellement, le temps d’une quinzaine – du 3 au 16 mai 2012 – la Mecque de l’imprimerie High Tech et le nec plus ultra, en matière d’innovations tous azimuts question flyer imprimé au XXIe siècle… Plus de 100 000 visiteurs attendus cette année ! 

Le BdG aura sur place ce week-end un « infiltré »… un émissaire hautement qualifié qui nous fera à son retour un compte-rendu exhaustif des dernières avancées technologiques en matière d’imprimante à visée laser téléguidée et rayons gammas qui peut ouvrir les portes, poser des explosifs, soulever des objets divers, faire le café, massicoter dans les coins, voir de nuit, remplacer avantageusement votre secrétaire, mettre à jour vos logiciels de mise-à-jour sans heurts ni malheurs [private joke], détecter la chaleur et tel le moindre Harry Potter venu, imprimer une centaine de Bibles de 42 lignes sur papier pelure, en moins d’une heure, en votre absence…

Ah… j’oubliais, « Drupacity » comme on l’appelle…, c’est tous les quatre ans !

Alors réservez vite votre billet pour Düsseldorf…

>[André Bloggo]

DRUPA – La fusion des mondes réels et virtuels

PS / Pour tous les autres… rdv devant l’atelier de Louis Jou, aux Baux-de-Provence, à 10h30…

   
 6/5/12  CH Rimbaud au Cadratin

[Rimbaud au Cadratin] Recevoir un courrier du Cadratin est pour moi toujours l'annonce d'une bonne nouvelle (je ne suis pas superstitieux parce que ça porte malheur, mais touchons du bois quand même…). Et ce matin en ouvrant ma boîte aux lettres, je me suis donc senti joyeux par avance en découvrant une enveloppe en provenance de Vevey.

Mais quelle ne fut pas ma stupeur en ouvrant ce pli et en découvrant la proposition incroyable qui y était enclose ? Mais comment donc, ni l'AFP ni Reuters, ni les grandes chaines de radio et de télévision n'ont parlé de cet événement qui risque bien d'éclipser tous les autres (et je pèse bien mes mots) en ce mois de mai déjà chargé en événements de bien moindre importance ? Mais oui, c'est bien vrai, lors du prochain week-end de l'Ascension, du 17 au 19 mai prochain, vous allez pouvoir assister en direct live sur place, 10 rue de la Madeleine, avec en officiant Jean-Renaud Dagon en personne (et peut-être quelques petites mains tirées de l'assistance), vous allez pouvoir voir la naissance d'un livre typographié !

Mais oui, vous avez bien lu ! Vous qui avez si chèrement tenus dans vos main ces livres sur un beau papier dans lequel la presse typographique a laissé sa douce empreinte qui fait vibrer l'extrémité de vos doigts, vous qui avez apprécié le contraste entre cette blancheur virginale et le noir si profond de l'encre typographique, vous qui vous demandez depuis des années comment viennent au monde ces volumes dont chaque lecture est garante d'un long moment de plaisir intense, vous avez la possibilité de voir tout ceci se créer devant vos yeux grâce à l'expertise du chef d'orchestre de Heidelberg Avenue, du maître typographe dont les réalisations nous ont si souvent enchantés, j'ai nommé Jean-Renaud Dagon. Il va donc nous montrer en trois jours comment on compose au plomb et en bois, comment on encre et imprime, comment on plie et on raine et enfin comment on emboite les « Voyelles » de Rimbaud.

Bon certes, vu les très belles choses auxquelles nous a habitué l'atelier du Cadratin, il est possible que la carte bleue chauffe un petit peu lors du voyage, mais il faut dire que l'occasion est totalement exceptionnelle. À tel point que j'en reste sans voix, ce qui est un comble en ce deuxième tour des présidentielles. Vous trouverez toutes les informations sur le site du Cadratin. À ne manquer sous aucun prétexte !

>[Rolfi Lédeperche]

   
 2/5/12  AMI Escapade helvétique

[Escapade helvétique] Il y a fort longtemps que je fais partie des Amis du Musée de l'Imprimerie (cf l'article d'il y a quelques jours) mais je ne m'étais jamais inscrit à un de leurs voyages, à la fois par manque drastique de jours de congés et par gêne de me retrouver parmi des gens qui se retrouvent régulièrement lors de conférences et visites, alors que me trouvant à trois cents kilomètres, je ne peux jamais m'y rendre. Mais cette année, j'ai franchi le pas. Et je ne le regrette pas !

Jeudi dernier, donc, à l'heure où l'aube blanchit la place Bellecour, nous nous sommes embarqués à quatre amis aixois pour une escapade d'une journée en Suisse, voir une exposition de peintures à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne sur le thème « de Tiepolo à Degas », suivie par une autre visite à la célébrissime Fondation Gianadda à Martigny qui regroupe toute une collection de portraits du Centre Georges Pompidou.

Que dire pour résumer cette journée délicieuse ? Que l'accueil des Amis du Musée de l'Imprimerie fut extrêmement chaleureux ? Que l'organisation fut impeccable, les horaires tenus et que tout se passa comme sur des roulettes sans un seul accroc ? Que le voyage en car permit à tout un chacun d'apprécier le paysage, tout en devisant gaiement avec ses voisins ? Que les expositions furent magnifiques et qu'elles réjouirent tous les esprits ? Que les visites guidées furent enrichissantes et permirent d'apprécier en profondeur les œuvres présentées ? Eh bien oui, tout cela est vrai.

Je ne vais pas vous décrire plus loin cette journée d'exception, mais juste vous inciter à faire comme moi si vous faites partie des AMIs, et même si vous n'en faites pas partie, prenez un jour de congés s'il le faut et participez à ce voyage annuel qui vous est proposé, vous ne le regretterez pas !

>[Greta Blier de Sapeur]

   
 Avril 
 
 29/4/12  @TGV Les Puces Typo

[Les Puces Typo] Pour la deuxième fois cette année 2012, cette association bien connue des fidèles lecteurs de cette colonne, j'ai nommé les Rencontres de Lure, organise les Puces Typo, un « marché aux puces » au sens noble du terme, où vous pourrez trouver non seulement des réalisations typographiques de tout premier ordre mais aussi des occasions uniques auxquelles aucun amoureux de la lettre ne saurait résister. Voici ce qui nous en est dit :

«  Il y a tellement de choses à dire sur les puces typo, que le mieux c'est de venir.

Sachez néanmoins que :

votre association préférée joue le jeu des PUCES TYPO (le contraire serait un comble) et vous propose samedi 5 mai de découvrir le programme de la semaine d'été 2012 - "corps neuf" - et de bénéficier ce jour-là seulement… d'une remise de 25% sur votre inscription !

Que les lots de la tombola sont dingues.

Que les petits plats et gâteaux sont extra bons.

Avec les Puces Typo, le samedi 5 mai 2011 s'annonce donc très magnifique, bien typographique et presque économique.

Rappel : les Puces Typo c'est la journée des trouvailles graphiques où vous pouvez venir chiner, flâner et découvrir des créateurs graphiques indépendants. De très jolies choses et de petits prix, en direct des producteurs :-)

Seront présents :

Frank Adebiaye o VTF | Jean-Baptiste Levée  o opto |  Anna Hess o Éditions B42  | Pascale Evrard o éditions du temps qui passe | Erwan Beauvir o Collectif 47 | Mayumi Otero & Raphael Urwiller  o  Icinori | Émilie Coquard o typomaton | Morgane Rebullard & Collin Caradec o The shelf journal | Patrick Paleta, Stéphane Buellet, Jean-Baptiste Levée o BAT | Maxime Milanesi  o Éditions fpcf | Pauline Nunez  o Ypsilon | Mark Kopylov  o Éditions des Cendres | Présentation du CFA | Delure o Corps Neuf session 2012 | François Weil o Graphê... »

Si ctte liste ne suffit pas à vous allécher, je ne vois pas ce qui pourrait vous dégeler ! Rendez-vous donc pour les heureux parisiens samedi prochain au 83 av. Gallieni à Bagnolet, tous les renseignements sont ici.

Ô peuchères, les parisieng y-z-ont peut-être pas le soleil, le pastis, les pins et les cigales, les panisses, les chichi frégi, les plages de l’Estaque ni la Bonne Mère, il faut bieng leur laisser quelque chose, alors y-z-ont les Puces Typo !

>[Marius Escartefigue]

PS : même si vous habitez en Provence, le TGV vous mène sans fatigue en notre capitale embrumée en trois heures chrono ! On peut donc avoir le soleil ET les Puces Typo, trop cooooooool…

   
 28/4/12  2C Quand les livres s'amusent

[Quand les livres s'amusent] La ville de Lyon recèle en son sein un joyau que beaucoup d'amateurs d'art de la lettre ignorent, ou alors ne fréquente qu'avec bien trop de parcimonie, je veux parler, vous l'aurez peut-être deviné, du Musée de l'Imprimerie. J'espère que vous avez tous été voir au moins une fois la superbe collection permanente qui vous montre les plus belles réalisations des imprimeurs lyonnais, entre autres, de la Renaissance et que vous avez compris, jusque dans ses moindres détails, l'art de la typographie et de la gravure qui vous est expliqué et démontré par le menu dans les diverses salles qui jalonnent votre parcours dans l'Hôtel de la Poulaillerie qui abrite le musée.

Mais ce musée propose aussi des expositions temporaires qui valent le détour. Oh non, allez vous me rétorquer, foin de ces expositions poussiéreuses ayant des thèmes aussi abscons que « l'utilisation de l'esperluette dans les volumes à thème religieux de Jean de Tournes » ou bien « l'évolution du foliotage à travers les livres de Sébastien Gryphe ». Pas du tout, vous répliquerai-je, loin d'être réservées à des spécialistes binoclards et ennuyeux, ces expositions montrent des aspects du livre qui intéressent tout un chacun ! Et j'en veux pour preuve l'exposition actuelle « Quand les livres s’amusent - Magie et surprise des livres animés d’hier et d’aujourd’hui  ».

Vous y admirerez de nombreux livres à système, depuis d'incroyables livres à pop-up dont toute une architecture de papier plié jaillit vers le lecteur quand celui-ci entrouvre les pages jusqu'aux livres carrousels ou chaque illustration est formée de plusieurs plans comme on pourrait imaginer une scène de théâtre, sans oublier les ouvrages dans lesquelles une foule de tirettes, languettes et autres excroissances de papier vous permettent d'animer les personnages, de changer les situations ou de manipuler divers objets qui s'animent sous vos yeux.

Et contrairement à ce qu'un préjugé répandu voudrait faire croire, ces livres sont loin d'être réservés au domaine des livres pour enfants : de nombreux artistes ont créé des livres animés pour adultes dont la beauté des constructions dans l'espace n'a rien à voir avec les enfantillages. Ficelles, plis et replis conçus par des esprits souvent incroyablement ingénieux vous dévoilent des formes dans l'espace dont le but est moins de raconter une histoire que d'exprimer la beauté du monde. Et, pour tout vous révéler, je soupçonne certains auteurs d'avoir glissé dans des collections jeunesse, des livres qui sont beaucoup destinés à celui qui raconte les histoires qu'à celui qui les écoute, ou sinon comment expliquer le magnifique Moby Dick dont la poésie du texte, de la typographe et des illustrations, animées donc, ne pourra que ravir tout adulte amateur de belle lettre.

Mais je ne peux qu'effleurer le sujet en ces quelques mots, allez sur place vous régaler par vous-même, vous avez le temps l'exposition dure jusqu'au 24 juin. Vous trouverez tous les renseignements à son propos ici ainsi que des annonces d'autres événemenents sur le même thème.

>[Fillipo Peupe]

   
 24/4/12  FdT Des news de Graphos

[Des news de Graphos] Comme vous ne pouvez pas l'ignorer, Grahos fête cette année son quinzième anniversaire. Et pour célébrer dignement cette occasion, le programme des stages de l'année recèle quelques joyaux dont je me dois de vous administrer une petite piquouze de rappel, en complément du Flash de Thot de ce jour.

Les Baux - Luis Felipe-Vicente Jou i Senabre, dit Louis Jou, est un peintre, graveur et typographe catalan, né à Gracia (aujourd'hui intégré à Barcelone) le 29 mai 1881, émigré en France, mort le 2 janvier 1968… Notre association férue de « voyages d’études » ira visiter l’atelier de Louis Jou et sa fondation lors d’une visite commentée, aux Baux-de-Provence, le 13 mai prochain, un rendez-vous de printemps, pour tous les fous de la casse, ivres de la Lettre sous toutes ses formes, un dimanche ensoleillé par les lavandes de pays qui permettra d’allier l’utile à l’agréable… Normalement les inscriptions sont closes mais les organisateurs ne sont pas incorruptibles.

Lurs – Un événementiel à Lurs, organisé par Graphos, un stage mythique à la « Chancellerie », fréquentée assidûment par Maximilien Vox et Jean Giono, il y a plus de 50 ans, et une visite du « Chemin des écritures » pour les 15 ans de Graphos, en compagnie d’Henri Mérou ! Ça ne se manque sous aucun prétexte et c’est le 27 mai 2012 !

Laurent Rébéna est sans doute un des calligraphes français les plus doués de sa génération, il sera chez nous en Provence, le 10 juin 2012, pour un stage exceptionnel sur « la Bâtarde Flamande et ses ligatures », un stage de haute lignée à découvrir par tous les calligraphes (confirmés ou pas), et comme toujours dans une ambiance plus que festive à « L’Angélus » ! Qu’on se le dise !

Et dans l’attente de l’arrivée de notre ami parisien sur la planète Mars-eye, vous pouvez toujours découvrir son remarquable travail sur la >Galerie Graphos du site de Thot ! Ouvert en 2002, notre Webgalerie est unique sur le Net et c’est un lieu d’exposition aussi insolite qu’agréable, elle permet à tout un chacun de découvrir nos coups de cœur en matière de calligraphies contemporaines depuis plus de 10 ans !

>[Graphos]

PS : deuxième dose de rappel, le programme complet de l'année Graphos est disponible ici.

   
 5/4/12  Non Désimprimerie

[Désimprimerie] Ah, qui n'aimerait pas pouvoir rattraper une parole imprudente que l'on regrette d'avoir dite quelques secondes après l'avoir prononcée, qui ne voudrait pas changer un choix fait parfois longtemps auparavant, choix pour lequel le manque de jugement s'est révélé mener à la catastrophe quand les conséquence s'en firent sentir, et qui n'aimerait avoir plutôt avoir passé sa soirée au cinéma plutôt que sous la couette, entrainant neuf mois plus tard la naissance d'un grand dadais que les parents ont bien du mal à reconnaitre comme leur progéniture. Pensez aux parents Hitler, Djougachvili, Ceaucescu, Amin Dada, Khadafi et j'en passe et des melleurs…

Et bien dans un domaine enfin, ce genre de repentir est aujourd'hui possible, il s'agit de l'écrit. Car si verba volent, scripta manent plus tant que ça. Non, je ne parle pas des effaceurs d'encre, des stylo gommables et autres joyeusetés que la chimie moderne met à notre disposition, je viens d'apprendre la création des désimprimantes (« unprinters » en anglais). L'université de Cambridge vient de montrer en effet un appareil qui utilise un laser pour vaporiser le « toner » qui constitue l'encre des imprimantes laser, et ceci sans abimer le papier, afin de rendre en quelques secondes à ce dernier sa virginité. Pour cela ils utilisent un laser vert dont la particularité est de vaporiser le toner sans griller la cellulose du papier qui est en dessous ou à côté. Et donc, telle l'Étoile de la Mort, célèbre parmi la communauté des fans de StarWars, qui vaporisa Alderaan en quelques secondes causant une grande perturbation dans la Force, les désimprimantes vaporisent en quelques secondes les textes les plus abscons, les plus ardus et même les plus indéchiffrables et les font disparaitre de la surface de la planète (je ne sais pas si cela cause une grande perturbation dans la Force). Un Fahrenheit 451 écologique et sans contribution au réchauffement climatique, en résumé.

Mais sont heureusement exclus de ce processus les textes imprimés par d'autres moyens. Ouf les chefs d'œuvre typographiques des imprimeurs émérites (ai-je besoin de citer Louis Jou) ou des calligraphes de renom (pas de nom ici) sont à l'abri des vandales ou des censeurs.

À moins qu'un savant fou invente la désimprimante à cylindre ou à platine ?

>[Mars Staedler]

PS : non, ça ne marche pas non plus pour le papier toilette, amis poètes bonsoir…

   
 2/4/12  See Vents

[Vents] Certains prétendent que c'est en imitant la nature que l'on peut atteindre la suprême beauté. Dans son film hilarant « Musée haut musée bas », Jean-Michel Ribes est un partisan de la thèse adverse puisqu'il fait dire à Fabrice Luchini dans une scène inoubliable, que la nature « c'est de l'art mal copié ».

Quoi qu'il en soit, quand on prend la nature et qu'on la montre de façon astucieuse, cela donne des merveilles et j'en veux pour preuve ce site qui nous montre la vitesse et la direction des vents sur les Etats-Unis, en utilisant un système graphique totalement… échevelé. Chaque jour, le système récupère les données de la météo d'Amérique du Nord et construit automatiquement cette animation chaque jour renouvelée et néanmoins toujours magnifique. Car que dire d'autre de cette animation sinon qu'elle fait penser justement à du vent dans une chevelure ou à un courant marin dans les algues...

Bref ce genre de démonstration ne pourra jamais réconcilier les partisans de la pensée unique chlorophyllienne avec les tenants de la pureté esthétique du béton et de l'asphalte bien posés, mais peut-être pourront-ils se retrouver dans l'admiration de ce superbe exemple de visualisation informatique. J'attends néanmoins avec impatience la saison des cyclones et autres ouragans !

>[Michel Mosk]

   
 Mars 
 
 28/3/12  Livre Julien Chazal

[Julien Chazal] Notre cher callidentiste est toujours en veille des nouveautés les plus importantes du microcosme calligraphique. Et comme il est très bien infiltré dans les forums et tchats de discussion des personnes les plus informées du sujet, il nous communique une nouvelle qui va sans doute influencer le contenu de votre bibliothèque :

« Notre ami, émérite calligraphe (et graveur lapidaire ndlr), Julien Chazal vient de publier aux éditions Eyrolles, un ouvrage pratique et fort bien fait comme son grand talent nous le laissait présager.

Pratique, il expose des modèles d’écritures de haut niveau qui pourront servir aux débutants comme aux plus confirmés et il deviendra très vite, j’en suis sûr, un voisin dans la bibliothèque de la bible de C.M. (vous voyez de qui je veux parler…).

Fort bien fait, il aborde également les aspects pratiques de la créativité maitrisée dans notre passion.

A n’en pas douter, ce « Calligraphie, le guide complet » va devenir rapidement  un incontournable livre de référence, et va donc devenir totalement indispensable à la formation des calligraphes en France. »

Vous trouverez plus d'informations sur le site de l'auteur, et notamment comment vous en procurer une version dédicacée par l'auteur en personne, et également sur son album Picasa.

>[Bonzaika]

   
 24/3/12  Expo Terres d'Écritures

[Terres d'Écritures] Ah le printemps revient, et avec lui… mais non, pas ce que vous croyez… avec lui revient le temps des expositions de calligraphie ! Et c'est à Grignan, pays des lettres et donc de la lettre, que Christine Macé, de l'association Terres d'Écritures, nous invite à découvrir ou redécouvrir les œuvres d'une ribambelle de calligraphes connus ou moins connus, de « l'ancienne » ou de la « nouvelle » génération (des jeunes et des vieux pour sortir du politiquement correct) qui ont en commun la très grande qualité de leurs travaux.

Je ne présenterai plus Kitty Sabatier dont la maitrise du geste reste dans toutes les mémoires graphosiennes, ni Denise Lach dont les travaux sur le rythme ont été les fleurons de maintes expositions, ni Laurent Rébéna que les graphosiens accueilleront au mois de juin, ni Christine Macé dont les travaux là encore, ont été accueilli par nombres d'expositions, ni Christine Depuidt dont nous avons déjà parlé dans cette colonne. C'est dire que vous ne vous déplacerez pas pour rien à Grignan, vous y retrouverez les ténors de la discipline. Mais il reste des noms qui ne m'évoquent pas (encore) ou peu d'images… Fanny Violet, Dany Jung, Paul Kallos ou Pascal Ciret… Amusez vous donc à les « googler » (en clair recherchez leurs noms sur Google) et découvrez tout un monde de fraicheur, de créativité et de renouvellement du genre, de recherches aux limites et de trouvailles géniales.

En tout cas, pour bien vous en convaincre, il suffit de venir les voir à Grignan à partir du 8 avril sur le thème de « Blanc sur noir / Noir sur blanc ».

>[Coco Respondance]

   
 22/3/12  Lu Le Prince

[Le Prince] Je me dois de vous faire partager un texte magnifique que Louis Jou a mis en préface de son livre « Le prince » de 1921 qui donne à lire le célèbre texte de Machiavel. C'est le premier livre qu'i:l conçoit lui-même de A à Z, du choix du papier à la mise en page, en passant par la gravure de ses caractères et bien entendu de ses bois. Cette préface reflète si bien l'art du livre tel qu'il le concevait, et tel que toute sa production l'a ensuite concrétisé, que je trouve important de le garder en tête et de le méditer en cette époque de mutation dans ce domaine. Plus qu’un artisan, c’est un artiste (célèbre sujet de débats lors de nos rendez-vous graphosiens), même si lui même a toujours gardé une humilité profonde dans toutes ses préfaces et ses colophons. Ce sont des textes admirables où l’on ressent la souffrance de la création en temps de guerre ou de pauvreté mais aussi en lui même dans sa recherche de la perfection. Cette souffrance profondément altruiste envers son lecteur, mais qui ne l’a jamais amené à transiger sur la qualité de son papier, de son encre, de ses caractères ou de sa mise en page et qui a ainsi permis d’orner certaines de nos bibliothèques de leurs plus beaux fleurons et nos esprits de certains de leur plus beaux textes. Mais place au maître.

« Au lecteur ami,
Je puis bien te donner le nom d'ami, Lecteur, puisque c'est en ami que je te traite. Je ne te promets pas monts et merveilles ; mais je te prends par la main, je te mène dans mon atelier, je te montre ce que nous avons fait, et je te dis : Vois, nous te donnons des livres. C'est ce qui n'est pas arrivé depuis cent ans, peut-être. L'art souverain de la typographie est tombé aux mains des marchands et des savetiers : ils en ont fait un commerce ou un luxe sans conscience. Le livre est une œuvre d'art. Et voilà ce que nous voulons restaurer...

La première tradition est de créer une œuvre, et rien ne se crée quand on imite.

Ami lecteur, nous voulons être du temps qui vient en y portant quelques rayons du temps qui n'est plus. Nous avons médité sur la beauté et la nécessité de la lettre ; nous avons longuement vécu dans la considération très noble et très sacrée des bonnes proportions. Nous avons dessiné pour toi, à grand travail, un nouveau caractère, tant le romain que l'italique, et tant les capitales que le bas de casse, cette brave et solide infanterie. A grand peine et désespérant parfois de la réussite, nous avons gravé les poinçons et frappé les matrices, nous avons fondu et corrigé nos caractères...

Tout y est donc, Lecteur ami : il ne manque plus que toi. Aide-nous, car nous te sommes d'un secours plus rare que tu ne penses. Si nous n'avions pris pour toi toute cette fatigue, assurément tu ne l'aurais pas prise. Tu ne te doutes pas que nous avons mis notre vie dans cette entreprise et que tu n'as été pour rien, jusqu'ici, dans le bien que nous voulons te faire. Tu as toujours de l'or pour boire, pour manger, pour te mettre au lit ou pour aller voir danser des oies, tandis que des singes font de la musique en frappant sur des casseroles : soucie-toi un peu de ton âme, mon lecteur, il est temps.

Tu n'y penses pas, telle est ta négligence ; et nous le savons bien : c'est pourquoi nous y avons songé pour toi...

Lis d'abord Le Prince pour t'instruire à te gouverner toi-même, et tiens-toi en beauté, en amour et en joie. »

Quel homme ! Vous aussi lisez « Le prince », non pas seulement pour découvrir la façon dont on nous gouverne, mais surtout pour apprendre à se gouverner soi-même.

>[Emma Chiavelli]

   
 18/3/12  Vu Étoile de la mort

[Étoile de la mort] Vous n'allez pas en croire vos yeux, mais il se trouve qu'un satellite d'observation du soleil à capturé l'image d'un vaisseau extra-terrestre en train de "faire le plein" en pompant la matière en fusion qui éclaire notre vie de tous les jours. C'est fou ! On voit distinctement ce vaisseau sphérique (la tristement célèbre étoile de la mort ?) tenter maladroitement de se cacher dans les replis de la couronne solaire tout en déployant un tuyau (?) qui plonge directement dans la masse de notre étoile et dont on comprend évidemment la fonction. Et vous croyez que nos gouvernements nous en auraient parlé ? Le soleil appartient à l'humanité entière et il est absolument vital de nous tenir informés si des petits hommes verts se permettent d'en utiliser une partie pour faire le plein de leur vaisseaux, dont on imagine bien le bilan carbone catastrophique vu les précautions qu'ils prennent pour se cacher. Et si en plus il s'agit d'un vaisseau militaire ! Respectent-ils seulement le code de la circulation galactique, leur plaque immatriculation est totalement illisible ! Après la Zone 51 et Roswell, le fait que nous n'ayant pas entendu parler de ce fait tout de même primordial montre bien l'étendue de la conspiration du silence et la complicité de nos gouvernants avec les pires éléments de la racaille de la galaxie.

Bientôt les élections, tenons en compte ! Non à l’immigration des petits hommes verts ! Non à l'exploitation outrancière des ressources naturelles de notre système solaire par les multinationales pan-galactiques !

Et ce n'est pas tout ! Quelques jours plus tard, ces criminels n'ont trouvé rien de mieux que d'ouvrir une porte triangulaire vers la quatrième dimension directement à la surface du soleil, là encore les caméras de la Nasa les ont pris sur le fait. Une autre fois, ils se sont amusés à y dessiner un visage !

Quand cela cessera-t-il ? Notre soleil devient le terrain de jeu des pires sauvageons extra-terrestres !

Non mais alors, on n'en croit pas ses yeux ! Et on a raison... On aimerait tant que nos vessies soient des lanternes…De fort belles vessies, cela dit..

>[Madmacs]

   
 15/3/12  Infos Stage et expo

[Stage de gravure et expo Excoffon] Les Rencontres de Lure nous signalent deux informations qui sont susceptibles d'intéresser tous les amateurs de la lettre, qu'elle soit calligraphiée, typographiée ou même gravée dans la pierre pour l'éternité.

Tout d'abord, et c'est absolument exceptionnel, Franck Jalleau fait un stage de gravure lapidaire de cinq jours à Marne-la-Vallée du 16 au 20 avril prochain. Inutile de vous préciser que les interventions de ce maître dans l'art de la gravure sont rarissimes et qu'il est indispensable, à mon avis, pour un calligraphe d'avoir au moins une fois « tapé le caillou ». Certains, comme Julien Chazal, ou Laurent Pflughaupt en sont semble-t-il devenus adeptes pour notre plus grand plaisir des yeux ! Toutes les informations sur ce stage sont disponibles sur le site des Rencontres avec quelques belles photos du stage de Franck à Lurs il y a quelques années…

Autre information, une exposition itinérante à propos de Roger Excoffon fait en ce moment un tour de France et se trouvera prochainement à Pau et au Havre. Il ne s'agit pas de celle que nous avait proposée le Musée de l'Imprimerie et dont nous vous avions parlé dans cette colonne, mais plutôt d'une exposition centrée sur les produits de la collaboration de Roger Excoffon avec la Fonderie Olive et notamment ses célébrissimes caractères qu'il n'est plus besoin de mentionner, car tout le monde connaît Roger Excoffon. Les informations sur ce tour de France sont disponibles ici, ne manquez pas de suivre les liens que vous y trouverez (podcast, livre) pour approfondir votre connaissance de ce travail hors du commun.

>[Rita Peuleucayou]

   
 12/3/12  Film Bovines

[Bovines] Il y a notre vie trépidante, stressante, hyper-connectée dans laquelle nous sommes les proies de la sollicitation constante de notre environnement, de la publicité ou de notre « réseau social ». Dans « Bovines » on nous en montre un autre. On nous montre le monde des vaches. Le monde des vaches qui broutent dans leur champ une belle herbe verte et dont les seuls événements importants de la journée sont un orage, une averse de pluie dans une flaque ou bien, pour les grand bouleversements, quand on les change de champ.

On nous montre tout des vaches. Comment elles broutent, à cinq centimètres de leur bouche, il faut voir le travail. Comment elles mâchent, un mouvement ovale de la mâchoire assez étonnant. Comment elles ruminent, grosse contraction de la gorge et ça repart les mâchoires. Comment elles produisent en quelques secondes ces magnifiques bouses si appréciées des mouches dans lesquelles on met parfois le pied. Comment elles accouchent, impressionnant. Les rares signes de présence humaine ne sont pas toujours une bonne nouvelle pour elles, comme au moment déchirant où on sépare les mères de leur petits veaux que l'on fait monter dans un camion à la destination bien trop prévisible. Et les meuglements désespérés qui s'ensuivent.

Autour de tout cela, point de voix off ou de commentaire larmoyant ou admirateur. Le spectateur est seul interprète des images qu'on lui montre, à lui de faire son miel de ce qui lui est proposé. Les seuls paroles sont hors champ lors de quelques interpellations entre agriculteurs. Et en plus, les images sont d'une beauté à couper le souffle, graphiquement ultraconstruites et aussi léchées que ce que pourrait nous faire un Kubrick ou un Greenaway… s'ils se lançaient dans le film animalier.

Quand le générique de fin démarre, on en reprendrait bien encore un heure, tant le délassement est total même si la réflexion est allée bon train. Ne manquez pas ce film tant qu'il est encore dans nos salles, bien loin des effets spéciaux omniprésents et des budget multi-millionnaires, il prouve qu'avec juste une caméra, beaucoup de patience et une vision du monde très originale, on peut arriver à faire un chef d'œuvre.

>[Maeva Chalais]

   
 9/3/12  Voir Les caves de la Méjanes

[Les caves de la Méjanes] Une lectrice fidèle m'a transmis cette information extraordinaire : il sera possible prochainement de visiter les sous-sol de la Méjanes et de voir de près quelques-uns des trésors qu'ils recèlent; je parle de livres anciens, vous l'aurez deviné, et non pas du trésor improbable des celto-ligures ou des teutons en détresse à la veille de la bataille de Pourrières.

Pour cela il vous suffit de vous inscrire rapidement au 0442919888 et de vous présenter à l'accueil le samedi 17 mars à 10 heures du matin (quelques dates ultérieures sont prévues). L'entrée est libre et il est fort probable que nous en ressortions les yeux éblouis de moultes merveilles dont certaines avaient pu échapper pendant quelques jours aux sombres couloirs qui forment la réserve des livres rares, franchir les portes blindées dignes de celles qui ferment certains sous-sols genevois, capables de résister au plus importants séismes et bombes atomiques (je laisse divaguer mon imagination vous l'aurez compris) lors de quelques expositions mémorables.

Vite, à vos téléphones, il reste encore quelques places !

>[BdG]

   
 6/3/12  François Richaudeau

[François Richaudeau] Décidément, à notre grande tristesse, les années se suivent et se ressemblent, hélas, car j'apprends le décès de François Richaudeau le 26 janvier dernier. Il était une mémoire vivante des Rencontres de Lure et était surtout connu pour ses études sur la lisibilité et sa méthode de lecture rapide. Il avait écrit de nombreux livres qui sont restés des références encore aujourd'hui. Ironie cruelle du destin, il est devenu aveugle progressivement ces dernières années ce qui ne l'empêchait pas à 90 ans de venir nous présenter des conférences lors des sessions d'été, la dernière portait sur Athanasius Kircher et est restée dans toutes les mémoires.

Pour moi, j'avais découvert à ma grande surprise lors d'une conversation avec lui sur la terrasse de la Chancellerie que c'était un des principaux collaborateurs de la mythique revue Planète avec Jaques Bergier et Louis Pauwels, qui ont donné aux années 60 et 70 son lot d'articles certes sujets à controverse (et il y en eut !) dans le domaine de la parapsychologie ou du surnaturel. Quoiqu'on en pense, ces articles donnent encore aujourd'hui largement à réfléchir et leur ton impertinent et en tout cas inimitable est un régal à notre époque de règne sans partage de l'empire du bien. J'avais eu aussi l'occasion de visiter (rapidement) sa bibliothèque dans laquelle se retrouvaient des livres aussi prestigieux qu'un exemplaire des fameuse Chroniques de Nuremberg de 1493 qui retracent l'histoire du monde depuis sa création et qui sont une des toutes premières encyclopédies à vocation universelle sortie des presses typographiques. François Richaudeau était d'ailleurs connu pour la qualité de cette bibliothèque qui a fourni leurs plus belles illustrations à bien des livres sur la typographie.

C'était le dernier de ce que les nouvelles générations surnomment, avec bienveillance et affection, les paléolursiens, la génération de Ladislas Mandel ou Jacques Bollens qui ont suscité pour moi la curiosité et l'intérêt pour la chose imprimée. Même si ses apparitions se faisaient rares ces dernières années, il restait, à quelques mètres de la Chancellerie, une référence et un ami qui nous manquera.

>[BdG]

   
 3/3/12  2see La main de Dante

[La main de Dante] Inutile de présenter l’immense Dante, le Prince des Poètes. Figurez-vous que Johhny Depp a approché le metteur en scène Julian Schnabel, l’auteur d’« Avant la nuit » « Le scaphandre et le papillon » , « Lou Reed’s Berlin » et « Miral » pour qu’il réalise « La main de Dante ». Ce brave Johnny avait acheté (le petit cachotier !) depuis quelques années déjà, les droits d’un ouvrage de Nick Tosches paru depuis en français, chez Albin Michel, qui entremêlait la fin de l’écriture de "La Divine comédie" écrite par Dante Alighieri au XIVe siècle et l’enquête d’un écrivain détective parti vérifier l’authenticité d’un manuscrit du fameux texte. Le projet en serait au stade de l’ébauche et voici ce qu’en pense le futur réalisateur : « Il existe un livre génial qui s’intitule "La main de Dante" de Nick Tosches. Il appartient à Johnny mais je ne le réaliserai pas avant deux ans. On va travailler dessus avec Johnny. Mais je n’ai rien signé pour le moment. Il m’a demandé de lire le roman, et je pense que c’est un livre formidable que vous devriez sans doute tous lire. C’est super beau. Cela parle de tout. ».

Un manuscrit complet de La Divine Comédie, rédigé de la main même de Dante, telle est la découverte extraordinaire et inespérée qui est faite à la Bibliothèque vaticane par un prêtre sicilien. Cette mise au jour suscite bien des cupidités : ce sont des millions et des millions de dollars que l’on pourrait gagner en vendant feuille à feuille l’autographe unique du grand poète italien… Mais pour cela, les mafiosi qui s’emparent de l’affaire ont besoin d’un conseiller qui inspire confiance, capable d’authentifier le document et qui puisse entrer en relation avec les éventuels acquéreurs. Ils ont tôt fait de découvrir l’homme de la situation : Nick Tosches lui-même, écrivain fou de Dante, qui désespère de la littérature et manque cruellement d’argent… Thriller à la violence implacable, journal désabusé, évocation des mystères de l’œuvre de Dante… Nick Tosches joue sur les trois registres avec une maestria nonchalante et souveraine.

Dante, Johnny Depp, Nick Tosches... voilà de quoi ravir plusieurs d’entre nous...

Que l’attente va être longue !

>[Gil Alonzo Mier]

PS : une grand merci pour cette nouvelle à nos amis du blog des Éditions Arqa, que je vous engage à lire scrupuleusement !

   
 Février 
 
 29/2/12  Stage Dessin typographique

[Dessin typographique] Vous avez sans doute remarqué que nous suivons une politique stricte au niveau des sujets traités ici, nous ne parlons jamais d'événements à connotations commerciale (stage, exposition ou manifestattions diverses payantes) quels qu'en soient les mérites, ne serait-ce que parce que si vous vous perdez dans une exposition gratuite qui vous déçoit, vous n'avez pas perdu grand chose.

Mais de temps en temps, les exceptions se comptent sur les doigts d'une main, certains événements sont tellement exceptionnels que nous nous devons d'en rendre compte, certes avec les circonlocutions de circonstance, mais tout de même. Il en est ainsi d'un prochian stage de Kitty Sabatier sur le thème (rarissime à notre connaissance !) du dessin de lettre typographique. Pour avoir ramé pendant des années pour essayer de me former dans cette technique, je dois dire que je suis heureux que ce genre de stage ait enfin lieu, sans devoir s'inscrire à l'école Estienne et autres Esad.

Et donc, voici ce qui nous en est dit : « À l'atelier de Kitty Sabatier, stage animé par David Théry avec la participation de Willy Muller.Ce stage marque le début d'une série d'interventions sur le dessin typographique sous toutes ses formes à l'atelier. Sur une période de plusieurs mois nous verrons le passage de l'écriture au dessin stabilisé sur calque, puis la vectorisation et la création d'une police de caractère proprement dite (le dessin direct dans un logiciel d'édition de fontes). Enfin seront abordées les très larges possibilités qu'offrent aujourd'hui l'outil numérique.

Ce premier stage consistera principalement en une introduction / inititation au dessin typo: Historique et évolution de l'écriture vers le caractère, contexte et nécessité de l'apparition du dessin typo.

Seront abordés: la relation entre écriture et dessin typo, la classification des caractères typographiques, les principes essentiels du dessin, les règles d’optique.

Après la théorie, la pratique! Pour ce premier stage, afin de s'exercer tout de suite aux notions essentielles abordées, il est demandé à chaque participant de venir avec quelques mots calligraphiés ou dessinés préalablement (titrage, phrase, monogramme, etc.).. »

Alléchant non ? Des fois, je regrette presque de ne pas habiter Toulouse. Vous trouverez la présentation complète ici.

>[Amédée Saint Typo]

   
 26/2/12  Blog Le blog de Claudie

[Le blog de Claudie] Le monde de la blogosphère vient de s'enrichir d'une nouvelle arrivante issue des cours du dimanche de Graphos ! Eh oui, le BdG se sent un petit peu moins seul depuis que Claudie nous a annoncé par un fort gentil mail qu'elle se lançait elle aussi dans l'aventure bloggesque et qu'elle ouvrait un blog dédié... à la calligraphie (vous l'aurez deviné) sur Overblog.

Les premiers articles qu'elle nous propose sont un digne reflet de son travail, car il faut vous avouer qu'au contraire de certains que je ne nommerai pas (mais qui se sentent dors et déjà visés) Claudie travaille énormément chez elle entre deux stages, ce qui lui a permis d'atteindre un excellent niveau en bien moins de temps que pour les fainéants (suivez mon regard). Alliée à un gout graphique très sûr (vous devriez voir sa carte de voeux) ainsi qu'à une originalité comme valeur fondamentale, elle nous livrera sans doute en images sur son blog les divers essais qui mènent à ses réalisations que tous les graphosiens apprécient depuis qu'elle travaille parmi nous.

Bienvenue et longue vie à ce nouveau confrère !

>[ze BdG]

   
 24/2/12  Alea Coup de dé

[Coup de dé] Si vous vous intéressez un tant soit peu à la typographie ou même à l'expressivité de l'écriture en général, vous ne pouvez pas être passé à côté du « Coup de dé » de Mallarmé. Ce poème allie un texte qui pourrait se suffire à lui-même mais tel un tableau magnifique dont la beauté est mise en valeur par un cadre bien choisi, la beauté de ce texte est mise en valeur pat une mise en page et une typographie choisie par l'auteur qui a visiblement pris un soin tout particulier à ce qu'elle soit rendue exactement suivant ses attentes. Certes son imprimeur a dû supporter son perfectionnisme inhabituel à l'époque sans doute, mais combien d'imprimeurs actuels subissent les caprices des clients tout aussi déterminés à obtenir un résultat conforme à leurs spécifications... mais dont l'esthétique au final est justement loin d'être à la hauteur !

Bref, si vous n'avez pas pu trouver l'excellent « Un coup de dé jamais n'abolira le hasard » aux éditions de la Table Ronde qui présente toute la genèse de l'oeuvre, depuis les manuscrits jusqu'à la édition originale, vous pouvez en voir un exemple sur Gallica qui a mis en ligne une version numérisée des épreuves d'imprimerie et vous rendre compte par vous-même de la précision de ce que Mallarmé vait dans la tête et donc désirait obtenir.

Bon et pour tout vous dire, même à l'état de « work in progress » comme diraient nos amis d'outre-Manche, c'est quand même rudement beau...

>[Emma Lea Jactahèste]

   
 20/2/12  3D Imprimez votre maison

[Imprimez votre maison] La vogue des imprimantes 3D connait en ce moment une explosion chez nos amis étazuniens. De quoi s'agit-il ? Et bien au lieu d'imprimer sur une bonne vieille surface plane, comme nous le faisons depuis 500 ans avec des techniques variables et renouvelées, en 2D comme disent les jeunes de maintenant, il s'agit d'imprimer un objet en 3D, en volume donc, même si à mon avis, le terme d'imprimante n'est plus vraiment approprié pour ce genre d'exercice.

Et donc, les tentatives les plus extravagantes sont le quotidien de ce nouveau domaine qui n'a plus qu'un lointain rapport avec notre bonne vieille typographie au plomb. En est témoin cet article d'un site spécialisé dans les extravagances technologiques, article qui vante les mérites d'une imprimante 3D qui va vous permettre d'imprimer votre maison ! Eh oui, grâce à l'impression par les contours, bientôt (si ce projet parvient à une réalité utilisable), nous habiterons dans des maisons que nous aurons pu concevoir à notre guise et qui seront fabriquées par ces robots modeleurs. Bon, ne rêvons pas trop non plus, je ne vois pas comment ils vont faire pour construire une charpente ou couler une dalle de béton, donc il reste à mon avis encore pas mal de chemin à parcourir.

Et je ne parle même pas d'approcher la qualité de construction (et donc la durée) d'un château renaissance ou d'une cathédrale gothique !

>[Jacques Mentel]

   
 17/2/12  Voir Yves Leterme

[Yves Leterme] Notre cher callidentiste, dont j’espère vous vous êtes régalés du dernier livre « Bonsaï et calligraphie », voir notre article d’il y a quelques jours, bref, notre très cher ami graphosien nous signale une vidéo d’un calligraphe belge assez discret, Yves Leterme, d’autant qu’il se trouve être l’homonyme d’un homme politique belge assez omni-présent sur la toile.

Yves Leterme vous propose un fort beau site en anglais et en néerlandais ici, dans lequel vous pourrez admirer une partie de ses œuvres et feuilleter un album photo que je vous recommande, car on le voit avec son homonyme homme politique, mais aussi souvent avec Brody Neuenschwander, ce qui rappelle de fort bons souvenirs à tous les amis de Graphos qui étaient venus à son stage, il y a maintenant plusieurs années…

Bref, pour en revenir à la vidéo, en dehors de travaux remarquables, elle montre surtout l’art du geste du calligraphe, la vitesse et la précision de trait. Cet art fondamental est ce qui manque à ceux qui essayent d’apprendre la calligraphie chez eux, à partir de modèles trouvés dans le commerce, dont certains n’ont même pas pas été produits par une main mais par un ordinateur, je tairai leur nom pour ne pas les humilier. Donc si vous êtes dans ce cas, regardez ces vidéos, on en trouve d’autre au hasard de youtube, et surtout faites des stages avec de vrais calligraphes, le travail isolé en cette matière, comme dans d’autres, ne mène en général qu’à une frustration rapide et au découragement qui s’ensuit.

>[Ruben Vandevoorde]

   
 13/2/12  Piq Tout le monde connait…

[Tout le monde connait Roger Excoffon] Petite piqûre de rappel aux éternels distraits, l'exposition « Tout le monde connaît Roger Excoffon » au Musée de l'Imprimerie de Lyon en est à ses derniers jours !

Ayant moi-même tardé, je ne l'ai visitée que vendredi dernier et je ne peux que vous inciter à faire l'effort et le déplacement, vous ne serez pas déçu. Car en plus de documents sur la genèse des ses caractères mondialement utilisés (Mistral, Choc, Banco et autres Antique Olive) vous aurez également un aperçu de son travail de graphiste, bien moins connu mais tout aussi admirable. Ce qu'il savait faire avec un pinceau et de la gouache est tout simplement époustouflant. Et ne croyez par que l'ordinateur soit passé par là, vous pourrez voir des originaux (si si, avec de la vraie gouache sur du vrai papier) où l'on ne peut qu'admirer la l'énergie du tracé et la sensibilité des textures. En collant le nez dessus (enfin presque) on peut percevoir toute la subtilité de chaque trait, de chaque attaque et de chaque lâché de pinceau, de vraies merveilles. Parfois, nous somme gratifiés de ses planches de recherche et des différents essais qu'il a effectué avant de choisir le tracé définitif, un vrai cours de graphisme. De nombreuses affiches montrent également les travaux finis tel qu'ils ont utilisés dans la publicité et donc tel que nos murs les ont portés.

En bonus à la sortie de l'expo (quelle bonne idée !) vous trouverez un plan de Lyon avec les emplacements de diverses enseignes utilisant les caractères d'Excoffon, une bonne façon de découvrir quelques ruelles lyonnaises hors des sentiers touristiques battus et rebattus, et de vous rendre compte que vous-mêmes qui croyez ne rien connaître en typographie,
vous connaissez déjà Roger Excoffon !

Bref, courez, roulez, volez vite à Lyon pour aller visiter cette exposition au musée de l'Imprimerie, il ne reste plus que quelques jours !

>[Alex Coffon]

PS : autre piqûre de rappel, notre couvent préféré ayant été inondé suite à une rupture de canalisation d'eau gelée, le stage Graphos de février sur la bénéventine est annulé. Gasp !

   
 12/2/12  OMG Moaïs

[Moaïs] Il est des moments où l’on découvre que le monde nous offre une multitude de merveilles dont beaucoup ont en fait une partie cachée, parfois encore plus intéressante que la partie visible ! Je ne parle pas des icebergs, non, mais plutôt de ce que nous connaissons depuis plusieurs dizaines d’années sous le nom de moaï, c'est-à-dire les statues monumentales de l’île de Pâques.

Mais oui, nous avons tous vu ces bustes sortant de terre, pour certains encore coiffé d’un énigmatique couvre-chef, dont le visage stylisé nous a tant fait rêver lors de nos jeunes années, au point d’inspirer à nombres d’auteurs une origine issue d’interventions extra-terrestres ou de remontées dans le temps de nos futurs descendants ultra-technologisés, cela va sans dire. Le côté mystérieux de l’affaire en encore redoublé par le fait que nul n’a, à ce jour, pu produire un déchiffrement sérieux de l’écriture dite « rongo-rongo » des anciens habitants de cette île, qui en dehors de son esthétique remarquable, reste donc totalement hermétique.

Mais j’ai découvert récemment que ces statues, dont on ne voit pour certaine que le buste voir même que la tête, avaient en fait un corps ! Une équipe d’archéologues a entrepris depuis plusieurs années de dégager certains de ces moaïs et d'en déterrer la structure souterraine. Eh oui, ces statues représentent pour certaine un corps complet, de la tête aux pieds avec même de magnifiques gravures où il me semble retrouver cette fameuse écriture rongo-rongo. Voyez ces splendides photos sur le site de la mission archéologique chargée de ces fouilles curieuses.

Peut-être ces parties enterrées apporteront-elle un indice supplémentaire qui permettra de commencer le déchiffrement de ces tablettes de bois gravées qui recèlent à coup sûr une foule de renseignements sur cette civilisation étonnante.

>[Jakob Roggeveen]

   
 8/2/12  Oh¡ Glozel

[Glozel] Nos travaux de recherches sur Glozel remontent à bien des années déjà... ils eurent à l’époque le mérite de nous faire visiter des lieux de mémoire, notamment le petit musée de Glozel, dans l’Allier, ou rencontrer des personnalités de premier plan comme madame Juanéda-Calvier, une amie chère décédée récemment, une des meilleures spécialistes en France de cette écriture si mystérieuse...

C’est grâce à elle que je pus tenir dans les mains quelques unes de ces précieuses tablettes aux signes irrésolus... C’est donc avec grand plaisir que nous vous faisons part de la création de ce Blog et du travail de son concepteur, avec lequel nous sommes récemment entré en contact, M.Odhinn-Hermodr de Warenghien qui est dans la veine de ces chercheurs passionnés puisqu’il a passé des centaines d’heures à déchiffrer les fameuses tablettes de terres... médiévales, de l’age du fer, ou encore antérieures... ?

La question reste posée et la controverse moderne reste toujours d’actualité !

>[André Bloggo]

« Dans les proto-religions Shamaniques et/ou Animistes, dont ont hérité le Taoïsme, Bouddhisme & Hindouisme etc…, le croyant prête vie à toutes formes de la création, de la Terre-Mère élevée au rang de Divinité Suprême, de l’inanimé (la pierre, le galet, le roc), à l’animé (des plantes, aux animaux & humains), tout est considéré comme du domaine du vivant. La pierre, le bois, l’os, comme les animaux vivants ou non & les esprits des morts en sont les messagers, tout comme les galets ci-dessus, même l’amulette pendentif qui est une protection. »

   
 4/2/12  BB Brit tweets

[Brit tweets] Je vous ai parlé l'autre jour de la police de la pensée qui commençait à pointer plus que le bout de son nez, un fait récent prouve à mon avis, que son congénère Big Brother n'est pas loin de faire son apparition non plus. C'est ce qu'ont découvert à leurs dépends deux sujets de sa gracieuse Majesté britannique.

Un jeune couple anglais avait en effet décidé d'aller faire un tour en Californie histoire de découvrir Hollywood, de faire la fête à la mode de Los Angeles et de se griller ce qui leur restait de neurones (vous allez voir qu'il ne leur en restait pas beaucoup) avec diverses boisons fortement alcoolisées. Afin que tout leur « réseau social » soit au courant, ils avaient envoyé quelques semaines avant leur départ plusieurs « tweets » (comme le fait de temps en temps le BdG) pour annoncer que la fiesta serait tellement intense qu'ils allaient « détruire l'Amérique » et même « faire sortir Marilyn Monroe de terre » (ce que ne fera jamais le BdG). Il leur fut répondu par des quolibets et des railleries du même tonneau.

Mais quelle ne fut pas leur surprise à l'arrivée dans le pays du libre et la maison du courageux, au sortir de leur avion de se voir interpeler par la TSA (équivalent de notre Police de l'Air et des Frontières), interroger comme on le voit dans les films avec lampe dans la figure, siège hautement inconfortable et harcèlement verbal pendant plusieurs heures d'affilée afin qu'ils révèlent leurs plans sur la façon dont ils comptaient «  détruire l'Amérique » et comment ils pensaient faire pour « déterrer Marilyn ». Il est même dit qu'on les fouilla au corps comme seuls de vrais policiers savent le faire et qu'on chercha dans leurs bagages si, en plus d'explosifs ou autres éléments de l'attirail de terroriste, ils n'auraient pas des pelles car semble-t-il, il vaut mieux déterrer Marilyn avec des pelles britanniques plutôt que des pelles californiennes, de moins bonne qualité peut-être. Puis on les enferma dans des cellules de quelques mètres carrés en compagnie de la lie de tout ce qui peut essayer de traverser la frontière illégalement, donc en l'occurrence des trafiquants de drogue mexicains à la mine patibulaire et autres bandits de grands chemins. Quand ils eurent passé douze heures à macérer dans ces conditions pour le moins insatisfaisantes, ils furent embarqués de force dans le premier avion à destination de Londres et renvoyés d'où ils venaient. Fin du voyage.

Où l'on voit que quand on croit écrire un billet de mauvais humour à la seule destination de ses amis, s'il comporte quelques mots clés bien choisis, il risque de tomber sous d'autres yeux beaucoup moins bienveillants, où l'on constate que l'Once Sam est en phase paranoïaque aigüe alors que ce cher Barack semblait pourtant un homme plutôt posé et réfléchi, que si vous voulez détruire l'Amérique, il vaut mieux ne pas l'annoncer sur Tweeter (en tout cas pas en clair) et enfin, que si vous voulez déterrer Marilyn, n'apportez pas vos pelles mais achetez-en sur place, au pays de la ruée vers l'or, elles ont fait leurs preuves depuis pas mal d'années.

A bon entendeur, salut.

>[Timoté Rauriste]

   
 1/2/12  OM Linotype

[Linotype] En tant qu'ingénieur, j'ai toujours bavé d'admiration devant la linotype. Cette superbe machine qu'Ottmar Mergenthaler mit quarante ans à mettre au point est proche, à mon avis, de la perfection ultime de la mécanique. Thomas Edison la qualifiait d'ailleurs de huitième merveille du monde, rien de moins. Chaque partie en est conçue avec ingéniosité et surtout est basée sur une foule de mécanismes simples et bien pensés. Loin d'une complexité galopante, Mergenthaler en a magistralement conçu chaque élément dans un souci constant de simplicité plutôt que d'accumulation de mécanismes complexes et donc faillibles. Passez une heure ou deux avec un linotypiste connaissant bien sa machine et il vous dévoilera une partie de ces merveilles de conception, comme l'idée géniale qui permet de distribuer les matrices après la fonte de la ligne ou celle qui permet de justifier une ligne à une largeur donnée. Simple mais efficace et fiable.

Il y a quelques années j'avais gagné à Lurs un petit livre de bandes dessinées que je vous recommande, il est édité par Linotype et passe par le menu l'histoire de la création de cette fabuleuse machine. Procurez-vous cet ouvrage qui vous expliquera le parcours assez exceptionnel de Mergenthaler pour arriver à concevoir puis commercialiser son engin.

On trouve encore de ci de là quelques linotypes en état de marche (et bien plus hélas, de véritables épaves comme celle qui se fait lentement dépecer dans le hall d'entrée de la bibliothèque Méjanes à Aix) mais les personnes capable de les faire fonctionner et surtout de les entretenir commencent à se faire de plus en plus rares.

Un film a été réalisé semble-t-il pour rendre hommage à cette machine qui permit à la presse de devenir quotidienne sans exploser ses coûts de production. Vous trouverez sa bande annonce ici. Pour ma part je suis impatient d'entendre encore ce cliquetis inimitable des matrices voyageant depuis le magasin jusqu'à la ligne de fonte puis retournant se faire distribuer. C'est le bruit d'une intelligence de tout premier ordre.

>[Etaoin Shrdlu]

   
 
 
 

 
 

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